Musique en bref

MUSIQUE EN BREF – Souvenirs d’Été

Musique En Bref
© Guillaume Lacoste

Toutes les deux semaines, les journalistes de Maze vous proposent un tour d’horizon des albums et EP qui ont fait l’actualité musicale.

Evergreen – Sign In (EP)

Evergreen devient duo et nous présente leur nouvelle pop synth groovy dans cet EP, Sign In. Après deux singles prometteurs, Guess What, aux vibes r’n”b astrales, et Lone Planet, à la pop plus classique, Michael et Fabienne dévoilent une musique azurée et légère remplie de grooves électrisants. C’est avec une pop qui traverse les frontières musicales, comme le morceau au riff oriental, Solid Ground, qu’Evergreen nous délivre leur nouvelle image musicale loin de la folk de leur début. Un EP qui consolide l’amitié déjà forte des deux musiciens et qui prouve le talent et le génie de ces artistes pour se renouveler sans faire de fausses notes.

Coups de cœur  : Guess What, Lone Planet, The Sadness.

Sortie le 15 octobre

Thomas Soulet

Benjamin Cotto – Bleu (EP)

Benjamin Cotto met de côté Lily Wood And The Prick pour jouer les crooners. Son premier EP Bleu nous emmène dans une cascade érotique de notes célestes, façon pop seventies. Porté par sa voix grave et sexy, Benjamin se la joue Gainsbourg ou Bashung, et tout le monde y succombe. Un EP entièrement écrit et composé par l’artiste, une ode aux femmes dont le musicien se confie et nous dit  : «  la plupart des femmes pour lesquelles j’ai écrit ces chansons ont les yeux bleus.  » Son premier single Le Grand Bleu s’accompagne d’un sublime court métrage qui ne peut que nous rappeler Delon dans La Piscine ou encore Plein Soleil de René Clément. Un EP olympien aux rythmes méditerranéens qui vous donnera chaud, très chaud.

Coups de cœur  : Marilou, Le Grand Bleu, Danse.

Sortie le 29 octobre

Thomas Soulet

Lana Del Rey – Blue Banister

Parce qu’un ne suffisait pas, Lana Del Rey est de retour avec un second album cette année intitulé Blue Banisters. Avec ce huitième album studio, la diva de la pop country américaine recycle ses bonnes recettes entêtantes qui nous rappellent l’univers à succès de Born To Die et d’Honeymoon, deux albums de l’âge d’or de cette artiste unique en son genre. Dans cet album sorti le 22 octobre dernier, Lana nous conte une nouvelle fois de profonds états d’âmes de relations qui lient une femme à un homme au bord d’une piscine californienne, sous le soleil tapant et pénétrant de L.A. Comme une ange qui a connu sa résurrection lors des quarantaines et dans la crise sanitaire, Lana Del Rey nous replonge dans cette mélancolie enivrante avec un touche d’authenticité, d’imperfections maitrisées avec des arrangements qui nous donnent cette impression de live, notamment dans les titres Black Bathing Suit et Living Legend. Embarqués pour soixante-et-une minutes de sons briseurs et fortifiants, l’auteure-interprète fait de nous, pour une énième fois, les témoins d’un amour ravageur, dont elle semble être à la fois l’oppresseuse et la victime. Puis, comme elle le dit si bien dans Wildflower Wildfire, « It’s strange, but it’s true, darling ».

Coups de cœur : Blue Banisters, Black Bathing Suit, Dealer, Wildflower Wildfire, Nectar of the Gods.

