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Track by Track avec Hoorsees

Hoorsees par Clorentin Concert
Hoorsees par Clorentin Concert

Près de quatre mois après la sortie du premier album d’Hoorsees, retour sur ce dernier avec le groupe dans une interview track by track pour le moins développée. On y parle skate, cousins, Alex G, PNL, clips et jazz : « hard rock  ».

Comment ça va en ce moment avec le concert à la Boule Noire le 19 juin qui est presque complet ?

Thomas (Guitare) : C’est complet ?

Zoé (Basse / Voix) : La première séance oui, et on a hâte de pouvoir rejouer devant des gens même assis ce sera bien !

Nicolas (Batterie) : Oui à mon avis ils vont se lever de leur chaise et taper dans les mains un peu quand même

Thomas : Oui et faire la Macarena aussi…

Alex (Guitare / Voix) : Oui peut-être une chorégraphie assis on va y réfléchir.

Zoé : On sera avec nos potes de Th Da Freak, ça fait longtemps qu’on a pas joué avec eux donc on est contents.

Nicolas : On espère qu’ils vont pas nous mettre la branlée.

Alex : On fait ça pour l’amour du sport, c’est deux ligues qui se rencontrent.

Comment avez-vous conçu et pensé votre live pour cette reprise ?

Alex : En fait c’est des chansons qu’on jouait déjà, on a acté le set autour de ça, en se disant que ça ferait plus taper dans les mains. Après il y a d’autres chansons que l’on se retient de jouer, parce que le temps que l’album d’après sorte, on sera déjà lassés, donc on préfère les garder pour plus tard.

Zoé : Mais normalement il y aura une exclu !

Alex : Oui on en met quelques unes des fois ! Et puis des anciennes, un Best-Of donc.

Comment vous travaillez le projet en groupe ? Même si c’est Alex qui compose et écrit tout à la base.

Nicolas : En vrai c’est assez simple : Alex compose tout, il envoie les demos, après on les répète, on les arrange si besoin, on les joue en concert : et ça fait un carton !

Alex : En vrai c’est quand même personnalisé c’est pas juste un envoi de pistes. Et tout le monde apporte sa pierre à l’édifice. Parce que malheureusement, quand on fait de la musique, on a beaucoup de choses à faire qui n’ont rien à voir avec le fait de faire de la musique, c’est à dire tout ce qui est assez administratif, démarcher, parler aux gens etc. C’est pas mon point fort donc on est tous complémentaires.

Zoé : Par rapport aux morceaux on te dit quand même si on les aime bien ou pas.

Thomas : Si on aime bien les jouer.

Est-ce que vous vous verriez créer et composer tous ensemble un jour ? Ça vous intéresse ?

Nicolas : En théorie ça nous intéresse tous…

Alex : Et vous avez déjà d’autres projets à côté.

Nicolas : Pour ma part je suis un piètre compositeur.

Thomas : Et c’est souvent difficile de composer collectivement, enfin moi j’ai plutôt du mal perso. Moi du point de vue compositeur, ça me parait plus logique que quelqu’un amène quelque chose comme Alex le fait. Composer ensemble à quatre c’est trop compliqué, déjà moi quand je suis en binôme avec quelqu’un ça peut-être un peu fastidieux… Peut-être dans quinze ans qui sait. 

Vous serez où dans quinze ans ?

Zoé : Intermittents ! (rires)

Alex : On serrera la paluche du guitariste d’Indochine.. J’espère. En soi j’espère pas être ici. [dans le 14ème]


Track 1 : OVERDRY – «  Des étoiles dans les yeux  »

Alex : C’est la première chanson du disque. Le disque a été conçu en sachant que cette chanson serait la première et c’est la plus facile en termes de composition, tout est venu très vite. Au début je la trouvais pas très bien et une fois jouée en groupe j’ai trouvé ça rigolo. 

Zoé : Moi c’est un morceau que j’appréhende beaucoup en live, car c’est un morceau sur lequel j’ai beaucoup de mal à chanter les choeurs, comme ce sont des sons très aigus. Donc j’essaye de me concentrer pour ne pas chanter trop faux.

