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CANNES 2021 – « Mothering Sunday » : L’ ennui à l’état pur

© CHANNEL FOUR TELEVISION CORPORATION, THE BRITISH FILM INSTITUTE AND NUMBER 9 FILMS SUNDAY LIMITED 2021

SÉLECTION OFFICIELLE – CANNES PREMIÈRES – Après son dernier long-métrage, Les Filles du soleil, la réalisatrice française Eva Husson revient avec un tout nouveau film. Mothering Sunday est l’adaptation du roman de Graham Swift et est présenté sous un nouveau label « Cannes Premières » au Festival de Cannes 2021.

L’histoire porte sur le personnage de Jane Fairchild, bonne de la famille des Niven. Jane est une orpheline rêveuse qui fréquente Paul, son amant. Ce dernier est fiancé à Emma Hobnay mais ne semble pas porter d’intérêt à cette union.

Une histoire vide malgré un casting prometteur

Si l’on peut saluer la beauté de certains plans et la bande-son collant parfaitement à l’époque durant laquelle l’histoire se passe, Mothering Sunday reste un film plat sans but certain et devant lequel l’ennui subsiste.

Après Les Flles du soleil, Eva Husson peine à réaliser un film qui tient la route malgré un casting XXL s’accompagnant d’Olivia Coleman, de Colin Firth ou encore de Josh O’connor, révélé notamment dans la série The Crown. L’ensemble des personnages semble presque superflu. Effectivement, le personnage de Jane Fairchild, interpreté par Odessa Young, domine principalement l’écran. Donc, ce casting, si intéressant à première vue, déçoit aussitôt le spectateur.

Et, si l’ambiance semblait présager un mystère dès le début du film, avec notamment une scène d’ouverture au discours mystérieux… On comprend que c’est raté, finalement, il ne se passera rien. On peine à trouver le but du film et ce que souhaite réellement montrer la réalisatrice. Il n’y a pas d’histoire concrète, on passe deux heures à tourner en rond. Les scènes inutiles se multiplient ; comme celle où le personnage principal déambule nue dans les pièces de la maison. Scène qui n’alimente pas le contenu du film.

Un scénario pas assez approfondi

Il est aussi difficile de comprendre à certains moments sur quelle période on se situe, la timeline reste confuse. Nous sommes d’une part dans le présent et de l’autre dans le futur. La frontière est floue et l’on passe de l’un à l’autre sans transition et sans lien réel entre les scènes. Finalement, on passe plus de deux heures à essayer de comprendre sa motivation principale, celle d’écrire un livre.

Certains sujets auraient mérité une plus forte présence au sein du film. Les Niven, après la perte de leur fils, auraient pu occuper une place centrale au sein du long-métrage. Le sujet du deuil aurait mérité un travail plus profond. Eva Husson décide de centrer son histoire seulement sur deux personnages et fait perdre le fil au spectateur en se concentrant sur des scènes peut être trop abstraites et en conclusion, inutiles.

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