CINÉMAFestival de Cannes

CANNES 2021 – « Women do cry » : Combattre l’hostilité

Women do cry MK2 FILMS
© Ici et Là Productions

SÉLECTION OFFICIELLE – UN CERTAIN REGARD – Co-réalisé par les deux cinéastes bulgares Mina Mileva et Vesela Kazakova, Women do cry s’inspire et met en scène l’histoire familiale de cette seconde.  Quand la place des femmes dans la société bulgare contemporaine s’écrit en famille, les tableaux se rejoignent.

Menacé de mort pour ses documentaires poignants dans son pays d’origine, le duo de réalisatrices a réalisé son premier long métrage sur la question de l’immigration A cat in the wall en 2019. Avec Women do cry, Mina et Vesela veulent dénoncer ce «  tournant que prend la vie dans le postcommunisme bulgare tout en mettant l’accent sur la place de la femme dans la société  », expliquent-elles récemment à Arte.

Lorsque Sonja -la cadette, apprend être séropositive, son monde s’écroule. Toute la cruauté de la vie, celle des hommes et de leur vision de la femme, lui tombe dessus. La mort lui semble proche et inéluctable. C’est l’histoire de cette nouvelle qui déclenche le déferlement de traumatismes familiaux accumulés à travers les générations. Une fracture familiale basée sur une relation de non-dits.  

Trois sœurs et deux filles. Cinq tableaux d’injonctions et de reproches faits aux femmes, se rejoignent finalement sous le spectre de la famille. Là où la première est née dans le mauvais corps, la seconde est mère au foyer malgré ses diplômes, dépressive et isolée par l’entière responsabilité de son nourrisson. La dernière, mère de deux filles et sans profession, trouve dans l’astrologie son réconfort. Les deux cadettes grandissent alors esseulées, dépendantes l’une de l’autre émotionnellement et pourtant très conflictuelles.

Érigeant des parallèles entre les histoires, les doutes et les volontés de chacune, cette narration est une ode à la sororité. En effet, le seul personnage masculin est au centre des névroses  : grand-père des plus jeunes, il est l’unique parent des ainées. Le démaillage des nœuds devient une nécessité au service de la condition familiale et féminine.

Une profusion de tableaux

Bien que la volonté profonde de dénoncer des tendances effrayantes ne confère aucun doute, l’amoncellement de bagages traumatiques semble peu vraisemblable. La narration prend une tendance documentaire, que l’on retrouve parfois dans le jeu d’acteurs. Là où certaines scènes (de délire) sont d’une grande justesse à l’écran, d’autres peinent à convaincre.

La caméra suit le quotidien douloureux de ces cinq protagonistes liées par le sang, abordant ainsi profusion de torts et d’abus faits à la gent féminine. Injonction vers la vie de couple, schéma rébarbatif de la famille exclusivement hétérosexuelle, validation sociale à travers l’emploi … Chacune incarne finalement un pan de l’inégalité, de l’injustice et de la violence à laquelle elles n’ont le choix que de se soumettre.

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