Avant l’arrivée de son premier EP, éma nous offre un moment privilégié au contact de ses inspirations. C’est métamorphosée et pleine de confiance, que l’artiste signe son retour.
Trois ans, c’est le temps qui sépare ce disque du précédent. Durant ces trois ans, la vie s’est imposée comme principale source d’inspiration. Trois ans à se frayer un chemin au milieu des doutes et des envies, pour laisser place à l’instinct. Et, c’est vers l’amour que ce dernier s’est naturellement dirigé. Pour éma, il a suffi d’un morceau afin de raviver l’étincelle. Son premier single « Amour Fou » est sûrement le plus gros tournant de sa carrière, puisqu’il porte sa nouvelle identité.
Alors, cet EP rime désormais avec renaissance. Quatre titres sur lesquels l’artiste s’illustre dans un registre butter pop comme elle aime à le dire. Mais il s’agit surtout de quatre titres qui concrétisent une vision artistique qui lui ressemble. Rencontre.
Éma, d’où te vient cette envie de faire de la musique ?
En fait, j’écoutais beaucoup la radio. J’avais pas trop le droit à la télé quand j’étais petite. Ce qui fait que j’étais un peu en décalage avec mes potes. Moi je leur disais : « Ah mais vous avez pas écouté ce nouveau son ? ». Pour les très jeunes on regardait la télé on n’écoutait pas la radio.
Plus tard j’écoutais l’émission Les Filles du Mouv’ sur Le Mouv’ où il racontait d’où venaient les chansons, comment elles ont été créées et pourquoi. Y’avait vraiment une sorte de connexion émotionnelle à la musique qui me parlait beaucoup. Et je viens d’un milieu artistique, ma mère était comédienne, mon père était metteur en scène. Je pense aussi d’une certaine manière que c’était pour me démarquer un petit peu, avoir mon truc à moi.
Dans tes inspirations tu cites Frank Ocean, Aya Nakamura, Portishead, Diana Ross ou encore Mylène Farmer. C’est une liste de talents éclectiques dans les styles et les époques. Qu’est-ce qui t’inspire chez eux ?
Il n’y a pas qu’eux (rires). Y’a aussi les Strokes, Imogene Heap, Nilüfer Yanya, Yelle, Saya Gray, ML Buch ou encore The Voidz. J’ai commencé par écouter de la variété française avec ma mère, Barbara, du Brel etc. Mon père écoutait de la country et quand j’ai eu mon premier iPod j’ai chargé toute la musique de mon cousin. Donc j’écoutais Nas, Lauryn Hill, Sinéad O’Connnor.
J’ai vraiment eu tout de suite des choses hyper éclectiques. Et puis j’ai grandi dans un milieu privilégié où on est très ouvert d’esprit. On est ouverts à tout et c’est ce qui permet de se laisser atteindre par plein de musiques différentes.
Une fois que tu as digéré toutes ces influences et que tu es en studio, comment décrirais-tu ton style ?
Je dirais que c’est indie pop ce que je fais. Parfois j’ai des chansons qui sont un peu plus variété, peut-être la première elle est un peu plus trip-hop sur les bords à la Portishead. Après j’en ai une qui est un peu hyper pop à la fin de l’EP. En fait je fais de la musique que j’ai envie d’écouter. Comme j’écoute des choses hyper différentes je me pose pas trop la question.
Et surtout j’écoute pas beaucoup de musique quand je travaille, pour pas me laisser influencer. Je veux vraiment aller vers ce que j’ai envie de ressentir ce jour-là. Parfois on a envie d’écouter des musiques qui s’écoutent en voiture, les vitres ouvertes. Parfois une chanson qui nous rend encore plus triste que ce qu’on est, c’est souvent hyper sensoriel et instinctif.
Ton premier album, No Curfew, était estampillé sous le nom d’artiste Bergmann, depuis tu as pris ton vrai prénom qui est Emma. Pourquoi ce changement ?
Ce projet c’était pas vraiment moi et puis je commençais dans la musique donc je me suis pas mal laissée influencer parce que j’avais pas encore trouvé ma voie, dans tous les sens du terme. J’ai arrêté l’école à quinze ans et j’ai commencé à parler anglais, à me faire ma propre éducation on va dire. C’était un peu logique pour moi de chanter en anglais et avec le confinement j’ai commencé à écrire en français.
