Elections en Thaïlande : vers une évolution démocratique ?

Dimanche 24 mars ont eu lieu les élections législatives thaïlandaises. Beaucoup comptaient sur l’opposition pour enfin démettre du pouvoir les militaires, en place depuis déjà cinq ans.

La campagne électorale se passait pour le mieux. D’un côté, le parti militaire, la Palang Pracharat, militait pour rester au pouvoir après l’avoir atteint par coup d’État en 2014. De l’autre, l’opposition, formée de plusieurs petits partis mais menée, entre autres, par Nouvel Avenir et Pheu Thai, faisait bloc pour réintroduire des valeurs démocratiques au sein de la société thaïlandaise, muselée depuis trop longtemps maintenant.

Au soir des élections, les avis étaient partagés. La junte – le gouvernement militaire – revendiquait la victoire, puisqu’elle dépassait de plus de 500 000 voix les autres partis. Sauf qu’à la répartition des sièges, c’est l’opposition qui l’emporte avec près de 137 sièges au parlement. Qui croire, donc, dans ce combat de coq, véritable combat politique fait de faux calculs et de coups bas ?

Le problème vient surtout du comptage des voix. Beaucoup d’observateurs restent sceptiques face aux taux anormaux de participation dans certaines circonscriptions habituellement timides en vote, qui plus est lorsque tous les votes sont pro-junte. Tout le monde ressort sceptique d’une victoire si écrasante du pouvoir en place, au vu des résultats très mitigés de leurs politiques diverses et la colère grandissante des ruraux face au pouvoir central urbain qui se désintéresse d’eux.

Lundi 25 mars, toujours aucune certitude n’existait sur le nom des véritables gagnants du scrutin. Vraisemblablement, il s’agira de faire une coalition avec les petits partis ayant réalisé une percée, tout en gardant le général Prayuth Chan-o-cha comme chef de gouvernement, qu’il était déjà depuis son coup d’État de 2014. Pas si sûr donc, que les quelques voix intéressantes et progressistes aient réellement leur mot à dire pour la législature à venir.

Lors de la campagne, on comptait notamment sur le parti Bhumjai Thaï qui avait fait de la légalisation du cannabis son cheval de bataille. Aucun parti ne ferme la porte à une coalition avec les militaires, pourvu qu’ils aient une porte ouverte sur la gouvernance du pays. Mais à quel prix ? Plus que probablement, ils seront utilisés comme caution démocratique pour justifier des actes de barbarie dignes de l’autoritarisme militaire qui terrorise la Thaïlande depuis cinq ans, et même depuis encore plus longtemps.

Il faut savoir que la Thaïlande est sujette aux coups d’États successifs depuis 1932. Le pays aspire surement, enfin, à une accalmie politique, pour enfin connaitre prospérité et croissance, dont les habitants auraient bien besoin pour s’étendre et vivre enfin en paix à tous les niveaux.

Sofia Touhami

Directrice de la communication, tout droit venue de Belgique pour vous servir. Passionnée de lecture, d'écriture, de photographie et de musique classique.

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