Hyperconnexion, le mal du XXIe siècle

Hyperconnectés, du matin au coucher. Hyperconnectés en public ou en privé. Connectés, toujours plus connectés. Partout, tout le temps. C’est un mal du XXIème siècle dont les plus jeunes sont les premières victimes.

Il y a quelques années, le terme “hyperconnexion” ne faisait même pas partie de notre vocabulaire. Avec lui sont nés “burn-out” et “FOMO”. Des termes tout neufs pour des phénomènes de société tout aussi neufs. L’avènement de l’ère numérique a ses avantages, parmi lesquels on ne cesse de citer une soi-disant ouverture aux autres. Mais elle a aussi ses inconvénients.

Hyperconnexion : une addiction bien réelle

Dans son étude menée en 2016 sur un échantillon de jeunes issu·e·s de filières professionnelles, Sophie Jehel mettait en évidence une forme de lassitude liée aux réseaux sociaux numérique (RSN). Impossible de dire que cet échantillon est représentatif de l’ensemble des jeunes français·e·s, et pourtant l’on ressent bien cette tendance générale dans nos échanges quotidiens.

Quoiqu’il advienne, être connecté est devenu une nouvelle forme d’addiction que l’on ne s’explique pas.

Rien d’intéressant sur les réseaux sociaux, et pourtant, il faut scroller, de peur de manquer quelque chose pour certains, ou par pur réflexe pour d’autres. Quoiqu’il advienne, être connectés est devenu une nouvelle forme d’addiction que l’on ne s’explique pas. En 2013 l’International Data Corporation menait une étude mettant en évidence que le rythme de connexion des usagers de Facebook était en moyenne de 14 fois par jour. Un chiffre important, et on peut parfois avoir le sentiment que ce phénomène s’est encore accentué ces dernières années.

RSN : séduisants mais source d’angoisse

L’aspect séduisant des réseaux sociaux pour les adolescents est assez évident. À une époque ou l’impulsivité régie le quotidien, le besoin de nouveauté et d’immédiateté peut être comblé par la consultation des réseaux sociaux. Savoir tout, tout le temps devient quelque chose d’envisageable grâce aux réseaux sociaux et l’idée de manquer une information devient une angoisse. Ce phénomène porte un nom : FOMO, Fear Of Missing Out qui se traduit en français par “la peur de passer à côté de quelque chose”.

FOMO (Fear Of Missing Out) – ©Buzzfeed

 

Une peur bien réelle chez les jeunes mais aussi chez le reste des utilisateurs des réseaux sociaux. Rater une information et ne pas comprendre le monde qui nous entoure est devenu une véritable crainte en cette ère du numérique. Tout est à notre portée, il suffit de rester connecté. Une crainte quasi pathologique qui semble résulter d’une hyperconnexion généralisée.

Exposition de soi et mal-être

Au-delà de la peur de manquer quelque chose, on peut observer sur les réseaux sociaux une forme de mal-être, surtout chez un public d’adolescent·e·s en pleine quête identitaire. Sur Snapchat ou encore Instagram, il est devenu possible d’avoir toujours plus de personnes auxquelles se comparer. De la camarade de classe à la star de téléréalité. Ces réseaux sociaux mettant en valeur l’exposition de soi par l’image créent chez certains adolescents un véritable mal-être.

Les réseaux sociaux accentuent la quête d’un corps parfait et d’une vie réussie qui peuvent créer de véritables troubles à l’adolescence.

Jalousie, envie, les réseaux sociaux semblent pouvoir faire ressortir tout ce qu’il peut y avoir de mauvais en l’être humain, et les conséquences peuvent parfois être désastreuses sur des jeunes en pleine formation. Les réseaux sociaux accentuent la quête d’un corps parfait et d’une vie réussie qui peuvent créer de véritables troubles à l’adolescence. Certaines influenceuses sur Instagram souffrant d’anorexie donnent même des conseils à des jeunes adolescentes pour devenir belles à leur tour. Ce phénomène existait certes auparavant sur internet, mais avec l’apparition des réseaux sociaux mettant en avant l’image, il semble se développer plus encore.

De la quête de soi au narcissisme

De cette hyperconnexion peut également résulter une forme d’amour de soi frôlant encore une fois la pathologie. Qui ne connaît pas quelqu’un qui s’aime et ne poste que des photos de lui sur les réseaux sociaux ? À la limite du narcissisme, les réseaux sociaux semblent être devenus leur terrain de jeu.

Le narcissisme et les RSN – ©BestComputerScienceSchools.net

 

S’affirmer et chercher la reconnaissance sont les enjeux principaux des adolescent·e·s et des jeunes sur internet. Un phénomène bien normal à la période où l’on se cherche mais bien plus inquiétant lorsqu’il mène à un amour démesuré de soi qui se généralise. Les réseaux sociaux favorisent l’individualisme dans une société déjà individualiste depuis bien longtemps. De quoi renforcer un mode de vie néfaste pour nos santés mentales.

Il y a de cela un an on entendait parler dans les médias du “droit à la déconnexion”. Jeune de France, insurge-toi. Te déconnecter n’est pas qu’un droit, c’est aussi un devoir pour ton intégrité physique et mentale !

 


 

Photo : © Ambar Del Moral / mashable

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