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Rencontre avec Victor Solf – « Il faut faire rêver les gens »

Victor Solf - Crédit, Leïna Jung
Victor Solf - Crédit, Leïna Jung

Plus d’un an après notre dernière rencontre, nous retrouvons Victor Solf à l’occasion de la sortie de son premier album en solo, Still.There’s Hope. Une ode à des jours meilleurs qui vogue entre un piano minimaliste et une voix toujours aussi minutieusement calibrée. Rencontre avec un artiste qui a de l’énergie et surtout de la musique (beaucoup de musique) à nous donner.

Maze : D’abord peux-tu nous parler de la tenue que tu portes ?

Victor Solf : J’essaie de raconter des choses à travers celle-ci, et c’est une collaboration avec un artiste peintre qui s’appelle Julien Bernard. C’est un truc que j’aimais beaucoup l’uniforme , le jean Levis, le Levis classique de friperie. Là, en l’occurrence, c’est plus original. Et donc après, je me disais que ce serait top que certaines paroles que j’aime beaucoup soient écrites sur les vêtements et aussi qu’il y ait des visages, des portraits. Et je suis parti de ça. Je l’ai contacté car j’aime beaucoup, ce qu’il faisait, et je trouvais ça très fort. Il a une manière de peindre qui est très spontanée, presque sauvage. Il ne cherche pas du tout la beauté dans sa peinture, mais vraiment le premier trait, la force du premier trait. C’est quelque chose qu’il y a dans ma musique. Je me retrouve vachement là dedans. Je ne cherche pas du tout la perfection. Je dialogue. J’essaie beaucoup plus d’être dans l’émotion et de retrouver le frisson que j’ai eu quand j’ai commencé. Quand j’ai commencé le morceau, quand je me suis retrouvé sur mon piano avec ma voix, j’essaie toujours de garder cette énergie.

Et comment ça va pour toi ? Ça fait quoi de découvrir l’album et de venir à Paris faire la promo ?

Je suis très content. Je suis reboostée, j’aime beaucoup. J’ai vraiment, beaucoup, beaucoup d’énergie et une grosse envie de faire vivre cet album, de commencer cette histoire et d’aller le plus loin possible !

Comment s’est construit Still. There’s Hope dans le temps ? Est-ce que tu as travaillé avec les mêmes personnes que sur ton EP, Aftermath ? Comment as-tu établi tout ça ? Est-ce que c’est un projet qui est établi depuis longtemps ?

C’est forcément plus long un album, c’est sûr ! Ça demande plus de temps, plus de réflexion. J’ai décidé de faire l’album il y a un an. Moi je suis quelqu’un qui travaille au quotidien. J’avais déjà beaucoup de travail, de démos, de chutes de morceaux. Mais il y a un an, je me suis dit “OK, là, tu vas faire l’album“. Et c’est un travail titanesque parce qu’en plus, je m’occupe de toute l’image, de toutes les photos de presse, de la pochette, de tous les clips, du mixage de l’album aussi, la partie plus technique. Tout ça , c’est vraiment à moi de le faire. Et du coup, je me suis dit bon, déjà, dans un premier temps, tu vas passer quelques mois sur ton piano, sur ton ordinateur, à réassembler comme un puzzle toutes les démos que tu as. Et ensuite, tu vas choisir l’équipe avec qui tu vas bosser pour la musique.

Je suis resté effectivement avec la même équipe que sur Aftermath. Donc Guillaume Ferran au piano, qui m’a même accompagné plus loin que sur l’EP. Parce que moi, j’avais besoin d’un regard extérieur, de quelqu’un qui puisse aussi m’épauler sur le mixage, sur la réalisation artistique. Il y a David Spinelli, qui était là aux machines et aux claviers, Mathieu Gramoli, qui était là à la batterie, et Sylvain de Barbeyrac, qui est ingénieur son pour la tournée et qui, notamment, travaille avec Lomepal, avec Superpoze, et Jacques. C’est lui qui m’a aidé sur toute la partie prise de son et mixage. C’était quelque chose de très important pour moi que l’album puisse s’écouter d’une traite et qu’il soit agréable. Donc, on a passé beaucoup de temps à choisir la bonne pièce pour les prises de sons, pour avoir la bonne acoustique et les bons micros. Et après, pour la partie images, j’ai travaillé avec Liswaya, avec qui j’avais beaucoup travaillé déjà le sur des clips de Her, notamment les clips de Five Minutes, de Union. Je lui ai dit je te confie les clés, et on va tout faire ensemble, toute la direction artistique. Il n’a juste pas fait la signature. La signature, c’est un artiste qui s’appelle Tyramisu. Il avait collaboré avec Childish Gambino récemment, et aussi avec FKA Twigs. J’avais beaucoup aimé son travail.