Comme je sacralisais beaucoup cette langue, parce que je trouve que pour faire des bonnes chansons françaises il faut bien les écrire j’osais pas trop y aller. Comme je suis exigeante, ça a mis du temps mais j’ai trouvé ma pâte.
Trois ans sont passés entre No Curfew et ce nouvel EP qu’est Disque Dur. Qu’est-ce que ce temps de pause t’a apporté en tant que personne et en tant qu’artiste ?
Déjà je me suis mise en indé, j’ai quitté le label dans lequel j’étais. Donc c’était vraiment un saut dans le vide et un gros risque que je prenais parce que quand on est dans un label on a l’assurance d’avoir de l’argent pour ses clips, pour l’image ou même la promo. Mais à la fois c’était vraiment parier sur moi et mon instinct et pour toutes les fois où j’ai eu des instincts que j’ai pas écoutés par diplomatie, parce que t’es en équipe. Là j’avais vraiment envie de voir ce que ça faisait de m’écouter jusqu’au bout et quand y’avait personne pour me faire déroger de mon chemin.
Par contre c’est vrai que quand t’es en indé c’est long et tu peux pas dire à quelqu’un qui bosse gratuitement pour toi de se dépêcher. Donc c’est vrai que c’est très long et comme je suis une bonne grosse capricorne ascendant vierge en gros la patience c’est pas trop mon truc (rires). Ça m’a appris ça, la patience et la légèreté. Et puis c’est pas grave, on sauve pas le monde, même si on va inspirer ou consoler certaines personnes et c’est génial. Mais il faut remettre les choses à leur place en se disant qu’on a de la chance de faire ce qu’on aime. Et tant que c’est possible de prendre le temps et de faire des choses de qualité je le fais.
As-tu ressenti une forme d’appréhension à l’idée de faire ton retour en musique ?
De malade ! Déjà je change de nom, je chante en français alors qu’avant c’était en anglais. Oui c’est un gros risque mais pas pour moi puisque je me rapproche de moi-même et de qui je suis. Donc y’a pas de regret. J’ai tellement de bons échos, même de gens que je respecte grave dans la musique et de gens que je connais pas qui m’écrivent. Je sais qu’aujourd’hui en indé on court après un buzz et toute cette attente ça m’a vraiment temporisée à ce niveau là.
J’arrive à prendre les choses positives pour ce qu’elles sont et les garder. Quand je reçois un message sur insta, ça va me durer deux semaines de bonheur. J’appréhendais beaucoup ma réaction psychologique d’anxiété et je suis assez surprise de voir comment je le prends et comment les choses se passent, donc c’est cool.
Peux-tu me parler de ce qui a motivé la création de Disque Dur ? Quelle.s intention.s il y a derrière ce projet ?
Disque Dur, c’est déjà parce qu’il était dur à faire, vraiment premier degré (rires). Et puis y’a aussi le côté disque dur parce que j’ai dû faire quarante chansons pour uniquement sortir celles qui allaient bien ensemble. Le côté disque parce qu’il y a mon côté rebelle qui est encore amoureuse de l’objet, d’un CD. Même si ça sort en digital, y’a une ironie un peu là dedans. Mais y’a aussi le fait que c’est un EP qui parle pas mal de résilience et de comment on peut outrepasser parfois ces circonstances.
C’est vrai que j’ai eu des débuts un peu difficiles d’un point de vue psychologique, niveau familial j’ai eu pas mal de drames. La clé c’est de réussir à ne pas être définie par ces traumatismes, passer outre. En gros la vie c’est dur mais on peut faire un disque ! J’ai fabriqué quelque chose et j’en suis très fière.
D’ailleurs, à quoi ressemblait la conception de cet EP ?
Comme je te disais, quand t’es artiste indé et que moi je suis pas vraiment instrumentiste, parfois je vais jouer quelques accords mais je suis assez dépendante des producteurs et productrices avec qui je bosse. Y’a plein de moments où tu tournes un peu en rond chez toi, je travaille vraiment sur le moment. J’écris jamais une chanson en amont, j’écris vraiment en studio, sur la musique. Par exemple, j’ai 4 791 mémos vocaux, j’en n’ai jamais réécouté un seul, pourtant j’ai des gros tubes dedans (rires).