Thomas : À la guitare moi j’aime bien car le morceau se fait un peu en mode pilote automatique. Toutes les parties musicales sont très complémentaires donc c’est assez plaisant à jouer. Il y a beaucoup de liant, 

Nicolas : C’est un morceau qui se prête très bien aux enchaînements aussi, c’est rapide. Moi à la batterie je peux faire vraiment durer le truc. 

Alex : Voilà et Overdry ca ne veut rien dire aussi ! Je savais pas si ça voulait dire quelques chose et dans le doute je me suis dit c’est pas très grave. J’étais vraiment persuadé que ça voulait dire quelque chose, et j’en ai parlé avec des américains et ils avaient l’air de trouver ça sympa. Je pensais à un rapport avec la laverie à la base. 

Nicolas : C’est pas mal qu’il n’y ait pas de traduction aussi.

Thomas : Chacun l’interprètera à son bon vouloir.

Alex : C’est une piste qui a été utilisée dans une vidéo de skate ça nous a fait très plaisir. 

Zoé : Pour la marque Santa Cruz avec Trasher !

Alex : On a pas eu de royalties mais bon.

Thomas : J’ai trouvé les skateurs extraordinaires

Alex : Voilà, au moins ça a fait plaisir à Thomas 

Thomas : Ca ramène à la période où j’ai essayé de me remettre au skate… Bon, sans grand succès… mais ça met des étoiles dans les yeux en tout cas ! (rires)


Track 2 : PITFALL – « Carte de visite »

Alex : Je crois que c’est le premier morceau que j’ai écrit pour le groupe et il était sorti en demo en 2017, il est toujours sur internet comme ça. On avait enregistré le disque, et à la fin je me suis dit comme c’est un morceau qu’on joue toujours en live et qui est un des premiers morceaux qu’on a joué tous ensemble, c’était bien de l’avoir sur un premier album. Car la demo je l’avais faite chez moi, et je voulais l’enregistrer en groupe pour qu’on voit ce qu’il se passe en vrai. Je trouvais que c’était un morceau un peu « carte de visite » de ce qu’on faisait. 

Zoé : Surtout que les gens quand on avait sorti le premier EP [Major League Of Pain], on avait eu des retours comme quoi ils étaient étonnés que Pitfall soit pas dessus, alors qu’on avait sorti un clip. Alors oui on l’a enregistré en version plus propre…

Alex : Oui une version produite, et avec des paroles légèrement modifiées et actualisées : «  2020  ».

Thomas : C’est même carrément la version qu’on joue en live band, contrairement à celle d’Alex…

Alex : Qui est cata…

Thomas : je la trouve pas cata moi je la trouve très emblématique, très réussie cette demo. Je trouve que c’est juste une version différente du coup.

Nicolas : Et qui avait été chronique à l’époque par Gonzaï comme étant le pire clip de l’histoire…

Thomas : J’en parlais justement avec mon cousin qui adore la version demo de Pitfall et on a bien deux tonalités différentes, deux couleurs.

Alex : Je me suis dit qu’il y avait des gens qui connaissaient peut-être pas avant ,qui connaitraient le groupe en écoutant, et du coup qui découvriraient cette chanson sur un premier disque… Les paroles ne veulent pas dire grand chose non plus.

Zoé : Et c’est un morceau qui marche bien en live aussi ! Y a même des gens qui ont slammé sur Pitfall un jour à Bordeaux, on sait pas trop pourquoi mais c’était cool.

Alex : Voilà good vibe.

Thomas : Il est intense !


Track 3 : FUCKHEAD – « Hard-Rock »

Alex : Le seul qui n’est pas dans le set, il est plus grunge que les autres.

Zoé : On l’a joué pendant longtemps en live.

