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The Big Idea, la relève du rock

The Big Idea - © Juliette Boulegon
The Big Idea - © Juliette Boulegon

Le groupe, basé à La Rochelle et déjà à l’origine de trois albums-concepts, traversera bientôt l’Atlantique pour enregistrer le suivant. Rencontre. 

Printemps de Bourges, 24 juin. La tente de la scène WiNOUÏS tremble au son de The Big Idea. Le groupe de rock, composé de six membres, joue des morceaux extraits de leurs derniers albums. Car en quelques années, les Rochelais productifs ont d’ores et déjà sorti pas moins de trois albums-concepts. Le quatrième, prévu pour 2022 mais déjà bien avancé, sera enregistré lors d’une traversée de l’Atlantique. Mais qui se cache derrière cette formation ? 

Remontons six ans avant, à La Rochelle. Sasha, Louis, Pierre, Sinclair, Victor et Matéo sortent alors du lycée. Passionnés par la musique depuis plusieurs années déjà, les six compères ont une révélation : réunir leurs différents groupes pour n’en former plus qu’un. The Big Idea est né, pour le plus grand bonheur de nos oreilles. Le déclic arrive plus précisément lors du concert de Brian Jonestown Massacre, en 2015 à la Sirène. Louis, à la basse, clavier et chant, se rappelle : « C’était un peu notre découverte de l’indé, en tout cas de ce que ça pouvait être. On s’est dit que c’était possible de faire un groupe, de faire de la musique, et qu’il n’y avait pas que les rock stars et les autres. »

Des albums-concepts 

Leur premier album, La passion du crime, sort en 2017 et annonce déjà la couleur : 1h54 de pur rock. Les titres, aux noms de chiffres romains, constituent en réalité la BO d’un polar érotique inventé par le groupe. Daytona !, sorti un an plus tard, est pensé comme un roman (chaque morceau est dédié à un personnage fictif) et un jeu de société. Pierre, le batteur, détaille : « C’est un album speed, qui tabasse un peu. On a eu l’idée d’une course, où chaque chanson est un personnage qui y participe. Avec le jeu de l’oie comme trame, le premier qui arrive. Et ceux qui ont le vinyle peuvent d’ailleurs y jouer !  » Plus globalement, chaque album se dévoile comme un véritable objet. « Ce ne sont pas juste des pistes qu’on met les unes à la suite des autres, on aime bien avoir des concepts, un fil rouge  », rajoute Pierre. 

Le groupe, particulièrement soudé, prend chaque décision en démocratie et en auto-gestion. « Il faut que tout le monde soit d’accord et comprenne quand on prend une décision », explique Sasha, à la guitare, à la basse et au chant. Pour chaque décision importante, un vote a lieu en cas de désaccord. Une situation néanmoins rare. « Je trouve qu’on est vraiment un groupe au sens propre du terme, on fonctionne vraiment tous ensemble pour la plupart des décisions », explique Louis. 

Si l’idée d’une formation à six peut en interloquer certains, qu’ils soient rassurés : cela fonctionne très bien. Sasha résume la situation en riant : « On se marre tout le temps, la musique est encore plus fournie et plus intéressante, les débats sont top, par contre on arrive pas à se faire payer.  » Tous sont d’accord pour reconnaître les avantages : les goûts et apports différents de chacun, une variété d’instruments et de possibilités… Sans oublier l’aventure. 

Direction l’Atlantique

L’aventure, le groupe va l’appréhender pleinement au mois d’octobre prochain. En effet, ils traverseront l’Atlantique pour l’enregistrement de leur quatrième album. Une idée survenue durant le confinement.« Pendant le confinement on a fini un album, on l’a enregistré mais on ne pouvait pas le sortir rapidement et le défendre, explique Sasha. Du coup on a préféré ne pas le sortir du tout, on s’est demandé ce qu’on allait faire de ce temps, et on a pensé à ça. » Sans oublier l’aspect symbolique de l’Atlantique cité par Louis pour ce groupe venu du sud-ouest. 

Durant trois mois, les Rochelais navigueront donc jusqu’aux Antilles, afin de peaufiner leur nouvel opus. Une création qui reprendra les personnages du second album, sous forme de conte. Sur le bateau, le défi sera double : enregistrer les bruits de la mer mais aussi enregistrer en acoustique sans eux. « On part un peu dans l’inconnu, explique Sasha. On ne sait pas trop le bordel que c’est, on ne sait pas si ça va être super facile ou si rien ne va être exploitable. Mais ça va nous inspirer dans tous les cas. » A l’issue du voyage, les aventuriers pourront revivre l’aventure grâce à un documentaire. « Il durera peut-être 52 minutes, peut-être trois fois plus  », s’amuse Sinclair. On a hâte. 

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