CINÉMA

« Little Zombies » – Rencontre des âmes esseulées

©Eurozoom

Sorti en 2019 au Japon, le dernier film de Makoto Nagahisa, Little Zombies, arrive sur le territoire européen avec son vent de folie colorée et surréaliste. Prévu en salles en 2020, il sortira sur OCS et sera diffusé le mercredi 23 juin à 20h40 dans le cadre de la semaine thématique consacrée la Fête de la musique.

Reconnu comme l’un des films les plus « what the fuck » de cette fin d’année 2020, Little Zombies étonne par son rythme saccadé explosif, son angle d’attaque et ses partis pris esthétiques très colorés et pop culture. Après We Put Goldfish in the Pool, le réalisateur japonais de 36 ans, réalise et écrit le parcours initiatique de jeunes orphelins livrés à eux-mêmes. Ikari, Ishi, Yuki et Ikuko se regroupent après une rencontre silencieuse au crematorium où tous leurs parents sont inhumés le même jour. Ils fuient ensemble le destin que les adultes ont choisi, laissant leur ancienne vie derrière eux. Quatre orphelins, quatre destinées, quatre mousquetaires intrépides qui n’ont rien à perdre et ne ressentent plus rien. Ils fuient un monde adulte sordide et étouffant pour réinventer tous ensemble, une nouvelle histoire.

Le film est drôle et poétique. On se retrouve dans la tête d’un enfant, dans le monde pixelisé, fluorescent et bruyant du jeu vidéo et de l’animation. Assourdissant, coloré, imaginatif et rythmé, le film embarque le spectateur entre présent effréné et passé expliqué avec lucidité. Les choix musicaux électroniques et les interactions spontanées et froides des personnages, nous immergent dans ce monde de l’enfance bafouée où plus rien n’a réellement d’importance.

Les destins sont tout aussi horribles qu’ils sont détournés avec humour par le réalisateur ; mort dans un incendie involontaire, suicide, accident de car, assassinat par le professeur de piano amoureux de l’une d’entre eux, parents violents et vision sans-phares d’une société malade. L’imaginaire leur sert de bouclier contre le sort sordide que la vie leur a réservé, chantant leur histoire au monde entier, alors qu’il n’y voit qu’une énième manière de monétiser le tragique. À voir !

 

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