Sortie le 22 octobre

Stanley Torvic

Bryan’s Magic Tears – Vacuum Sealed

Ah le label Born Bad Records. Ses compilations de morceaux français kitsch des années 1980, ses rééditions d’albums de musique expérimentale d’ici ou d’ailleurs, La Femme et … Bryan’s Magic Tears. Proche des groupes de rock de Paris-petite couronne tels que Jessica93 ou le Villejuif Underground, le groupe sortait il y a trois ans 4 AM, un premier disque qui proposait un son plutôt grunge et saturé, tempéré par l’utilisation de pédales d’effet. Cette fois, Bryan’s Magic Tears propose un grand disque de rock, digne de la période shoegaze britannique des années 1990, notamment My Bloody Valentine ou encore Spiritualized, dont le spectre semble planer sur les accords de guitare du morceau Pictures of You. Dans un album d’une grande cohérence, Bryan’s Magic Tears propose aussi bien des morceaux musclés, au rythme lourd (Greetings from Space Boys, Sad Toys) que des morceaux plus pop et enjoués (Excuses, Isolation) ou lents et intimistes (Always). Des interludes stellaires viennent sceller l’univers de l’album (Orion’s Gate Arrival, Incipit). Non vraiment, tout y est, de la pochette jusqu’aux voix féminines et masculines, tantôt naturelles et insolentes, tantôt éthérées et réservées. Sur le site du groupe, l’album est décrit comme « l’un des classiques à guitares du début des années 20. Et on n’y peut rien. Leur talent est trop grand ». Nous acquiesçons.

Coups de coeur : Greetings from Space Boys, Orion’s Gate Arrival, Sad Toys.

Sortie le 15 octobre

Victor Costa

Black Marble – Fast Idol

Black Marble, projet musical de Chris Stewart créé à Brooklyn il a y a bientôt dix ans, revient avec un quatrième album, Fast Idol. Signé chez Sacred Bones pour la deuxième fois, l’artiste poursuit la mue du projet. Il propose toujours une musique basée sur une utilisation importante de synthétiseurs et de boîtes à rythme, mais avec une couleur beaucoup plus chaude, pop et contemplative. Il y a même quelque chose d’anglais sur cet album, dans le son, dans l’humeur. On peut cependant regretter une trop faible évolution de la musique par rapport aux œuvres précédentes du groupe.

Coups de coeur : Somewhere, Try.

Sortie le 22 octobre

Victor Costa

PinkPantheress – to hell with it

La jeune londonienne qui a bousculé TikTok débarque avec to hell with it, une mixtape drum’n’bass qui pose les bases d’une nouvelle ère. Sous son style Y2K et son site Internet grimé en MySpace, PinkPantheress cultive une image nostalgique sans jamais en devenir une caricature. En se référant à l’électro londonienne de la fin des années 90s, l’artiste nous propose des morceaux courts et très rythmés qui s’écoutent en boucle. Le single phare de l’EP, Just for me, dure moins de deux minutes et se répète : là où il devrait ennuyer, il captive. Les courtes pistes s’enchaînent, s’écoutent sans problème, mais l’on ne peut que se demander : où nous emmène-t-elle ? Les quatre dernières pistes répondent à toutes nos interrogations. Lorsque la structure musicale commence à devenir redondante, la jeune londonienne ralentit la cadence (Nineteen, Reason) et présente ses failles au public : «  I wrote this letter to remind myself the reasons I’m alive ». Cette honnêteté tranchante s’avère émouvante et c’est de là qu’elle tire son épingle du jeu.

Coups de coeur : Reason, Nineteen, Passion.

Sortie le 15 octobre

Robin Schmidt

Degage – Degage (EP)

Pour son premier EP, le groupe tient sa promesse et nous délivre un projet qui rappelle l’été. Résultat ? Un brin de soleil nécessaire avant l’hiver ! Cette psych-pop fiévreuse nous propose une escapade qu’on accepte volontiers. Dès l’introduction, la piste L’instant donne le la. Une voix désabusée, un rythme aérien, tout évoque une fraiche brise sur une plage d’été. On enchaîne ensuite avec Château blanc, un morceau plus optimiste où les échos de la voix du chanteur nous transportent jusqu’à ce que les instruments surviennent au premier plan et nous ramènent à la réalité. Le disque se clôt sur Je glisse, morceau brumeux offrant un moment plus qu’onirique, où les harmonies se mêlent agréablement aux effets vocaux. C’est un premier projet intéressant, qui sera sûrement encore plus agréable si l’on en profite au bord de l’eau !

Coups de coeur : L’instant, Château blanc, Vague.

Sortie le 15 octobre

Robin Schmidt

Auteur·rice

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