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REPORT – Carla de Coignac envoûte Paris pour ses premières dates en solo

L’autrice-compositrice-interprète de 27 ans Carla de Coignac a donné sa première date parisienne le 4 mars, dans la petite salle du Solo. Pendant une heure, l’artiste a plongé son public dans un univers intime et sensible, entre confessions et chansons.

Une première particulière 

Révélée en 2017 dans la saison 13 de la « Nouvelle Star » sur M6, c’est pendant la crise sanitaire que Carla de Coignac a commencé à poster des reprises et des compositions originales sur Instagram et TikTok. Dans la foulée, 100 000 internautes s’abonnent à son profil. Aujourd’hui, l’artiste cumule millions de vues et d’écoutes sur les plateformes et les réseaux sociaux. C’est pourtant dans un cadre intimiste qu’elle a choisi de rencontrer pour la première fois son public parisien : la petite salle du Solo, connue pour ses murs de pierre, ses miroirs et son atmosphère chaleureuse.

Ce décor résonne particulièrement pour la chanteuse : « ce qui m’a le plus marqué quand je suis arrivée ici, ce sont les pierres. La maison de mon père à Cahors est aussi en pierre, et c’est quelque chose que j’aime énormément », confie-t-elle.  Un espace dans lequel elle se sent presque comme chez elle, qui lui «  rappelle la campagne, toujours ce côté chaleureux mais à la fois rempli d’histoire ».

Avec ses 70 places assises, la salle offre une proximité rare entre l’artiste et les spectateurs. Un cadre presque familial, qui correspond parfaitement à l’univers sensible de la chanteuse. Après des dates annoncées complètes en avril et en mai, une nouvelle représentation a d’ailleurs été ajoutée le 17 juin. « Je trouve qu’il y a quelque chose de très réconfortant à faire ses marques dans une salle », explique-t-elle.

Sous un petit chapiteau de toile éclairé par des guirlandes bleues, l’installation est simple et délicate. Lorsque Carla de Coignac entre sur scène, l’émotion est palpable. « C’est la première fois que je fais un concert à Paris de façon aussi officielle. Avant, c’étaient des petites salles, des concerts un peu bricolés, pas payants  », raconte-t-elle. Quelques secondes avant d’entamer sa première chanson, elle prend une grande inspiration. « Je suis une chanteuse des réseaux. Passer du virtuel au réel, c’est un gros changement  » confie t-elle. 

Une invitation à célébrer l’hypersensibilité

Sur scène, Carla de Coignac est accompagnée de Mathieu au piano, et de Noé à la guitare électrique. Le trio acoustique enveloppe et met en valeur la voix légèrement éraillée de la chanteuse. Très vite, l’artiste donne le ton de son spectacle en lisant quelques extraits de son ouvrage Intime, paru en octobre 2025. Elle y partage sa foi en la vie, mais aussi ses doutes, ses maux, ses douleurs, et donne des clés pour avancer sans peur. Carla se raconte et se met à nu. 

« J’ai réussi grâce à l’écriture à mettre des mots sur mes émotions envahissantes. Oui, moi l’hypersensible remplissant tous les clichés que peut comporter ce mot  », explique-t-elle. Longtemps perçue comme une fragilité pour la chanteuse, l’hypersensibilité est aujourd’hui devenue une vraie force et un moteur dans sa création artistique. « Ce pire trait de ma personnalité est devenu ma force première, ma puissance, ma flamme », confie la chanteuse.  Après avoir déclamé ces mots, Carla enchaîne avec sa chanson « Confessions », issue de l’EP éponyme.

Et la puissance des liens

Une autre thématique lui tient très à cœur : le lien aux autres. La chanson « Ces filles », qu’elle interprète à l’origine avec Natasha St-Pier, Mimaa et Clara Morgane, évoque les femmes qui l’inspirent. Une ode à la féminité et aux figures féminines qui jalonnent sa vie.« J’ai décidé de ne plus me comparer, mais de m’inspirer des femmes qui m’entourent. Des femmes qui sont là aujourd’hui dans ma vie, mais aussi de celles qui ont disparu et qui resteront toujours auprès de moi  », explique-t-elle avant d’interpréter la chanson. 

Parmi les personnes qui nourrissent son inspiration, il y a aussi son compagnon, Mathieu. Ensemble, ils ont écrit la chanson « Quand on s’engueule », sortie il y a à peine quelques semaines. Pour la première fois, le duo l’interprète en live sur scène. Avant de la chanter, Carla raconte l’histoire de sa création : « Au lieu de venir alimenter l’ego pendant une dispute, Mathieu s’est dit : je vais m’isoler et écrire une chanson. Il a commencé à écrire les premières paroles et ensuite il m’a dit : “Écoute Carla, écris ton couplet. Viens, on sort cette chanson et on arrête de s’engueuler inutilement.” Discuter, c’est important, mais aller dans le drame, ça ne sert à rien. Aujourd’hui je peux dire que cet homme a su faire taire mon ego  » explique t-elle avec humour. Un moment de complicité qui fait sourire le public.

Des réseaux à la scène : mission réussie 

Connue également pour ses réécritures musicales de chansons internationales publiées sur les réseaux, Carla de Coignac reprend également sur scène sa version française du titre Another Love du chanteur britannique Tom Odell, qu’elle interprète sous le nom « Peur de l’amour ». Ces réécritures font partie intégrante de son univers. La chanteuse invite d’ailleurs son public sur Instagram à lui suggérer les ré écritures qu’ils aimeraient entendre en live.Au fil du concert, la proximité avec le public se fait de plus en plus forte. «  J’aimerais transmettre de l’espoir. J’aimerais que pendant une heure, les gens puissent oublier leurs soucis  », confie-t-elle. Mission réussie : pour clôturer le concert, toute la salle se lève et chante avec elle son titre « Je me tire », dans une atmosphère joyeuse et libératrice.

La suite

Pour Carla de Coignac, la route est encore pleine de projets. « J’ai toujours de nouvelles idées. J’aimerais faire un album, et mon rêve serait de sortir un EP entier de réécritures  », explique-t-elle.  L’artiste aimerait également aller à la rencontre de celles et ceux qui la suivent sur les réseaux. « J’ai envie de rencontrer tous les gens qui me soutiennent. J’aimerais vraiment faire une petite tournée pour aller les voir, à Lille, à Lyon, en Belgique… et pouvoir les remercier pour tous leurs messages et leur soutien. »

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