Corées : le temps de l’amour retrouvé ?

Vendredi 27 avril avait lieu en Corée du Sud ce que le monde entier qualifiait alors de “rencontre historique” : les retrouvailles exceptionnelles entre le leader du Nord Kim Jong-Un et celui du Sud Moon Jae-In.

Rencontre historique donc puisque les deux pays ne s’étaient pas retrouvés en terre sudiste depuis l’armistice du 27 juillet 1953, date de fin du premier conflit armé de la guerre froide, ayant fait plusieurs millions de victimes dans les deux camps. Un conflit en théorie entériné par la signature d’un pacte de non-agression mais qui laissait tout de même les deux pays en état d’alerte – ni l’un ni l’autre n’ayant signé de traité de paix.
Alors même que l’on s’attendait à une énième provocation de Kim Jong-Un, de plus en plus excité par son homologue d’outre-Atlantique, le leader de la Corée du Nord a rencontré celui du Sud. C’est dans la Maison de la paix de Panmunjom, le long de la zone démilitarisée (DMZ) jusqu’alors infranchissable, que les deux camps ont entamé des discussions.

Une rencontre chargée de symboles

Au programme : la paix, et la signature d’un traité mettant fin à cet état de guerre symbolisé par les nombreuses attaques du Nord vers le Sud (NDLR : notamment en 2010 une corvette sud-coréenne fait naufrage en mer Jaune. La Corée du Nord est accusée du sabotage), et bien-sûr par l’existence de la DMZ, cette frontière longue de 250 kilomètres et située sur le 38e parallèle. Un no man’s land miné sur une largeur de 4 kilomètres et qui est toujours le théâtre malheureux de nombreux échauffourées entres les soldats des deux camps.

Un traité de paix entraînerait alors la mise en place d’une institution bilatérale et la réunion des états signataires de l’armistice, que sont la Chine et les Etats-Unis.
Pour l’heure, les deux dirigeants se sont engagés à signer la Déclaration de Panmunjom, qui stipule notamment que “les deux dirigeants déclarent solennellement devant les 80 millions de Coréens et le monde entier qu’il n’y aura plus de guerre sur la péninsule coréenne et qu’en conséquence, une nouvelle ère de paix a commencé”.

Des sud-coréens divisés sur la question

Mais, quid de la reconnaissance de la frontière ? Que faire de cette zone démilitarisée ?
Pour Jung-Kil, étudiant de 26 ans en littérature anglaise à Séoul, la paix semble difficile à concevoir :

“Depuis que je suis enfant, on nous parle de la paix, voire même de la réunification. Mais la réalité c’est que nous sommes en état de guerre depuis 50 ans. Les choses n’ont jamais changé. Pourquoi changeraient-elles maintenant ? En ayant rencontré notre président Moon Jae-In, Kim Jong-Un ne cherche qu’à nous endormir. Je suis très méfiant”.

Un scepticisme qui jaillit également lorsque l’on aborde le sujet de la dénucléarisation de la péninsule avec le jeune homme, autre axe majeur de cette rencontre qui figure dans la Déclaration de Panmunjom :

“Beaucoup de gens dans mon entourage sont engagés dans l’armée sud-coréenne. Ils n’ont jamais été autant en alerte. Kim Jong-Un promet la fin des tirs balistiques et la fermeture d’un site d’essais nucléaires,  parce que d’un point de vue technique il est prêt. Il est prêt à agir et il n’a plus besoin de s’entraîner. Encore une fois, ils essaient de nous endormir. A chaque moment dans notre histoire, lorsque nous sommes entrés en négociation avec nos ennemis, ces derniers en ont profité et ont essayé de nous envahir. C’est comme cela que la guerre de Corée a débuté…”

Une rencontre en demi teinte donc, mais qui a le mérite d’essayer de faire bouger les lignes. Et la voie vers la réconciliation semblerait se dessiner davantage au terme de la rencontre entre les Etats-Unis et la Corée du Nord dans les semaines à venir. Côté Corée du Sud, le président Moon Jae-In devrait se rendre à son tour à Pyongyang pour le 4e sommet intercoréen en octobre prochain.

Et parce que l’amour et la réconciliation sont au rendez-vous, rien de tel que la K-pop de MeloMance pour les célébrer :

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