Alex : Je sais pas trop quoi dire dessus, juste j’aime beaucoup la fin. Il a une outro assez bizarre dessus, qui était à la base encore plus bizarre avec des bruits d’aliens, mais bon on les a enlevés. Il y a beaucoup de la compo qui est inspiré d’Alex G dans ce titre, même si ça s’entend peut-être pas, mais la demo qui était acoustique, y ressemblait beaucoup. En tout cas il y a un accordage de guitare particulier qui est comme le sien.

Zoé : Moi c’est un morceau que j’aime beaucoup.

Alex : C’est pas le morceau préféré de Thomas, il l’aime pas.

Thomas : Le truc c’est que de base c’était pas celui que je portais spécialement dans mon cœur, mais à force de le jouer je l’apprécie de plus en plus, et dernièrement je le trouve vraiment bien !

Nicolas : Moi je l’aime bien aussi mais c’est toujours celui qui me provoque un énorme acouphène en concert.

Thomas : Il est difficile à caser dans le set.

Alex : Elle dénote pas mal, je sais pas si c’était un erreur de mettre ce morceau ou pas. T’as pas envie d’écouter neuf fois la même chanson dans un disque mais en même temps pour un premier album c’est important de sentir une identité extrêmement similaire partout, je trouve.

Zoé : Je trouve pas qu’elle corresponde pas à l’identité des autres morceaux.

Alex : L’avenir nous le dira… Je change pas mal d’avis au fil du temps en fonction des morceaux.

Nicolas : En tout cas c’est l’une des plus vener de l’album.

Alex : Oui c’est ça : hard rock.


Track 4 : GET TIRED – «  Deux notes »

Alex : Moi j’ai à dire ! Ca a été le morceau le plus compliqué alors qu’il est extrêmement simple. Il n’y a que deux accords dedans, deux notes, qui sont en plus, les plus faciles à jouer à la guitare. Mais j’ai eu un mal fou à finir ce morceau, pendant un mois j’ai du faire au moins dix versions avant de trouver un truc qui me satisfasse, et c’est ma compagne qui me disait «  ah mais faut le finir faut le finir  ! », elle m’a forcé à le finir, et une fois fini je l’ai trouvé sympathoche. Voilà, des paroles pas très enjouées. Y a pas de refrain, c’est un peu freestyle. Les guitares se répondent. 

Thomas : Je dirai un morceau typique Hoorsees. C’est un morceau un peu héritage de l’EP mais avec  le live band quoi.

Alex : Ça fait longtemps qu’on l’a mais on voulait pas le sortir trop vite.

Zoé : On l’avait enregistré en session live longtemps avant et du coup c’est un morceaux que «  les fans  » attendaient.

Alex : Et il y a une bass cover de la ligne de ce morceau sur YouTube faite par un Turc. Alors que c’est la ligne de basse la plus simple du monde… Je sais vraiment pas pourquoi il fait ça, mais pendant trois minutes il fait les deux notes, il y a vraiment rien de bien compliqué, même si tu es manchot tu peux jouer ce morceau. Il suffit de gratter la première et la troisième corde en boucle sur ta basse : ça marche et c’est ce qu’il fait. Et aussi il a un t-shirt Batman hyper moulant, cette vidéo est hyper bizarre… Mais merci à lui ! (rires)

Nicolas : Peut-être qu’on devrait lancer une chaine YouTube expliquant tous les morceaux et comment les jouer.

Thomas : Masterclass !

Alex : Ce serait un gros life goal d’avoir ta tablature sur Ultimate Guitar.

Thomas : Ou en interview on va chez Guitar Part Magazine et on fait une video double guitare, guitare bass avec trois mesures décortiquées dans un morceau. Un peu un rêve, si vous m’entendez les rédacteurs de Guitar Part : je vous lis depuis que je suis tout jeune, c’est un honneur

Alex : Ça c’est boomer.

Thomas : Ça fait plaisir en tout cas 

Alex : Voilà : bass cover !


Track 5 : VIDEOGAMES – «  Manhattan-Kaboul  »

Nicolas : L’un des morceaux les plus calmes de l’album qui se prête très bien à des versions acoustiques.

