CINÉMA

« Highlander », OVNI kitch et fantastique

Highlander © 20th Century Fox
Highlander © 20th Century Fox

Dans le cadre de deux soirées « spatio-temporelles », Ciné + a diffusé Highlander, le film culte de Russell Mulcahy avec Christophe Lambert et Sean Connery. Un classique kitch et vieilli, mais qui reste incontestablement l’un des films fantastiques les plus emblématiques jamais arrivés jusqu’à l’écran. Retour sur un OVNI du cinéma.

Il est des films plein de défauts et de maladresses, qu’on prend pourtant toujours plaisir à revisiter. Highlander est de ceux-là. Sorti en 1986, le film de Russel Mulcahy se fait descendre par la critique américaine. Des séquences d’action à répétitions aux performances plus que discutables, ni la presse ni le public ne se montrent convaincus. Pourtant, en Europe, le succès est immédiat. Si le film n’est évidemment pas considéré comme un chef-d’œuvre cinématographique, il devient rapidement culte. Depuis, il a engendré pas moins de quatre suites, une série télé et plusieurs spin-offs. Si l’on est désormais habitué aux suites à répétitions et aux déclinaisons en tout genre, la chose est plutôt rare pour l’époque. C’est le début d’une longue vie pour ce film dont le cult following ne faiblit pas, plus de trente ans plus tard.

Connor MacLeod, l’immortel des Highlands

Highlander suit la très longue vie de Connor MacLeod. Dans le New York des années 80, il retrouve lors d’un combat de boxe un vieil ennemi, Fasil. S’ensuit un duel à coups d’épée, au cours duquel Connor décapite son ennemi. Mais quel lien unit ses deux hommes étranges ? Une série de flash-backs viendra révéler un secret vieux de plusieurs siècles. Connor est un immortel. Il traverse les âges, accomplissant son destin en se battant en duel avec les autres immortels de ce monde. Lorsque le meurtre de Fasil met Brenda, une experte en métallurgie (et donc en épées), sur la piste de Connor, l’étau se resserre autour de l’homme des Highlands.

Interprété par Christophe Lambert, Connor MacLeod évolue dans une succession de scène d’action toutes plus kitchs les unes que les autres. Entre la musique, faussement dramatique et les costumes d’époques à peine crédibles, le film prend tout de suite des allures de western spaghetti propulsé dans un monde fantastique en carton. Mais ce côté papier mâché poussé à l’extrême finit par devenir attachant, tant il s’impose sans concession. Highlander se retrouve projeté au rang des classiques mémorables dans tout ce qu’ils ont de joyeusement ridicule. Un film culte est né.

Highlander © 20th Century Fox

Une BO signée Queen

Pour créer un film culte, il faut comme une dose de magie, qui ancre le film dans son époque tout en le propulsant dans quelque chose de plus grand. Dans le cas d’Highlander, il s’agit bien évidemment de la BO, signé par le groupe Queen. En 1986, le groupe britannique connaît une baisse de popularité. Les ventes de leur dernier album sont décevantes et les tournées du groupe ne déclenchent plus la même hystérie qu’auparavant. Et pourtant… Queen s’apprête à revenir sur le devant de la scène. Pour la bande originale d’Highlander, le groupe imagine plusieurs chansons, d’un genre nouveau, entre pop et rock. Hammer to Fall, A Kind of Magic et Who Wants to Live Forever accompagnent les aventures de Connor MacLeod. Des mélodies devenues iconiques, qui accordent au film de Russell Mulcahy quelques instants de grâce.

Leur participation à Highlander marquera le grand retour de Queen à la tête des classements, avec la sortie de l’album A Kind of Magic quelques mois après la sortie du film. Il est composé des hits imaginés pour la BO, et de quelques autres titres qui n’avaient pas été retenus pour accompagner le film. Highlander capture quelques instants d’un groupe mythique, dont la légende traverse le temps, inspirant il y a encore quelques années le très joli Bohemian Rhapsody.

Tous les éléments étaient donc réunis pour faire de Highlander un film culte, malgré une ribambelle de défauts. On lui pardonne son côté kitch, car l’histoire de Connor MacLeod transcende ce simple film pour capturer une époque et, avec elle, toute une génération. Un remake est en développement chez Summit Entertainment depuis plus de 10 ans, avec l’annonce en 2020 de la participation d’Henry Cavill (Superman, The Man from U.N.C.L.E) au projet. Un film qui, à l’image de son personnage principal, pourrait bien être immortel.

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