Clips de la semaineMUSIQUE

LES CLIPS DU MOIS – Mai #2

Clips mois mai#2
Crédits Guillaume Lacoste

Deux fois par mois, la rédaction vous offre une sélection clips qui ont fait l’actualité musicale. Pour cette deuxième sélection du mois de mai  :

Alex G – Blessing réalisé par Zev Magasis

Accompagnant son single Blessing, le dernier clip de Alex G surprend, et montre qu’il est en évolution constante. L’univers du clip est un trip hallucinant entre vieux écrans de télévision, caricature de l’adolescence emo, effets de lumière magma et flash d’images glauques. Entre mauvais goût et rébellion, et ses nombreuses références aux années 90, l’artiste assume un côté garage punk. On pense aux Pixies, avec leurs powerchords distordus ou les hurlements brefs et déchirants de Black Francis…

L’impression de cynisme est profonde avec la répétition du mantra « every day is a blessing  » en contraste avec l’expression impassible et stoïque de Alex G. Plus le clip avance et plus le décalage est important, avec des images d’un bébé en pleurs et d’une crise de nerfs de jeune femme.

Malgré le contraste avec ce qu’il a pu produire précédemment, on peut reconnaître Alex G entre mille, avec sa bedroom pop si singulière et sa tendance à exprimer ses vulnérabilités et à les envelopper avec des voix pitchées et des sons de guitare tordus. Trois minutes d’expérience dense, le tout pour donner une impression de balade acoustique torturée, sombre et bizarre.

Milena Ill

girl in red – Hornylovesickmess réalisé par Hunter Schafer

Avec ce nouveau clip, c’est peut-être le morceau le plus élaboré et le plus puissant de son album If I Could Make It Go Quiet auquel girl in red donne vie. Au cœur de New-York, l’artiste traverse la ville comme elle traverse la rupture : intensément et sans interruption. À travers chaque souvenir dont l’évocation frôle l’obsession, la jeune femme alterne entre la nostalgie et la rancœur. Tandis qu’elle imagine sa compagne assise sur la banquette arrière du taxi, elle s’en échappe, la respiration presque coupée, court, manque de tomber. Suscitant à la fois la tristesse et le désir, mêlant la frustration à l’exaltation, l’artiste divise, mélange des émotions contraires pour révéler un ressenti sensiblement commun. Colère universelle, ressentiment personnel, de souffrir et de faire souffrir, peut-être.

Dans hornylovesickmess, à l’image d’un amour adolescent, tout s’entrechoque, retentit presque violemment ; accompagnés de plans rapides et de couleurs chaudes, les amours avortés sont salvateurs et la mélancolie n’a jamais été aussi belle.

Julia Vaudron

Kiwi Jr. – Night Vision réalisé par Laura-Lynn Petrick

En attendant leur prochain album Chopper, qui sortira au mois d’août, le groupe canadien Kiwi jr. nous livre son single Nightvision, accompagné d’un superbe clip signé Laura-Lynn Petrick – qui a travaillé entre autres avec Mac DeMarco et Weyes Blood. Après un second album qui baignait dans l’humour et une certaine légèreté, Nightvision annonce plutôt de la mélancolie.

Au milieu des couleurs chaudes d’un paysage urbain nocturne et de ses néons, un homme erre dans la ville. Son vertige est filmé par une caméra subjective qui tourne parfois sur elle-même et entre en résonance parfaite avec les vibrations de guitare du morceau. Les paroles évoquent un univers trash, entre meurtre, sextape, hallucinations liées à l’alcool et à la drogue, mais le regard de Petrick vient comme adoucir le tout, pour ne laisser évidentes que la solitude.

La paranoïa du personnage, dont le visage, éclairé toujours d’une lumière nouvelle, apparaît toujours différemment. Il nous échappe, autant qu’il veut s’échapper du monde dans lequel il vit – un monde froid d’hommes en costume. À la fin, seul dans une rue faiblement éclairée, la désolation après l’ivresse. Que les couleurs du clip viennent doucement envelopper, comme un regard compatissant sur un moment de vie douloureux.

Milena Ill

Superorganism – On & On réalisé par AEVA

Né sur Internet, Superorganism vient de lâcher le quatrième single clippé et extrait de leur second album attendu pour l’été. Dans une vidéo futuriste, une jeune fille (référence évidente à la virale lofi girl) bloquée dans un vaisseau spatial regarde mélancoliquement le dernier clip du groupe, ultime vestige et témoin de l’espèce humaine. Grâce à un « Earth Simulator », l’hologramme du groupe est baladé aux quatre coins du monde, toujours emmené par Orono, leur charismatique chanteuse.

Passé de 8 à 5 membres, le groupe paraît omniprésent, va de pays en pays, du métro londonien aux déserts américains en passant par d’inconnus sommets enneigés. Le clip, barré et débordant d’effets spéciaux, est réalisé par AEVA, fidèle collaborateur du groupe ayant déjà travaillé sur Teenager, It’s Raining et crushed.zip. Après ces trois singles inédits, le deuxième album du groupe, World Wide Pop est annoncé pour le 15 juillet et on a hâte de le découvrir !

Basile Hervé

Klara Keller – Sad Thinking of You réalisé par Hugo Béhérégaray

La jeune suédoise Klara Keller nous présente son délicieux nouveau single Sad Thinking About You, titre coproduit par Rob Coudert et Thomas Hedlund de Phoenix. C’est en s’installant à Paris que la chanteuse trouve une nouvelle inspiration et se met à chanter pour la première fois en anglais. Appuyé par sa rencontre avec Thomas et Rob, Klara se laisse porter par ce nouvel univers synth-pop aux vagues chaleureuses des années 80. Elle nous offre un clip lo-fi rétro style VHS où elle se balade sur les quais de paris coquillage à la main en guise de téléphone. C’est donc avec un humour décalé que l’artiste nous chante ses questionnements sur sa vie passée représentés par cette coquille.

Le nouvel entourage musical de Klara et sa récente installation dans la vie parisienne devraient amener la jeune artiste vers des horizons nouveaux remplis de fraîcheur et d’authenticité.

Thomas Soulet

JUNGLE – GOOD TIMES / PROBLEMZ réalisé par J Lloyd & Charlie Di Placido

Comme à son habitude Jungle est de retour avec un double single chaud et transpirant la soul et la funk. C’est avec GOOD TIMES morceau à l’ambiance de l’émission Soul Train comme on peut le voir sur le clip avec l’équipe de danseurs de la Ghetto Funk Management, que le duo londonien nous transmet cette énergie magique que l’on appelle « danser ». Un premier titre toujours aussi enivrant et rempli d’énergie que seul Jungle arrive à transmettre. Puis la soul délicate de PROBLEMZ vient nous caresser les tympans avec un chant et une mélodie à la Aaron Frazer voix de tête angélique du groupe Durand Jones & The Indications. J Lloyd, moitié du groupe londonien, créait une ambiance feutrée et rouge séduction pour cette 2ème partie du clip et ce 2ème titre bien trop sexy.

Les danseurs y sont comme à leurs habitudes impeccables et d’une beauté sans nom sublimés par le plan séquence de Lloyd et Di Placido ainsi que par ce baiser de fin en suspension. Deux titres inédits remplis de passion et d’excitation.

Thomas Soulet

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