Une faute politique ? - Maze Magazine

Une faute politique ?

A plusieurs reprises, le gouvernement avait très largement condamné le comportement de Nicolas Sarkozy quant à l’utilisation qu’il faisait d’avions privés pour se rendre à des meetings. Dernier événement en date : le congrès des Républicains fin mai qui s’est tenu au Havre. Pour s’y rendre, l’ancien président de la République avait fait affréter un avion privé ainsi qu’une voiture avec chauffeur, partie à vide de Paris et destinée à le transporter dans la ville. Près de 3200 euros dépensés aux frais du parti et qui fit réagir la gauche.  Le 6 juin dernier, Manuel Valls s’est vu être à son tour critiqué alors qu’il avait emprunté un avion de l’Etat de Poitiers, où se tenait le meeting du PS, pour se rendre à Berlin afin d’assister à la finale de la Ligue des champions entre le FC Barcelone, club cher au ministre, et la Juventus de Turin.

Les faits

Officiellement, cette visite à Berlin permettait de s’entretenir avec Michel Platini et d’autres membres de l’UEFA au sujet de l’organisation de l’Euro 2016 en France. De plus Manuel Valls a rappelé que cette soirée était l’occasion de promouvoir la future compétition notamment auprès d’Angela Merkel, présente ce même jour et qu’il était de son devoir de traiter ces questions. A noter, toutefois, que le ministre des sports Patrick Kanner, pourtant concerné par le sujet, n’était pas convié…
Pour clôturer cette entrevue, Manuel Valls aurait été invité à assister au match. Une version officielle qui apparaît comme non recevable pour certains d’autant plus après une révélation de l’entourage du premier Ministre : à bord de l’avion se trouvait deux des fils de Manuel Valls. Quelques jours plus tard, le premier ministre fit des excuses et reconnut que la présence de ses enfants était inappropriée, remboursant par la même occasion environ 2 500 euros.
Voyage récréatif ou officiel qui reste aux frais de l’État. D’ailleurs, le coût de ce déplacement n’a pas été encore divulgué malgré une demande formulée par Bernard Debré, ancien ministre et député UMP.

Un gouvernement normal ?

D’après un article du journal Le Monde datant du 8 juin 2015 intitulé « L’escapade berlinoise de Manuel Valls est-elle une « faute politique » ? », le voyage aurait coûté entre 12 000 et 15 000 euros.
Rappelons qu’au début de son quinquennat, François Hollande avait invité ses ministres à signer une charte de déontologie régissant certaines règles à respecter au gouvernement et un passage était notamment consacré à l’utilisation des transports. Les ministres étaient invités à privilégier « le train pour les déplacements d’une durée inférieure à trois heures » : le voyage Paris-Poitiers aurait donc dû théoriquement se faire par voie ferroviaire si l’on suit scrupuleusement les consignes.
Malgré des réserves à avoir quant à la dimension officielle que ce voyage a pris, il apparaît plus difficile aujourd’hui de respecter ce genre de règles dans la mesure où le plan Vigipirate est constamment en alerte et nécessite beaucoup de moyens pour assurer la sécurité dans les gares et à bord.

Valls le récidiviste

Cette visite expresse berlinoise n’est pas isolée. En effet, elle s’inscrit dans une série de petits déplacements ayant eu lieu le week-end du 6 juin, aux frais de l’État et du PS. De retour de Berlin, Manuel Valls était retourné le dimanche à Poitiers pour assister de nouveau au Congrès du Parti Socialiste, puis avait atterri à temps à Paris, le même jour pour voir la finale de Roland-Garros. Une bien belle séance de jongles entre travail et loisir :

« Je travaille beaucoup, je m’engage beaucoup. Et puis de temps en temps, il y a aussi un moment de détente, même s’il y a de la tension et de la passion dans le sport » a t-il déclaré dans les médias.

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