CINÉMAFestival de Cannes

CANNES 2026 – « Club Kid » : Father Figure

Image extraite du film Club kid de Jordan Firstman. On y voit un homme et une femme danser en boîte de nuit.
Club kid © Stay Gold, Topic Studios

UN CERTAIN REGARD – Le cinéaste américain Jordan Firstman filme dans son premier long métrage, l’histoire de Peter, un promoteur de soirées gays, qui apprend du jour au lendemain l’existence de son fils. Un récit lumineux, tendre et plein d’humour. 

Jordan Firstman n’a pas raté son entrée au Festival de Cannes. Après un photocall remarqué, où il n’a pas hésité à embrasser Diego Calva, acteur de son film, la présentation de Club Kid dans la prestigieuse salle Debussy s’est déroulée dans la joie et la bonne humeur.

Remarqué dernièrement dans la série I Love LA de l’actrice et réalisatrice Rachel Sennott, Jordan Firstman présente cette année son premier long métrage au Festival de Cannes, dans lequel il campe le rôle principal, aux côtés de Cara Delevingne, Diego Calva et Reggie Absolom. 

Dans Club Kid, Peter, homosexuel new-yorkais organisateur de soirées très festives, apprend qu’il a un fils de huit ans, nommé Arlo. Sa mère, seule femme avec qui Peter a couché de toute sa vie, s’est suicidée quelques mois auparavant. Le quotidien de Peter se trouve alors entièrement bouleversé. 

À la croisée des mondes

Jordan Firstman part d’un scénario qui, au départ, oppose deux mondes. Le personnage de Peter est issu de celui de la nuit. À chaque soirée qu’il organise aux côtés de son amie Sophie (Cara Delevingne), il fait la fête, consomme nombre de substances psychoactives et boit de l’alcool. S’ensuivent des matins difficiles, et ce, en boucle. 

Lorsque le jeune Arlo (Reggie Absolom) débarque dans sa vie,  Peter devient soudainement père. Un statut qui entrerait, à première vue, en contradiction totale avec son mode de vie. Mais justement, c’est là que Jordan Firstman réussit son coup. Club Kid évite cette opposition, et, au lieu de cela, raconte un mélange d’univers, une osmose entre deux personnages que tout oppose. 

Jordan Firstman et son jeune acteur Reggie Absolom au Festival de Cannes ©
AFP

La curiosité du père envers le fils, et inversement, est très maligne. Assez rapidement, Arlo trouve sa place dans la vie de Peter. Il s’installe dans la chambre de son colocataire, qui passe à l’étage d’en-dessous, et trouve ses marques dans ce nouvel environnement.  

De son côté, Peter s’organise et navigue à travers les méandres de la paternité. Avec maladresse, certes, mais avec beaucoup de tendresse. Peter ne sait pas trop comment parler à son fils, ni comment agir avec lui. Lorsqu’il veut prêter un vêtement à son fils, il réalise que ses t-shirts à messages humoristiques en lien avec le sexe ou la drogue ne conviendront sûrement pas. Au diable les conventions. Firstman nous montre que l’on peut garder son sens de l’humour en étant un (relativement jeune) père.

Sauvetage 

La création d’une nouvelle famille pour Arlo et Peter apparaît alors comme une renaissance. Arlo, dont on apprend rapidement qu’il a subi les coups d’un beau-père violent, crée une bulle de joie aux côtés de Peter. Il se découvre une passion pour le mixage. Aux côtés de Saffron, amie de son père, il se transforme en Night Shift, son nom de DJ. La musique devient un pont entre le père et le fils. Arlo partage une playlist avec Peter, et ne cesse d’émerveiller ce dernier avec ses goûts musicaux niches et sophistiqués. 

Pour Peter, l’arrivée de son fils dans sa vie est comme une seconde chance. Lui qui estimait au début du film n’avoir aucun amour-propre, il se voit sous un nouveau jour et apprend à s’aimer à travers les yeux d’Arlo. Sous des néons esthétiques et une bande son électrisante, l’histoire se déroule sans tomber dans le drame familial classique.

Et si Peter commençait à subir les excès de sa vie, il ne manque toutefois pas d’amour. Très bien entouré par un groupe d’ami·e·s proches, sa famille choisie, il offre à Arlo une belle manière de grandir, dans la coexistence des genres et l’expression de soi. 

Conte de rédemption pour son protagoniste et histoire de découverte pour le jeune Arlo, Club Kid est un premier film très réussi, truffé de références à la communauté LGBTQIA+, et pose sur ses personnages un regard doux et singulier. Une histoire qui résonne, et qui promet pour la suite de la carrière de Jordan Firstman.

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