Les morceaux que je sors, c’est beaucoup de morceaux qui se sont fait en une journée et les quarante autres ça a été plus difficile. Les chansons qui sortent en une journée ou quelques heures c’est assez rare. Donc quitte à sortir un EP, autant sortir les chansons qui ont été les plus agréables à faire, qui m’apportent le plus joie.
L’amour occupe une place centrale dans ce projet, comment fais-tu pour l’aborder sans redondance ?
L’amour a été source de beaucoup de traumas au niveau parental ou amoureux. C’est là où on rejoint l’idée de dépasser les traumatismes, de ne pas les incarner. J’ai décidé de pas les laisser me définir pour laisser d’autres amours rentrer. Un amour salvateur, un amour qui fait grandir. Et parfois, au sein d’une même histoire, t’as plusieurs manières de t’aimer. Et puis y’a l’amour de soi aussi qui est important. Y’a une chanson où je parle de ma mère que j’ai perdue.
Pendant longtemps je pensais que quand j’allais écrire une chanson sur elle ça allait être hyper triste. Une fois j’entends une petite mélodie de mon producteur qu’il joue au piano, et c’est un truc hyper joyeux. Puis je me suis mis à écrire de manière instinctive dessus et ça parlait de ça. C’est ça qui m’intéresse dans l’amour, même l’amour de quelqu’un qui n’est plus là. C’est triste, la personne te manque mais l’amour il reste beau, intact. Il reste source de joie.
Tu décris ta musique comme étant de la butter pop, est-ce que c’est toi qui a trouvé ce terme où bien les gens avec qui tu travailles ?
Ça vient de moi, on parlait avec un pote ou mon mec et quand je suis avec des producteurs qui veulent faire un truc compliqué je dis que je veux du sucre ou du beurre. C’est quelque chose qui me plait en tant qu’auditrice quand c’est mélodieux, réconfortant. Pour moi c’est de la pop au beurre.
Si tu devais présenter Disque Dur, tu dirais qu’il est porteur de quel message ?
Pour le moment je suis personne pour personne, mais ce que je commence à comprendre c’est que c’est en faisant ce que j’aime, que j’apprends à m’aimer. Sans faire de compromis sur ma vision et ma musique. Je galère beaucoup à faire des choses simples, je suis hyper TDAH, souvent je me suis sentie un peu comme une erreur quand j’étais plus jeune. Maintenant, je commence à me rendre compte que c’est ma force, je commence vraiment à être ma meilleure pote.
Ça me fait kiffer parce que c’est à travers la musique que ça m’a été possible de le faire. Le message c’est que quand on a l’impression qu’on se kiffe vraiment pas on peut tous trouver un truc salvateur qui nous aide. Si y’a deux ans on m’avait dit que j’allais me foutre la paix comme ça j’y aurais pas cru. En ce moment je suis beaucoup sur la résilience et Disque Dur c’est un peu sur ça. C’est comment faire des trucs qui sont beaux avec des choses qui le sont pas forcément.
Tu as fait une release party le 10 juin à l’Hôtel Grand Amour afin de présenter ton single « Amour Fou ». Comment c’était de partager ce moment avec les gens ?
C’était quelque chose d’assez fou parce qu’il y a une phobie de la scène qui s’est développée en moi à peu près simultanément avec le décès de ma mère. Sans savoir trop pourquoi. À chaque fois que je vais chanter, je sais pas comment ça va se passer. Dans mon corps c’est un tsunami, je tremble de tous mes membres mais là les gens s’en sont pas du tout rendu compte. J’ai chanté deux fois la chanson, la première fois j’étais dans un état j’ose même pas te dire.
La deuxième fois, j’ai pris beaucoup de plaisir. Ce qui est trop cool c’est que ça continue la lignée du travail que j’ai fait sur moi. Du message que je lance avec cet EP. C’était un rendez-vous que j’attendais grave. De voir comment j’allais réagir physiquement, psychiquement. Les gens étaient tellement mignons, y’avait un silence de malade, j’étais accompagnée par mon pote Max Baby à la guitare. Plein de gens que j’aimais, plein de gens que je connaissais pas du tout et c’était trop bien.