Alex : C’est volontairement simplissime mais pareil c’est encore un morceau qui m’est venu en écoutant Alex G. Non pas que ce soit à la hauteur d’Alex G, c’est bien loin d’être aussi bien, mais dans le mood c’était ce genre de choses où je dis des phrases en boucle d’une certaine manière, répétées comme une comptine. J’ai eu l’idée de faire un morceau de ce type là, très acoustique à la base et finalement un petit peu plus band. C’est là où l’on s’est rendus compte que l’on aimerait bien qu’il y ait deux chanteurs car c’est Zoé qui chante quasiment que en lead sur ce morceau en vrai.

Zoé : Ca reste des choeurs quand même.

Alex : Oui, on avait un peu peur de l’effet Manhattan-Kaboul, un peu duo mais je crois pas que ça donne cela donc c’est cool ! C’est le morceau briquet.

Nicolas : … Inspiré par ton incapacité chronique à jouer aux jeux vidéos.

Alex : Exactement, je n’y arrive pas du tout…

Zoé : C’est le deuxième morceau sorti en promo avant l’album, on avait absolument aucune idée de clip, et donc on s’est retrouvé un aprem avec Alex. Il avait acheté une chicha pour le clip car il voulait donner une ambiance un peu rap, chose qu’on a complètement loupé… On a même pas réussi à allumer la chicha correctement donc on a du regarder un tuto sur YouTube. 


Track 6 : INSTANT TEA – « Chanson de love »

Zoé : C’est une chanson d’amour.

Alex : Un peu… Un peu beaucoup. Très casse gueule en concert car très longue intro un peu en mode «  on sait pas si on va s’endormir ou pas  », j’espère qu’on s’endort pas trop. J’ai écouté beaucoup le groupe Weed, un groupe de Vancouver, j’aimais bien leur manière de crier par moment donc j’ai essayé de faire pareil…bon… c’est pas une spécialité… On crie quoi, mais oui chanson de love un peu.

Zoé : C’est une chanson qui change pas mal en termes de rythmiques et d’intensité.

Alex : C’est important qu’il y ait sur l’album une piste ou il y ait un peu plus d’air pour faire repartir les choses. Si tout le monde joue tout le temps dans un disque c’est un peu chiant. Et en même temps, je sentais pas de faire une piste entièrement acoustique, souvent les gens la passent, enfin j’ai l’impression, enfin c’est mon cas en tout cas.

Zoé : Je pense pas car les gens ils disent en général que c’est un de leurs morceaux préférés 

Alex : Non mais je parlais que de l’acoustique, donc le début moyen, ça aurait du être un clip mais je sais pas pourquoi on ne l’a pas fait.

Zoé : Parce que à chaque fois on trouvait un meilleur morceau à utiliser, enfin pas meilleur mais bon…

Thomas : On aurait du prendre des rushs de Liam Gallagher et le mettre en boucle !


Après le clip de Hurts vous avez prévu de ressortir d’autres clips pour cet album ? 

Zoé : Non c’était plus pour relancer l’album et annoncer le représsage pour le dernier mais non je pense que le prochain clip ce sera pour un nouveau morceau.

Alex : D’ici la fin de l’année peut-être.

Nicolas : c’est vrai que c’est quand même un gros boulot de tourner des clips avec peu de moyens, ça implique beaucoup de gens à chaque fois, c’est pas mal d’organisation, là cette année on en a fait pas mal.

Alex : Au fil du temps c’est quand même plus facile car il y a des gens qui acceptent de travailler avec nous, ce qui n’était pas le cas avant. On se fait aider par une structure de gens qui savent ce qu’ils font, ce qui n’est pas notre cas non plus, donc ça ressemble de plus en plus à quelque chose quand on essaye de faire un clip. Ce sera mieux après… Mais en même temps c’est un peu regrettable de devoir se soustraire au clip tout le temps… parce que bon… C’est très dispensable en vérité, c’est plus un jeu qu’il faut jouer. T’y passes des journées pour au final avoir 1000 vues sur YouTube, je me demande à quoi ça sert tout ça… C’est presque un truc dont il faut se débarrasser. (rires)

Zoé : Oui mais c’est un truc de promo aussi.

