LITTÉRATURE

« Un couple et sept couffins » – Drôles d’aphorismes

Un couple et sept couffins
© éditions Conférences

Michel Simonet est balayeur de rue à Fribourg, en Suisse. Profondément singulier, Un couple et sept couffins conte le quotidien d’un intellectuel établi et père d’une famille nombreuse. Pour un résultat décevant.

Faisant suite à Une rose et un balai, son best-seller de 2017, l’oeuvre est un triptyque : de la prose d’un côté, des poèmes d’un autre, et des dessins autour. De la survie de sa famille au jour le jour à la naissance de chacun de ses 7 enfants, le lecteur est plongé dans les péripéties vécues par un homme au profil tout à fait unique. Ce récit à la forme poétique audacieuse et aux thèmes si simples en apparence ne laisse pas indifférent.

Père, époux, balayeur

Ancien étudiant en théologie confortablement installé dans un travail de bureau, l’auteur choisit pour des raisons spirituelles de changer de vie pour vivre d’un travail manuel. L’objectif  ? Occuper ses mains plutôt que son esprit. Garder un «  esprit libre  ».

Agrémenté de dessins de Pierre-Yves Gabioud, Michel Simonet entrecoupe son récit autobiographique de poèmes traitant des mêmes thèmes que sa prose  : ses enfants, sa femme, son travail. Placés harmonieusement entre deux chapitres ou deux poèmes, les esquisses de Pierre-Yves Gabioud donne à voir plus que l’œuvre. Ces petits croquis au fusain représentent successivement animaux, objets du quotidien, fleurs, édifices … comme tant d’objets formant l’environnement quotidien de l’auteur, et sur lesquels on imagine son regard se poser, entre deux coups de balais.

Un style convenu

Si le style est indéniablement travaillé et plutôt audacieux, il n’en est pas moins lourd par endroits. L’auteur semble parfois s’acharner à trouver des bons mots, à tout faire rimer, et à employer des phrases toutes faites. Michel Simonet se veut aussi poète, et cela se ressent. Chaque phrase est ouvragée, foisonne de figures de style, déborde d’allitérations. Parfois au détriment du fond et d’une réelle cohésion au niveau du sens. On ne sait finalement pas vraiment ce que l’auteur a voulu nous dire.

«  J’ai personnellement nourri peu d’agressivité en réponse aux quolibets et préféré jouer de l’autodérision pour faire face aux doxas m’accusant d’une addiction à l’addition, d’un goût de l’ajout et du virus du toujours plus sans principe de précaution. Une répartie pince-sans-rire ou bien sentie fait habituellement passer l’indélicat à d’autre débat.  »

Michel Simonet – Un couple et sept couffins

Le point de vue très naïf et honnête que l’auteur emploie pour traiter toutes ses anecdotes le rend pourtant attachant. On s’attaché à la famille, on compatit avec l’auteur exerçant son métier dans le froid suisse, rêvassant des poèmes.

Certains adoreront ce style suranné et maladroitement poétique, d’autres en auront les dents qui grincent. Dans tous les cas la vraie force de l’oeuvre réside dans l’originalité des histoires de cet l’auteur-balayeur.

Auteur·rice

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