CINÉMAFestival de Cannes

CANNES 2021 – « Hit The Road » : Délicieux voyage vers l’inconnu

Hit the road - Copyright JP Productions
Hit the road - Copyright JP Productions

QUINZAINE DE RÉALISATEURS – Panah Panahi tape très fort avec Hit The Road, son premier long métrage. Un mélange exquis d’humour, de mystère et de poésie.

Hit The Road fait partie de ces films qui ne rentrent dans aucune catégorie, ces œuvres singulières qui marquent les esprits et les cœurs. Drôle, surprenant, et beau à couper le souffle, ce petit bijou venu d’Iran a laissé sa marque sur la Quinzaine des Réalisateurs, où il a été présenté samedi dernier.

Hit the road – Copyright JP Productions

Dès les premiers plans, la créativité du réalisateur se révèle. Un plan séquence pose le décor de l’intrigue : un jeune homme tourne autour d’une voiture, dans laquelle son père, sa mère et son frère se reposent sous une chaleur bouillante. Tout de suite, quelque chose cloche. Une menace semble peser sur cette scène tranquille. Déjà, l’image est sublimée et l’originalité de la mise en scène enchante. Peu à peu, un road-movie déjanté commence, aux côtés de cette famille, qui va peu à peu se dévoiler.

Le film est terriblement bien écrit, les dialogues déclenchant des rires francs dans la salle avec une facilité déconcertante. Dans cette famille où rien n’a de sens, humour et tendresse semblent être les maîtres mots. Mais sous ces apparences de road trip familial, le mystère plane toujours. On comprend que la famille a tout quitté dans la précipitation, et se dirige vers un endroit mystérieux. L’aîné de la famille ne sera plus de cette joyeuse bande au retour… Mais pourquoi ? Les quatre acteurs habitent ce périple fantasque d’un jeu brut époustouflant.

Hit the road – Copyright JP Productions

Tout le génie du film réside dans le fait de faire flotter un voile dramatique sur un récit et des dialogues tout simplement hilarants. Panah Panahi ne commet aucune erreur de rythme ou de narration, et laisse parler son talent dans la composition des images. Son œil unique capture avec brio cette croisade extravagante vers l’inconnu. Sous sa direction, tout devient poésie. Si Panah Panahi a l’amour du cinéma en héritage de son père, le réalisateur Jafar Panahi, son talent lui appartient totalement et laisse présager de grandes choses.

Le réalisateur a pour son film le plus magnifique des écrins : les paysages de l’Iran. Du désert aux montagnes, il s’amuse de ces formes si singulières, semblant cacher en leur sein des milliers de secrets. Celles-ci sont presque des personnages à part entière, témoins silencieux du long voyage de cette famille vers un futur incertain. La séance s’achève sur une longue standing ovation, grandement méritée, pour ce film unique et magnifique. Du grand cinéma.

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