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(Re)voir – « Charade » : Le jeu du chat et de la souris

Charade

Quel film plus caractéristique du cinéma américain des années 60 que Charade ? Une affaire policière en plein Paris, un duo iconique composé de Cary Grant et Audrey Hepburn et un butin très convoité. Cet incontournable est à revoir sur la plateforme de Ciné+.

Si le début de Charade de Stanley Donen fait penser à un énième film à suspense, très à la mode dans les années 60, il n’est rien de tout ça. Regina Lampert, jouée par Audrey Hepburn, rentre chez elle à Paris et découvre que son mari a été tué. Celle qui voulait le divorcer se rend compte qu’il menait une double vie avec différents passeports internationaux. Pire encore, il aurait volé de l’argent au gouvernement américain avec d’autres hommes qui sont maintenant à la recherche de leur part du butin.

Persuadés que Regina le détient et leur cache, ils vont la menacer pour qu’elle leur rende. Face à ces malfrats, Regina a un allié, Peter Joshua, incarné par Cary Grant. Un homme qui fait figure de sauveur par sa prestance et sa carrure mais qui semble lui aussi jouer un double jeu… Cette histoire semble très sérieuse mais en réalité le film est ponctué d’humour faisant de Charade une vraie comédie.

Des Américains à Paris

Le film joue sur de nombreux clichés notamment les préjugés des Américains sur les Français. Cary Grant et Audrey Hepburn vont dans un bar dansant où le serveur leur présente le « jeu de l’orange ». Chaque personne doit faire passer une orange à la personne se situant derrière lui.elle sans utiliser ses mains et en la gardant sous le menton. Les deux protagonistes se prêtent au jeu sur fond de rires exagérés et de musique grotesque. Regina l’explique à Peter, c’est comme ça en France.

Les Américains ne sont pas épargnés non plus. Les autres voleurs ont l’air d’hommes dangereux de prime abord mais tous ont une particularité comique. L’un d’eux a comme un crochet à une main, un autre est assez âgé petit avec des lunettes, rien à voir avec les bandits habituels que l’on voit sur grand écran. Idem pour ceux qui leur font face, les policiers. Le policier français en charge de l’affaire moustache épaisse et fort accent français en prime semble désespéré face à ces Américains qui ne comprennent rien.

Deux grands sur grand écran

Si sa carrière commence plus tôt que celle d’Audrey Hepburn, Cary Grant et elle sont en 1960 deux acteurs hollywoodiens incontournables. Après avoir joué avec Grace Kelly en 1955 dans La Main au collet d’Alfred Hitchcock, c’est au tour d’Audrey de former avec lui un duo sur grand écran. Les deux stars crèvent l’écran par leur charisme et leur alchimie exceptionnelle.

Moment de grande complicité entre Audrey Hepburn et Cary Grant par exemple lorsque Regina enferme Peter dans sa chambre et l’oblige à prendre sa douche dans sa salle de bain. Il y rentre tout habillé et se savonne en costume. Il simule alors une fausse pub pour un costume fait sur mesure pour prendre sa douche avec. Une scène qui tranche d’autant plus avec les rôles classiques de l’acteur, grand habitué des premiers rôles dans les films à suspense d’Hitchcock.

S’il s’agit bien d’une énigme à résoudre dans Charade – où se trouve le butin – le film est un jeu auquel se prennent les acteurs aussi bien les spectateurs qui se retrouvent pris dans l’aspect comique des scènes. La spontanéité du jeu et la réunion de deux grands acteurs rend ce film attachant et réconfortant. Un classique parmi les classiques qui tranche par son originalité.

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