Alex : C’est une manière codée en fait, que tu comprends pas au début, mais il faut un clip pour qu’ensuite les RP fasse la promo, pour relayer, etc. Mais après t’as une spirale où tout le monde propose un peu le même produit tout le temps, c’est un peu chiant… Enfin à mon avis il y aurait autre chose à faire qu’un clip quoi… Un spectacle de mimes peut-être…

[Retour Instant Tea – Question de jeu de mots]

Zoé : Autre chose à dire sur Instant Tea ? Ça veut dire thé instantané et c’est pas un jeu de mots.

Alex : Tu travailles chez Maze maintenant ? Mais si il y a un jeu de mots !

Zoé : Ah bon mais à las base tu m’as dit que non ?

Alex : À la base no,n mais je me suis rendu compte qu’il y en avait un, c’était pas volontaire parce que c’est super craignos… Enfin Instant T, appeler sa chanson Instant T c’est horrible. (rires)

Zoé : Oui c’est très Trois Cafés Gourmands…

Alex : Il parait qu’ils sont fachos en plus… Mais oui il y a un jeu de mots, mais après ça ne veut rien dire car dans un album que j’aime beaucoup, qui est le premier album des Bryan’s Magic Tears, je me suis rendu compte que tous les titres étaient des jeux de mots. Je me suis dit si ça m’a pas choqué là, il n’y a pas de raison que ça choque beaucoup de monde dans notre cas, les gens vont s’en remettre.


Track 7 : MAJOR LEAGUE – « Welcome »

Zoé : Très vieux morceau qu’on jouait avec la première formation de Hoorsees en 2018.

Alex : Ma compagne m’a rappelé le fait que ce morceau existe, après qu’on ait enregistré l’album elle m’a dit «  ah mais vous avez pas enregistré celui-là ?  », je voyais pas ce que c’était, elle a du me le refaire écouter parce qu’elle sait mieux que moi ce que j’ai fait. Je l’ai réécouté et je me suis dit «  ah oui c’est vrai qu’il était sympa ». On avait une session de prévue donc on l’a enregistré.

Nicolas : Il y a eu trois sessions avec Give It Up au final.

Alex : Du coup on l’a réintégré mais la chronologie ne marche pas car ça devait être un morceau qui devait être sur l’EP, d’où le titre Major League Of Pain. Du coup plus trop de sens, mais pourquoi pas, ça fait une sorte d’autocitation comme PNL. En tout modestie.

Zoé : Moi je voulais le mettre en tout premier sur l’album, parce ça commence par «  Welcome to The Major League of Pain  » et ça faisait un bon rappel, mais en fait ça marchait pas…

Thomas  : En mode «  Welcome to the jungle  » !

Alex : Ça aurait été intense l’album qui commence par «  Welcoooome  » (rires) un peu craignos. Pas celui que j’aime le moins mais je l’aime pas non plus énormément ce morceau.

Nicolas : Moi je l’aime bien.

Alex : C’est vrai que Nico l’aime bien, y a un moment de bravoure à la batterie.

Nico : C’est surtout pour les parties harmoniques, bien équilibré.

Thomas : Je dois dire que les parties de batterie me plaisent particulièrement. Les arrêts, les breaks en sextolet qui sont bien placés au bon moment, et qui subliment le morceau. 


TRACK 8 : GIVE IT UP – Influences

Alex : C’est un morceau qu’on a ajouté après qui sort un peu du lot, je sais pas si c’est bien ou pas. J’avais fait écouter les maquettes du premier disque et en fait à l’écoute on s’est rendu compte que tout était au même tempo, c’était un peu chiant, donc on s’est dit que c’était bien d’avoir un tempo plus rapide. On l’a joué non sans mal, elle est plus casse-gueule que les autres. C’était l’occasion de montrer une influence, qu’on a plus en live et qui s’entend plus en live de groupes comme DIIV. C’est quelque chose qu’on a écouté beaucoup. 