Est-ce que cela t’a donné envie de travailler ta musique pour le live ?
De malade, maintenant j’ai envie de faire que ça en fait. Ça me rappelle quand j’ai fait ma première scène ever. C’est ça que j’avais perdu. J’avais perdu le plaisir. J’avais juste peur mais à la base si j’ai pas arrêté de monter sur scène c’est parce que c’est magique. Alors ça l’est pas forcément pour tout le monde, parfois les artistes disent qu’ils ont été incroyables ce soir et les gens ont détesté ou inversement.
L’important c’est ce que tu ressens et prendre du plaisir. Maintenant j’ai compris que je pouvais me reconnecter à ça, faudrait que je trouve une résidence pour travailler mon live. Dès septembre je vais charbonner à fond pour faire plein de scènes.
On parle de scène, c’est visuel mais il y a autre chose de très visuel dans ta musique, je parle forcément de tes clips. Comment est-ce que tu travailles cet aspect et d’où vient l’inspiration ?
Vraiment du cinéma et en même temps j’ai pas de référence très claire à chaque fois pour un clip. C’est plutôt des idées qui me viennent. Bizarrement quand j’écrivais en anglais j’avais des idées de clips tout de suite. Et là avec ce projet c’était en dernière minute. Ça me faisait paniquer avant de pas avoir d’idées en amont. C’est un peu des images comme des rêves et c’est aussi parce que j’aime pas être trop littérale parfois. « Amour Fou » j’avais pas trop envie que ça soit qu’un homme, une femme, je voulais mettre des images.
Pour moi c’était par exemple quand t’es en début de relation, tu sens que ça prend pas forcément le bon chemin mais tu sens aussi le potentiel. J’ai pas envie de prémâcher l’imagination des gens qui écoutent. Je veux qu’ils puissent se faire leur propre interprétation donc j’aime bien faire un truc un peu lyrique. J’ai mis longtemps à me dire que je pouvais réaliser moi-même. Et en fait, c’est ces moments d’égo qu’il faut faire taire. Et puis il faut plus de femmes réalisatrices donc on est là !
Justement tu parles de réaliser par toi même, sur ton projet précédent il y avait « Love Potion » fait par tes soins. Est-ce que cette envie est restée pour Disque Dur ?
J’aime vraiment les deux. Même pour les pochettes je travaille avec un mec super qui s’appelle Martin Lazlo, Saintlazer sur insta. Je suis venue avec mes moodboards hyper précis et il a pas d’égo mal placé donc tout allait être possible. C’est trop bien de trouver des gens comme ça, excités par la vision de quelqu’un d’autre et qui viennent mettre leur pâte. C’est là où la collaboration me fait grave kiffer aussi. Le prochain clip, je vais probablement le co-réaliser.
Si je réalise pas je veux vraiment monter l’équipe avec le ou la chef.fe op dont j’admire le travail. J’avoue que je suis un peu control freak mais c’est venu naturellement avec le fait d’avoir un label à la base qui proposait pas grand-chose.
Pour le clip d’« Amour Fou » rien ne s’est passé comme prévu, le mec qui devait faire exploser la maison en a fait exploser une pendant qu’on tournait pas. Donc le concept du clip est venu un peu de ça, avec l’idée de faire un truc imparfait.
Tu emploies le terme de mise en abyme, et c’est intéressant puisque pour « Amour Fou » il y a un clip dans un clip. D’où vient ce goût pour la mise en scène ?
J’avais une image pour ce clip, je voulais que ce soit un plan-séquence. Mais comme je disais, rien ne s’est passé comme prévu. Il y a plein d’images en extérieur qui n’étaient pas du tout prévues. C’est vraiment parce que le plan initial n’avait pas fonctionné. J’étais à Mexico City avec un groupe qui s’appelle les Casablanca Drivers, je les accompagnais sur leur tournée. On s’est dit qu’il fallait en profiter, on avait la chance d’être là donc on a tourné des images.
