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Rencontre avec TDJ : « Avec ce personnage, c’est mon insécurité qui parle »

TDJ, de son vrai nom Geneviève Ryan Martel, connue également grâce à son projet RYAN Playground, a sorti TDJ123 le 17 juin dernier sous le label Collection Disques Durs.

Figure émergente de la musique électronique et des raves, la Montréalaise nous offre avec TDJ123 un troisième EP plus dynamique que jamais, composé d’anciens singles travaillés différemment et de nouvelles compositions. Avec sa palette de sons et la profondeur émotionnelle de ses morceaux, elle nous fait naviguer entre énergie des raves parties, nostalgie pour l’eurodance et mélancolie emo. Rencontre.


Pourquoi « Terrain De Jeux » ?


En fait, l’acronyme TDJ peut se décliner en plusieurs noms. Trance Dee Jayyy par exemple (rires). Mais par rapport à Terrain De Jeux – RYAN Playground étant mon premier projet musical – c’est simplement la traduction de Playground en français, ma première langue.

« TDJ123 » comme nom, ça fait un peu la fusée qui s’apprête à décoller…

Prête à tout  ! (Rires) Mais en vrai, ce titre a été choisi dans l’idée de souligner ce troisième projet qui fait suite à mes deux premiers EP. TDJ123 rassemble les chansons de TDJ001, TDJ002 et de nouvelles chansons qui complètent la trilogie et ouvre de nouveaux horizons.

On sent que tu ne t’es mise absolument aucune limite, il y a de tout : tu fais appel à la techno, à l’ambient, à l’eurodance, à la musique punk… Qu’est-ce que tu as voulu faire avec ce projet ?

J’ai naturellement fait référence à des styles de musique qui m’animent depuis toujours. C’est sans trop de réflexion que mes projets se concrétisent. Je compose mes chansons dans le moment. Je suis mon instinct et m’inspire des sensations que certaines émotions provoquent en moi. C’est drôle, mais c’est souvent après avoir terminé une chanson, voire même un projet complet, que je comprends plus précisément ce qui m’inspirait initialement de manière inconsciente.

Tu navigues entre des passages plutôt méditatifs, jusqu’à l’euphorie des raves, en passant par la naïveté et l’énergie des soirées eurodance. Ta musique parle aux plus introspectifs comme aux plus fêtards… Quelle place est-ce que tu donnes aux émotions dans ton travail ?

Je pense que le contexte d’écoute ne justifie pas nécessairement la place que prend une chanson ou un projet aux oreilles des auditeurs. Les émotions prennent justement toute la place. Ce qui m’importe quand je fais de la musique, c’est l’intensité émotionnelle qui me traverse et qui, je me dis, arrivera peut-être à traverser ceux qui l’écoutent.

Pour composer, où est-ce que tu vas ? Tu pars, tu restes ? Tu t’isoles ?

Je m’assoie à mon bureau/studio-minimal-maison qui est situé chez moi. Dans ma cuisine (rires).

Il y a assez peu de collaborations sur cet EP, à part avec fknsyd, c’est vraiment plus de la musique « solo » comparé aux précédents. Comment expliques-tu cela ?


Je n’ai pas senti la nécessité de pousser la note collaborative pour ce projet  ! Travaillant rapidement seule, j’ai accumulé beaucoup de chansons solos. Mes préférées parmi elles ont été sélectionnées pour faire partie de TDJ123. Je ne suis pas pour autant fermée à la collaboration, au contraire. Ma compilation SPF INFINI présente une facette beaucoup plus collaborative. C’est vraiment excitant de réussir à concrétiser des projets musicaux avec des amis partout dans le monde.


À quoi est-ce que tu rêves dans la vie ?


Mon rêve c’est de le vivre  !

En plus de ton nouvel EP, il y a le clip de Open Air qui sort aujourd’hui ! Très floral et estival, en écho avec le morceau. Tu pourrais m’en parler ?

Il y a quelque chose de très planant dans cette chanson qui donne envie de juste flotter et se laisser porter. C’est d’ailleurs comme ça que je me sentais avec Kev’ [ndlr : Kevin Elamrani-Lince, réalisateur vidéo] quand on a tourné le clip. On se promenait dans un jardin près de Paris et on s’arrêtait par-ci par-là et on sentait le truc… C’est vraiment précieux pour moi d’être entourée d’amis collaborateurs avec qui le courant passe sans trop d’explication.



TDJ a l’air d’être un avatar plus virtuel que réel, comme un personnage de jeu vidéo… Comment est-ce que tu le perçois, cet alter ego ? Comme toi-même ? Ou avec une touche d’ironie ?

Tout est parti d’une perspective plus distante qui apprivoisait l’idée d’un avatar. J’ai senti le besoin de m’expliquer justement par rapport à ça dans un post récent où je décortique cette idée d’alter-ego. Ce que j’ai réalisé c’est que dans ce désir de distanciation à l’aide d’une sorte de personnage, c’est mon insécurité qui parlait… Au final, plus le projet se concrétise, plus il s’affirme en profondeur dans son authenticité.

© Xavier Cyr – TDJ


Sur l’album, il y a plusieurs versions un peu alternatives de singles passés. Tu aimes beaucoup retravailler tes morceaux, on dirait. Est-ce que c’est par perfectionnisme ou par envie d’explorer tout le potentiel d’un morceau ?

Je trouvais que mes premiers morceaux sortis sur TDJ001 avaient le potentiel d’être repris afin de mieux s’intégrer aux plus récents morceaux. L’idée de les transformer en interludes pour faire respirer l’album a vite pris son sens.

Il y a en effet beaucoup d’interludes sur ton EP, qui apportent une touche franchement nostalgique… Guitars of Glory évoque la nostalgie des fins de soirée d’été, au son d’une guitare en harmonie avec le bruit des vagues. En fait, c’est comme si pour un moment tu en avais marre des ordinateurs et des machines, et que tu voulais retrouver les instruments, une forme de simplicité… C’est cela tu penses ?

C’est d’ailleurs probablement mon interlude favorite, Guitars Of Glory  ! L’idée était vraiment de mettre en avant la mélodie principale de Quest For Glory, la première chanson de TDJ. La guitare étant mon premier instrument, l’idée était de présenter ce premier single sous sa forme la plus simple et authentique. 

Et sinon, qu’est-ce que tu écoutes en ce moment ?

Somewhere (Clear Blue) de Markus Schulz.

Que nous réserve la suite ? Est-ce que tu envisages de revenir à ton autre projet, RYAN Playground ?

TDJ partout pour toujours, en commençant par Cancun  ! 

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