Comprendre le TAFTA

Après quatorze « rounds » de négociations, il semblerait que le TAFTA soit arrivé à un point mort irrémédiable. Il est même rejeté dans certains pays, qui demandent l’arrêt des discussions, comme la France et l’Allemagne, qui estiment que ce projet a échoué. Mais que faire maintenant ?  Soit on s’arrête là, soit on continue, ou bien on recommence…

Lancé en 2013, le TAFTA (Transatlantic Free Trade Agreement) est un projet de zone de libre-échange entre l’Union Européenne et les Etats-Unis. Idéalement, il instaurerait une libéralisation maximale du commerce entre ces deux grands pôles commerciaux, en réduisant les droits de douane et les barrières non tarifaires, comme par exemple les normes et réglementations.

Bien sûr, comme on le sait, il y en a qui sont pour, et d’autres contre : les pro-TAFTA affirment que ce nouveau dispositif va permettre de booster la croissance puisque les marchés seront plus ouverts à la concurrence. Les anti-TAFTA, eux, dénoncent la future harmonisation des réglementations qui risquerait d’être nocive à l’Union Européenne, surtout au niveau de l’agriculture (qui a envie de manger du poulet lavé au chlore…).

En plus de souffrir d’un problème de contenu, ces négociations ne sont pas transparentes. Les textes ne sont pas accessibles, les réunions restent secrètes, et cela embête les citoyens européens. Heureusement pour eux, pour que le futur TAFTA soit ratifié, il faudrait l’accord du Parlement Européen ainsi que de tous les parlements nationaux. Mais justement, les négociations n’avancent pas, et plusieurs pays demandent déjà l’arrêt pur et simple de celles-ci.

Où en est-on aujourd’hui ?

L’opposition à ce projet de traité grandit et s’intensifie de plus en plus dans certains pays européens, comme en Grèce, en Allemagne, et en France. Le gouvernement français a en effet décidé cet été qu’il valait mieux arrêter les négociations, pensant que celles-ci ne mèneraient à rien, et que cela éviterait que l’Europe se plie aux exigences américaines en oubliant ses propres principes. Mais malgré cette contestation croissante, la Commission n’est pas tenue d’arrêter les négociations, et elle est en droit de continuer, même si finalement celles-ci n’aboutissent jamais. C’est donc exactement ce qu’elle a décidé de faire, a annoncé Jean-Claude Juncker au sommet du G20 en Chine il y a quelques jours.

Que les négociations s’arrêtent ou non, la Commission est toute puissante. Toutefois nous, petits citoyens européens, nous pouvons nous demander : à quoi cela sert-il de continuer les négociations si les bases ne sont pas correctes ? Finalement, pourquoi ne pourrait-on pas recommencer à zéro en prêtant plus d’attention aux points sensibles et controversés ? Il semble que la stratégie adoptée par la Commission, qui est forcément vouée à l’échec sur le long terme, soit une immense perte de temps, par rapport à un projet comme celui du TAFTA qui pourrait être malgré tout si bénéfique.

L’idée même d’une zone de libre-échange transatlantique est un bon projet, mais pour pouvoir fonctionner et être accepté par la majorité, il faut d’abord écouter les inquiétudes des pays membres et les prendre en compte, sans quoi les négociations n’aboutiront pas. Au point où on en est aujourd’hui, la Commission ferait mieux d’accepter un arrêt complet des discussions actuelles, et relancer un nouveau projet similaire dans quelques années, mais qui, on l’espère, serait plus acceptable et peut-être un poil plus transparent.

Pas encore de commentaires

Les commentaires sont fermés