À la base j’avais cette image d’un fond un peu bucolique comme dans le clip. Juste cette image de dézoom où on se rend compte que je mets le feu à une maison. Y’avait une série qui s’appelait Scènes d’un mariage avec Oscar Isaac et Jessica Chastain. Chaque épisode commence où ils arrivent sur le tournage, ils se mettent en place et la série débute. Ce concept de mise en abyme je le trouve toujours assez intéressant et je pense que j’ai pas fini de le développer. J’aime bien casser les mythes, c’est intéressant de voir comment les choses sont faites.
Tu parlais du côté organique de la musique avec le support CD. Justement, la cover du single est représentée par une cassette VHS. D’où est venue cette inspiration ?
À la base on avait juste shooté ce que tu vois dans la cassette. Y’avait un côté assez marrant parce que j’aimais beaucoup les films d’action à une époque. Je trouvais ça marrant d’enlever le côté premier degré d’une chanson d’amour. J’aime bien apporter un peu de légèreté dans tout ce que je fais, tout en le faisant sérieusement. C’était d’ailleurs une idée de Saintlazer de mettre ça dans une cassette. Je trouvais ça marrant d’être complètement à contre-courant.
Quelles sont tes attentes envers la sortie de cet EP ?
Comme tout le monde j’aimerais que ça marche, c’est sûr. Il y a aussi l’idée de faire du live, de me connecter aux gens. Là je suis un peu comme un petit bébé, parce que je fais vraiment peau neuve. Je suis plutôt dans l’émerveillement de ce qui se prépare chez moi et ça me satisfait. Après bien sûr si l’EP sort et que personne ne va l’écouter je serai un peu dégoutée. C’est la première fois de ma vie que j’y crois vraiment, ça a été fait de manière très sincère.
Vu que tu as écouté beaucoup de choses dans ta vie, est-ce qu’il y a des ponts que tu as envie de faire avec d’autres styles ?
De ouf ! Là comme ça je dirais Malik Djoudi, Yoa, Asfar, Sylvie Kreusch, Blasé, sans parler forcément de feat j’aimerais beaucoup travailler avec lui. Si je dois rêver j’adorerais faire un feat avec MGMT ou Lily Allen, Redcar, Blood Orange ou LA Priest. Sinon je vais faire un featuring avec le groupe de mon copain qui s’appelle les Casablanca Drivers. En fait, tous les crossovers m’intéressent parce que j’aime me mettre au service de l’art plutôt que l’inverse. Les exercices de styles c’est génial même s’il faut cadrer pour que les gens ne perdent pas le fil.
Y’a plein de gens dans la chanson française que j’admire beaucoup. J’adore aussi Juliette Armanet, toutes ces meufs qui écrivent super bien et que je trouve géniales, hyper inventives. Elles cassent plein de codes, elles sont hyper inspirantes. En fait j’aimerais beaucoup faire de feat avec des meufs parce qu’il y a pas mal de sons que j’écoutais qui unissent les artistes féminines. Notamment SZA avec Rihanna dans Anti, qui est un album que j’aimerai jusqu’à la mort.
À l’époque y’avait peu de feat entre meufs et je trouve que ça manque toujours un peu. Il vient d’y en avoir un avec Théodora et Juliette Armanet que je kiffe. Après y’a des gens que t’admires où le mélange serait pas forcément judicieux, t’en sais rien. Mais j’aimerais beaucoup feat avec des artistes féminines.
Justement ces collaborations, tu aimerais que ce soit une constante dans ta carrière ? D’avoir comme ambition d’amener des choses que l’on voit moins ?
Bien sûr, après on y pense toutes tout le temps et il y en a. Je veux faire des choses qui viennent naturellement. Je trouve ça intéressant de continuer à faire ta musique le plus sincèrement possible et mettre de la lumière sur des choses importantes. D’un point de vue humaniste c’est important pour moi.
Il faut laisser l’instinct venir naturellement. Sinon ça serait bien de redonner un peu de force et de pouvoir aux artistes directement par rapport aux plateformes. Mais c’est pas casser les codes, c’est recoder comme ça l’était avant. J’ai un grand sens de l’injustice aussi mais parfois c’est délicat à placer dans la musique. Rien ne doit être gratuit, il faut le faire avec élégance et intelligence. Mais l’envie est là, c’est sûr.








