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« Möbius » – La compagnie XY prend son envol

Möbius
Möbius © Christophe Raynaud de Lage

Pour la rentrée, le chorégraphe Rachid Ouramdane, avec les 19 circassiens de la compagnie XY, compose Möbius, un spectacle virtuose, qui trouve son équilibre entre grâce et technique.

Les spectateurs se pressent dans la salle Jean Vilar du Théâtre de Chaillot, ce mercredi 7 septembre, pour la première de Möbius. Il fait une chaleur étouffante ce soir, la chaleur que dégagent les salles combles. Tout ce petit monde s’est dépêché exprès pour la dernière création de Rachid Ouramdane, chorégraphe et directeur de Chaillot, créée en collaboration avec la compagnie XY, un collectif de 19 circassiens, plus acrobates que danseurs. Lorsque les lumières s’éteignent, les 19 entrent en scène, tout de noir vêtus. On ne sait pas encore ce qui va l’emporter, si la création penchera plutôt vers le contemporain (le coeur de métier du chorégraphe) ou les acrobaties de cirque (propres à la compagnie).

Disons-le d’emblée, le spectacle ne tranche pas. Les 19 font une entrée soignée sur la scène, accompagnés par une musique électronique rythmée. Ils enchaînent les mouvements vaporeux et aériens, et de ces glissements envoûtants, la compagnie passe sans fards vers le dur.

© Christophe Raynaud de Lage

Vers le vertige

Möbius fait le pari de donner le vertige à son spectateur, en s’inspirant directement des nuées des étourneaux. Un circassien grimpe sur les épaules d’un autre. Se met debout sur lui. Sur ces mêmes épaules grimpe une deuxième personne. Véritable parade humaine, le troisième, dernier maillon de l’échelle, se tient tout en haut, à trois mètres du sol, parfois plus. Se jète dans le vide. La salle retient son souffle. En bas, ses camarades le rattrapent.

La deuxième partie du spectacle enchaîne ces échelles humaines, semble montrer les muscles. La puissance des cirassiens hypnotisent. Les échelles humaines se reforment, se mêlent à d’autres acrobaties. Une danseuse se jette des épaules d’un homme, atterris sur les paumes d’un autre sans perdre l’équilibre. Rachid Ouramdane joue avec les nerfs de son spectateur : les figures, de plus en plus périlleuses, mettent en tension le spectateur.

© Christophe Raynaud de Lage

Les mouvements, techniques et dangereux, s’enchaînent, ont beau se répéter, impossible de ne pas sentir que la moindre chute, le moindre écart pourrait enrayer cette parfaite mécanique. Plus tard, les mouvements dansants se raréfient, la musique se fait inquiétante. Les figures se poursuivent dans les airs. Les 19 étourneaux prennent leur envol, dans un spectacle d’une beauté fracassante.

Möbius de Rachid Ouramdane en collaboration avec les 19 circassiens de la compagnie XY, Théâtre National de Chaillot, du 7 au 18 septembre. En tournée à Mulhouse, du 5 au 11 décembre.

Auteur·rice

Journaliste

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