CINÉMA

« Trois fois rien » – Les Pieds Nickelés

Trois fois rien © Le Pacte
Trois fois rien © Le Pacte

Cinq ans après Le Petit Locataire, la cinéaste Nadège Loiseau revient avec Trois fois rien, une formidable comédie sociale sur l’histoire de trois SDF qui gagnent au Loto. Un film décalé et (im)pertinent.

Tout le monde peut gagner au Loto. Il suffit d’avoir la bonne combinaison. Quant à savoir si l’on peut empocher le gros lot, c’est une autre histoire. Casquette, Brindille et La Flèche sont trois SDF qui vivent tant bien que mal dans le bois de Vincennes. Et voici qu’un jour, ils découvrent qu’ils ont eu les bons numéros au Loto  ! Oui mais voilà, ils ne possèdent pas de carte d’identité, ni de RIB. Soit les deux paramètres indispensables pour encaisser le précieux chèque de la Française des Jeux. Après l’euphorie, le trio de joyeux drilles va découvrir les (nombreuses) galères de l’administration française. À moins qu’une main tendue, celle de Nadia, ne vienne tout changer…

Trois fois rien, un conte social

Autant le dire d’emblée, Trois fois rien est un vrai feel good movie. Malgré la gravité du sujet et une actualité malheureusement bien réelle (300 000 sans-abris en France), le film de Nadége Loiseau fait du bien. Par ses personnages hauts en couleurs dont les physiques contrastent dans un joyeux bordel (la bonhommie d’Antoine Bertrand à côté de la silhouette longiligne de Philippe Rebbot), on songe au conte. Le bois de Vincennes est ici une forêt joyeuse où les princes ont été malmenés par la vie et où les princesses enchaînent les passes en attendant de meilleurs lendemains (à l’image de la prostituée incarnée par la merveilleuse Nadège Beausson-Diagne).

Présenté lors du dernier Festival de la Comédie de l’Alpe d’Huez, Trois fois rien est évidemment un film qui fait rire et où les répliques et situations font mouche (on songe par moments aux grandes heures de la comédie italienne et aux petits bijoux de cinéma signés Dino Risi). Mais l’une des grandes forces du film tient aussi dans la manière dont la réalisatrice arrive à insuffler de l’émotion. À l’image de cette scène, bouleversante, lorsque le personnage de Casquette (le Québécois Antoine Bertrand vu dans Starbuck) retrouve les siens après des années d’absence. À ses côtés, Nadège Loiseau a eu la bonne idée de rappeler Philippe Rebbot et Côme Levin déjà au casting de son premier long-métrage, Le Petit Locataire. Ce trio de cinéma fait des merveilles et comme le dit si bien l’adage, «  Jamais deux sans trois  ». Alors, vont-ils être de nouveau réunis bientôt sous la caméra de la réalisatrice  ? Affaire à suivre  !

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