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MARDI SÉRIE – « Special » : De l’importance d’être soi-même

© Netflix

Deux fois par mois, la rédaction se consacre au petit écran et revient sur une série pour la partager avec vous. Toutes époques et toutes nationalités confondues, ce format vous permettra de retrouver vos séries fétiches… ou bien de découvrir des pépites. Aujourd’hui, place à la comédie dramatique Special, disponible sur Netflix.

Écrite et interprétée par Ryan O’Connell, Special narre les (més)aventures de Ryan Hayes, un blogueur homosexuel de 28 ans atteint d’une légère paralysie cérébrale, un handicap qui limite principalement sa mobilité. Cette dramédie est en partie autobiographique puisqu’elle est inspirée de la vie de Ryan O’Connell et de son livre I’m Special : And Other Lies We Tell Ourselves, paru en 2015.

C’est la première fois que Ryan O’Connell passe devant la caméra après avoir travaillé sur différentes autres séries en tant que scénariste (Awkward, Will & Grace). Côté production, nous pouvons retrouver un grand nom du petit écran, Jim Parsons, l’interprète de Sheldon Cooper dans The Big Bang Theory. Sortie en 2019, la première saison est rapidement apparue comme une véritable pépite du petit écran. Drôle et piquante, Special s’est achevée en mai avec une seconde et dernière saison.

Entre drame et comédie

Fraîche et désopilante, cette première salve d’épisodes aborde en douceur des thématiques pourtant bien sérieuses et qui peuvent amener à réfléchir. La présentation de l’handicap de Ryan expose avec honnêteté les difficultés qu’il rencontre au quotidien sans pour autant en faire un élément dramatique de premier plan. Son handicap représente une toile de fond au récit davantage focalisé sur la vie professionnelle et amoureuse de Ryan.

La première saison, composée de huit épisodes d’une quinzaine de minutes, suivait Ryan dans son parcours vers l’indépendance. Adieu la maison familiale, Ryan souhaite désormais voler de ses propres ailes. Ce dernier s’éloigne peu à peu de sa mère (Jessica Hecht alias Susan dans Friends) avec qui il entretenait une relation fusionnelle. Ryan perd sa virginité, se fait des amis et écrit désormais sur son handicap pour le blog branché pour lequel il travaille. La série se poursuit avec une seconde saison qui s’inscrit, elle aussi, dans un registre dramédique assumé et parfaitement maîtrisé.

© Netflix

Honnête et inclusive

Ryan est ainsi présenté comme un individu lambda possédant qualités et défauts, ce que la série ne manque pas de rappeler avec justesse. Tantôt attachant, tantôt détestable au possible et cela principalement lors d’échanges avec sa mère, personnage particulièrement émouvant. Bien que différent, Ryan n’en reste pas moins humain. Sa progression sur le chemin sinueux de l’amour et de l’acceptation de soi fera écho chez plus d’un téléspectateur.

Ainsi, l’œuvre de Ryan O’Connell, militant pour les droits LGBTQ+ et la visibilité des personnes en situation de handicap, fait preuve d’audace et d’une grande honnêteté aisément ressentie dans l’écriture de la série. Special parvient à s’éloigner des clichés et stéréotypes (notamment ceux sur les hommes gays) et relève le défi de la diversité.

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Le format des épisodes, très courts, fait de Special une série à regarder d’une traite. Néanmoins, ce format, parfois expéditif, peut être regretté tant il laisse le téléspectateur sur sa faim. Le propos de Special, particulièrement inclusif et rafraîchissant, manque parfois de profondeur et aurait mérité un peu plus de relief. Le développement narratif limité est cependant assez rapidement balayé par l’optimisme général du récit.

Avec Special, Ryan O’Connell semble nous donner la permission de rire de ses maladresses mais aussi de s’émouvoir avec lui de ses peines. Ces deux émotions arrivant souvent de manière simultanée font ainsi de Special le parfait mélange entre comédie et drame.

La série Special est disponible en intégralité sur Netflix.

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