Zoé : C’est le dernier qu’on a enregistré, c’était une séance spéciale en novembre 2019. Une fois qu’on a enregistré celui-ci on savait que c’était la touche de fin pour l’album.

Alex : C’est ça, et on avait un clip pour ce morceau là mais on ne l’a pas sorti. On l’a tourné à New-York, mais j’ai eu une période de désamour de ce morceau. Je trouvais que c’était une connerie, puis pas mal de gens m’ont dit qu’ils l’aimaient bien et que ce serait bien qu’il soit dedans. Depuis ça va. Mais je le trouvais un peu craignos, un peu Phoenix 2000 nul, mais en fait je crois pas trop.

Nicolas : Moi j’aime beaucoup ce morceau, mais il est casse-gueule à jouer, on le prend soit trop long soit trop vite, les changements de tempo se sentent bien en live, mais pas évident. 

Thomas : J’apprécie ce côté un peu challenge, je pense qu’il est ceinture orange de guitare et ça me fait plaisir. Quelques motifs écrits sont très surprenants. Le placement de la basse par rapport au reste, les petits arpèges jazzistiques de guitare lead, petits arpèges de treizième [on a un peu perdu le fil là] sur le refrain, ça m’a beaucoup séduit. Le mix est assez réussi aussi, je le porte dans mon cœur.

Nicolas : On a dit juste le mot de la fin…

Zoé : Oui bon courage pour retranscrire ça…

Alex : Thomas aime bien quand je ressors parfois le bagage jazz que j’ai eu en éducation musicale, ça lui fait toujours plaisir comme on est un groupe de jazzeux repentis pour la plupart sauf Zoé. Même pas repentis pour certains, batteur et guitariste de jazz en activité, moi je suis ex-guitariste de jazz raté, qui a décroché et abandonné.

Nicolas : Qui a décroché et suit une thérapie collective maintenant…

Alex : Broyé comme dans Whiplash dans le monde du jazz parisien.


Là vous parlez de jazz, mais quelles sont vos références communes ? Il y a souvent ce côté DIIV, Beach Fossils, Alex G qui revient, mais est-ce que c’est quelque chose que vous partagez ?

Nicolas : Il y a des références communes mais ça va dépendre, comme on a tous à peu près le même âge et qu’on a tous eu une adolescence un peu skate/punk, on a un peu tous écouté les mêmes trucs au même âge, pour s’en détacher ou non. Ce qui était mon cas mais c’est vrai que quand je réécoute des morceaux de Blink-182 ça me parle comme un truc avec lequel j’ai grandi, comme nous tous, même si c’est des choses que pour ma part j’ai arrêté d’écouter pendant longtemps mais après maintenant j’y reviens avec des goûts un peu moins typés.

Alex : C’est toujours un peu entre les deux, à part Zoé, on a tous écouté du jazz beaucoup, et on vient de cette école là, en termes d’apprentissage de l’instrument. Je suis revenu sur le tas aux premières choses que j’aimais en musique, mais quand j’avais vingt ans j’écoutais que du jazz. Je me suis retourné vers les trucs que j’aimais plus jeune, j’ai commencé à digguer, voir ce qu’il se faisait à Paris, écrire des morceaux… De fil en aiguille, j’ai rencontré Zoé qui, elle, je pense a toujours écouté du rock.

Zoé : Oui, en tout cas j’ai jamais écouté de jazz. Mais oui on s’est rencontré en concert avec Alex, car moi je faisais pas du tout de musique avant Hoorsees, j’ai commencé la basse avec le groupe. On trainait aux mêmes concerts de rock à la Meca, à l’Espace B et tout, donc on a un peu les mêmes influences. Je pense qu’on écoute un peu les mêmes choses avec Alex, avec Thomas et Nico aussi, mais nous c’est plus éclectique quoi. 

