ARTThéâtre

Au Théâtre national de Chaillot, « Planet [wanderer] » laisse la danse sur le carreau

Planet [wanderer]
Planet [wanderer] de Damien Jalet et Kohei Nawa, Théâtre national de Chaillot © Rahi Rezvani

Planet [wanderer], la dernière production du chorégraphe franco-belge Damien Jalet et du japonais Kohei Nawa, prend la direction de la performance scénique, au point de laisser la danse sur le carreau. 

À peine est-on installé sur sa chaise dans la grande salle du théâtre national de Chaillot que l’on est happé par la beauté du décor de Planet [wanderer]. Dans une lumière blafarde, où l’on peine encore à distinguer le corps des danseurs dans la pénombre, scintille un sol composé de paillettes. 

Les huit interprètes qui assurent la représentation se dessinent au gré des jeux de lumière. Le décor évoque, à dessein, une planète lointaine. On ne distingue d’abord que certaines parties de leur corps  : un buste, un bras, une paire de jambe. Avant de réaliser qu’eux-mêmes sont des organismes reliés à cette planète étrange qui se forme sous notre regard. Tous ont le buste nu. La même matière grise et scintillante qui compose le sol recouvre le bas de leur corps. Ils s’animent dans un rythme très lent, gigotent lentement, leurs pieds s’enfoncent dans des trous de liquide disposés sur scènes.

À en oublier la danse

Coincés dans ce qui ressemble à un piège, une flaque qui les emprisonne, ils s’agitent. Ils apparaissent comme des ombres tentant de prendre leur autonomie sur le monde. Si l’on est d’abord enthousiaste à l’idée de pénétrer cet univers étrange, on est vite déçu. Cette chorégraphie un brin répétitive s’éternise  : les danseurs continuent à s’agiter frénétiquement, les pieds plantés dans le sol, la danse s’est éclipsée du spectacle. 

Les intentions de Damien Jalet et de Kohei Nawa paraissent intéressantes. Avec Planet [wanderer], ils essaient de représenter autant de planètes que de mondes. Le discours sur l’errance, la difficulté à être entre le passé et l’avenir qui peine à émerger, font l’atmosphère de la salle. Mais voilà, le décor et l’intention, trop grandiloquents, ne permettent pas aux interprètes d’exister sur scène. Bientôt, le plafond du décor se met à cracher un autre liquide épais, blanc, étrange. Et à recouvrir des danseurs qui n’auront pas beaucoup existé dans ce spectacle d’une heure. Qui relève plus de la performance d’art contemporain que de la danse.

Planet [wanderer] de Damien Jalet et Kohei Nawa était au Théâtre National de la danse de Chaillot entre le 15 et le 30 septembre. Retrouvez l’évènement à : Rouen, Opéra de Rouen, le 13 octobre 2021 / Cannes, Palais des Festivals et des Congrès 11 décembre 2021 / Rennes, Théâtre National de Bretagne 12 au 15 janvier 2022.

Auteur·rice

Journaliste

Vous pourriez aussi aimer

More in ART