Parlez moi d’asso #2 – La SAUGE : « Avec nous, le jardinage devient plus cool que le yoga ! »

Au premier abord, le concept d’agriculture urbaine peut paraître aussi contradictoire que celui de d’hyperdensité rurale. Réintroduire la nature au sein des espaces urbains, c’est pourtant le défi que l’association La SAUGE (Société d’Agriculture Urbaine Généreuse et Engagée) s’est lancé. Swen Déral, co-fondateur et président de La SAUGE, nous a présenté cette initiative qui conçoit le jardinage en ville comme une façon de tisser du lien social, et tout simplement de s’amuser entre ami.e.s.

Comment avez-vous eu l’idée de créer La SAUGE ?

Lorsque nous nous sommes rencontrés avec Antoine (n.d.l.r. : co-fondateur et directeur général de La SAUGE), nous avions tous les deux des connaissances théoriques au sujet du jardinage, mais peu d’expérience pratique. Nous avons donc commencé à jardiner ensemble, avec cette envie de mettre les mains dans la terre.

Mais petit à petit, nous nous sommes rendus compte que cette envie était partagée par de nombreuses personnes, c’est donc de cette façon que nous avons décidé de créer La SAUGE, dont la mission est de promouvoir la pratique d’une activité agricole au plus grand nombre.

© La Sauge

Quelles sont les principales activités menées par l’association ?

La SAUGE travaille sur deux volets d’action principalement. Le premier consiste en la production d’un événement chaque année : les 48h de l’agriculture urbaine, qui un peu à la manière de la Fête de la musique, avec les guitares et les pianos, invite chacun à descendre dans la rue pour jardiner un bout de trottoir et se familiariser avec l’agriculture urbaine en découvrant les nouvelles fermes urbaines qui germent un peu partout en France.

Le deuxième est la création et l’entretien de fermes urbaines à la fois pédagogiques, récréatives et productives, comme celle actuellement ouverte de la Prairie du Canal à Bobigny, ou très prochainement en 2019, celle de La Prairie de la Loire à Nantes. Ces fermes sont des démonstrateurs de l’agriculture urbaine permettant au grand public de s’initier au jardinage sur leur temps libre, d’accueillir des enfants ou des personnes en situation d’exclusion. Par ailleurs, elles comportent une dimension récréative, car on peut y venir pour boire un verre le week-end, en écoutant de la musique ou en regardant un spectacle par exemple. Enfin, ce sont aussi des fermes productives avec du maraichage, une production de champignons, de micro-pousses et une pépinière !

Après une ou deux heures passées avec nous, des adages comme le poussiéreux “j’ai pas la main verte” volent vite en éclats et le jardinage devient plus cool que le yoga !

Quelles sont les réactions des personnes qui prennent part aux programmes de l’association ?

Ce que nous nous efforçons avant tout de transmettre, c’est un moment de convivialité, partagé autour d’une activité commune : le jardin. Les gens sont très souvent surpris de la simplicité des rudiments pour débuter le jardinage. A vrai dire, c’est encore plus simple que le football : quelques graines et un peu de terre suffisent !

Après une ou deux heures passées avec nous, des adages comme le poussiéreux “j’ai pas la main verte” volent vite en éclats et le jardinage devient plus cool que le yoga !

Quels sont les projets, les objectifs et les engagements futurs de l’association ?

L’année 2019 est vraiment une année charnière avec de supers challenges qui nous attendent ! Tout d’abord, nous allons débuter notre prochaine ferme à Nantes, première “réplique” de notre projet à Bobigny. On va tâcher de conserver les activités pédagogiques et récréatives, mais la dimension productive va vraiment s’étoffer. De plus, La Prairie de La Loire est la préfiguration de la Ferme des 5 ponts, un projet très social de ferme urbaine situé dans un bâtiment d’accueil de personnes sans abris, pour lequel nous avons été choisis par un jury afin de le mener à bien. La dimension insertion et prise en charge de personnes en difficulté va donc être considérablement renforcée.

Et comme on est conscient des échéances très courtes fixées par les enjeux climatiques, on restera attentif à toutes les surprises positives et aux opportunités où nous pourrions être utiles.

Pour le reste, venez jardinez !

Paul De Ryck

Diplômé de Sciences Po Toulouse. Adepte des phrases sans fin, passionné par la géopolitique et la justice transitionnelle, avec un petit faible pour l'Amérique latine. J'aime autant le sport que la politique et le café que la bière. paul@maze.fr

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