Nicolas : Maintenant c’est Zoé et Alex qui nous font découvrir des groupes, que je vais poncer ou pas, des trucs actuels comme DIIV, Beach Fossils, cette mouvance là, c’est avec eux que je les ai découvert. Y a aussi des groupes que j’aime moins comme Pavement, ça me transcende pas comme DIIV ou Beach Fossils par exemple. 

Alex : À chaque fois qu’on s’envoie un morceau pour dire «  voilà l’idée de ce qu’on va faire  », je pense qu’on est tous aptes à savoir de quoi on parle, sinon ce serait vachement compliqué. De toute façon je pense qu’il y a une curiosité à pas se cantonner à un truc précis hyper référencé qui parlerait qu’à deux personnes. 

Thomas : En ce qui me concerne j’ai pas écouté de jazz étant jeune, moi c’était plutôt rock et guitar music. J’ai pensé à ça hier justement, un mec m’a demandé quels étaient les groupes qui m’ont mis le déclic c’était trois groupes : Green Day, Deep Purple et AC/DC. 

Zoé : Moi aussi beaucoup AC/DC au collège !

Thomas : C’était mon MP3 quoi. System of a Down, beaucoup de Linkin Park aussi, le jazz j’écoutais ça plutôt fin de lycée – j’ai commencé assez jeune. J’ai une phase de trois quatre ans avec juste de la guitar music, que des guitaristes virtuoses avec des compositions où le chanteur c’est une guitare. Après ça j’ai découvert le jazz, mais le rock indé c’est vraiment venu en trainant avec le groupe et en allant au Supersonic, Espace B, Olympic Café, Point Éphémère etc. C’est venu vraiment tardivement mais très belles découvertes. 


Track 9 : WATERFALL + HURTS – « Alex 0 »

Zoé : Là aussi un très vieux morceau.

Alex : Très honnêtement je pensais que c’était pas une très bonne idée de l’avoir mis sur l’album. J’aime pas beaucoup. En fait on s’est retrouvé avec Hurts et Waterfall qui sont deux morceaux très proches et on voulait pas avoir ces deux-là dans l’album à des endroits différents, ce serait trop. Mais en même temps difficile de faire un choix entre les deux, et l’idée est venue de mettre les deux à la suite, pas une très bonne idée en fait… ou sinon on aurait du faire l’inverse. 

Zoé : Ceux qui ont le premier pressage du vinyle ont ça. [enchainement Hurts puis Waterfall]

Alex : Pas mal de regrets donc… Impossible à jouer en live, on chante complètement faux c’est atroce, on dirait une chorale de premier cycle d’enfants qui font des comptines, personne n’est juste.

Zoé : Moi j’aime beaucoup ce morceau !

Thomas : Le préféré de ma compagne, le préféré de mon cousin aussi, il a quelques amateurs… Je pense pas que ce soit une erreur. 

Alex : (rires) À chaque fois qu’on fait un concert en France il y a un cousin de Thomas qui est là, très étonnant. 

Zoé : Il me semble que Waterfall et Hurts tu les as écrit au même moment ? C’est un des premiers que l’on a joué.

Alex : Hurts c’est un morceau qu’on jouait il y a longtemps, et qu’on a arrêté de jouer car la base de la première version ressemblait beaucoup à Icehead d’Alex G… C’était plagiat total, c’était cata et en même temps j’aimais bien la mélodie et je voulais trouver un moyen pour déguiser un peu le plagiat, voilà. Maintenant il est plus déguisé, je pense pas qu’on y pense de suite de suite, mais quand on regarde de plus près on voit les mêmes accords etc. voilà : Alex 0. Et on l’a quand même sortie.

Zoé : Tessa, la première batteuse du groupe, la première fois que tu l’avais envoyé, elle l’avait fait écouter à l’un de ses potes et lui il était persuadé que c’était la musique d’Alex G, il avait pas vu la différence.

Nicolas : Assez difficile à jouer en live, assez lent. 

Alex : J’aime bien les paroles, c’est un sujet qui va devenir plus important dans la suite de notre longue carrière d’intermittents du spectacle. Au fur et à mesure que je sais parler anglais – c’était pas forcément génial à la base – j’essaye de passer beaucoup de temps dessus, le prochain il y aura un livret de paroles… Ça me fait beaucoup rêver… Il y en aura un c’est sur, je vais le mettre au dos, très Springsteen. Un livret de paroles, une photo de toi et ta guitare, une chemise… Working Class Hero

L’idée du morceau «  caché  » d’ailleurs ça venait d’où ? 

Alex : C’était comme ça sur un album de Sum 41 qu’on aimait bien.

Zoé : Je trouvais que Hurts était un très bon morceau pour conclure l’album, la fin est très bien. 

Nicolas : Ça nous faisait un peu marrer le côté caché.

Alex : C’est à dire qu’on fait de la musique du passé, qui va intéresser que des gens qui achètent et écoute de la musique du passé, il faut être un minimum adéquat avec ça, et en l’occurrence c’ est un truc qu’on peut se permettre. C’est un truc qui n’existe pas dans le monde de Spotify, on a pas trop le droit. Ça prend plus de sens quand il y a un vinyle. C’est un truc que j’aimais bien avoir, il y a ça sur le premier album des Libertines.

Zoé : Sur le premier album d’Alt-J aussi mais toi t’as jamais aimé Alt-J… 

Alex : Le fait que ce soit caché ça donne un peu d’intensité, d’ampleur. Les vrais savent ! Je sais pas pourquoi on en a fait un clip c’était mon idée mais bon, c’était pas une chanson avec un gros potentiel…

Thomas : On s’est bien amusés en tout cas !

Zoé : Au début j’étais pas trop pour en faire un clip, puis en fait j’ai trouvé ça sympa.

Alex : Faudrait que quelqu’un me dise quoi faire, car c’est tellement variable ce que j’aime ou ce que je n’aime pas… Ce matin je me suis réveillé, tout l’album que je suis en train de faire je le déteste alors qu’hier je le trouvais génial…

Zoé : Hier il notait tous les morceaux «  9/10  » (rires)

Alex : J’ai envie de tout foutre à la corbeille…

Et tu le fais vraiment ?

Alex : C’est déjà arrivé ! En théorie il y a quatre albums de prêts, mais y en a ils sont à la corbeille, complètement corbeille.

Zoé : Notamment celui qui était plus en mode Black Marble. 

Alex : C’est le problème du confinement comme on a plein de temps pour réfléchir, c’est trop chiant de réfléchir autant.

Zoé : Moi ce dont j’ai peur quand tu composes autant comme ça, c’est que t’as encore plus de temps d’être lassé… C’est bien mais bon.

Nicolas : Mieux vaut ça que l’inverse…

Alex : Pas forcément, pas forcément. J’y pensais l’autre jour par rapport à Soul K, super chanteur de Glasgow très talentueux, il a sorti énormément de trucs. J’en parlais avec Tessa, je lui disais « écoute ça c’est vachement bien », elle m’a dit «  oui ok mais il y a tellement de trucs j’ai abandonné » . Quand tu tombes sur un mec pas connu, mais quand plus il a fait plein de trucs ça fait super chier. Il faut réussir se restreindre un minimum, c’est un vrai problème sur ce que tu fais ou pas, il faut être assez concis face au temps de parole et à l’attention que les gens nous donnent. Donc il faut sortir peu de morceaux et des albums courts je pense. 

Le deuxième album en est où ?

Alex : Il est enregistré depuis presque un an.

Nicolas : On l’a enregistré dans la baraque du père d’Alex…

Alex : … au milieu de la montagne. Et là du coup on est sur un troisième. 

Zoé : On est en train de voir avec les labels pour la sortie du deuxième, on serait chaud pour le début de l’année prochaine, parce qu’on est censé faire une tournée aux États-Unis en mars prochain. On aimerait bien pouvoir en profiter. 


Auteur·rice

Du cinéma et de la musique - Master Métiers de la Culture

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