Mais tu vois tout ça, ça prend beaucoup de temps et d’énergie. Et franchement, j’ai quasiment bossé sans interruption depuis un an. C’est possible de faire en moins de temps, mais c’est difficile. Il y a des délais qui sont incompressibles. Il faut trois mois d’anticipation pour la fabrication des vinyles par exemple. Un peu pareil pour les clips, donc. C’est beaucoup, beaucoup de boulot. C’est très différent d’un EP en effet. C’est beaucoup plus instinctif et c’est beaucoup moins de pression.

Et justement l’année passée tu as sorti une mixtape, 12 Monkeys. Là tu t’es lancé sur une esthétique extrêmement différente pour l’album. Il y a vraiment une rupture qui se crée. Je me demandais ça s’est imposé à toi le piano-voix, ou bien si c’est quelque chose qui est venu comme ça ? Tu as la sensation d’avoir trouvé l’esthétique qui te correspond en tant qu’individu ? Ou est-ce que tu comptes continuer d’aller vers des choses encore très spontanées comme sur ta mixtape ?

J’ai presque hésité à avoir un pseudo tellement c’est un projet à part. Mais en fait, je me suis dit que déjà, si ça s’appelait Mixtape ce serait compris différemment. C’est ni un EP, ni en album, c’est beaucoup plus spontané effectivement. J’en ferais peut-être d’autres, mais ce n’est pas l’angle principal du projet et fait. Je travaille beaucoup la musique comme une formule. Je voulais aussi me différencier de Her, mais je ne voulais pas non plus complètement me dénaturer. Parce qu’il y a une part de moi qui est dans Her, qui sera toujours là et que je n’ai pas envie de renier, notamment dans la soul, dans les harmonies de voix, à avoir ce petit côté gospel. Moi, j’aime beaucoup ça.

J’ai voulu garder ça, mais après je me suis dit comment réussir à me différencier ? Et c’est vrai que le piano est venu de manière un peu évidente. Ça faisait des années que je voulais en acheter un. Je voulais avoir mon piano et j’avais enfin pu le faire. Donc, je l’ai vu devant moi. Je me suis dit “Bon, tu vas passer beaucoup de temps sur ce piano” et c’est quand j’ai terminé le titre que je me suis dit “OK, ça y a à la fois l’électro et la modernité que je recherche dans la fin du titre“. Sur Traffic Lights il y a le piano et toute la mélancolie, toutes mes influences de musique classique. Je pense à Erik Satie, à Yann Tiersen, à Max Richter. On retrouve la soul et il y a beaucoup d’harmonie, de voix. Pour moi, c’est la musique de l’âme, donc il faut y mettre tout son cœur. Il faut exprimer les émotions de manière exacerbée. Je me suis dit “OK, ça, ça me touche, ça, ça me bouleverse : donc tu vas faire ça“. Je suis vraiment resté sur ce chemin pendant tout l’album.

Victor Solf - Crédit, Leïna Jung
Victor Solf – Crédit, Leïna Jung

Ce que tu as vraiment travaillé sur cet album c’est toute la dimension esthétique. On en a parlé au tout début avec les tenues, etc. Mais vous avez aussi beaucoup travaillé sur l’image pour tes clips. Ce sont presque des petits courts métrages. J’ai vu qu’ils avaient été financé, produit avec le CNC. Tu as collaboré avec qui là-dessus ?

C’est la même collaboration que pour la pochette. Il m’accompagne vraiment beaucoup, et on a encore deux projets ensemble qui vont sortir. On a été très, très ambitieux. Il est venu avec une première idée. En fait, il m’a dit la voiture, je pense peut être symbolique pour toi, ça peut symboliser les expériences vécues. Que ce soit des expériences difficiles ou des expériences positives. I Don’t Fit, qui est un titre qui évoque l’affirmation de soi et le fait de parfois avoir l’impression de pas rentrer dans les cases, il m’a dit “Tu veux pas qu’on recrée, qu’on refilme un accident de voiture en slowmotion ?“. Et j’étais dingue de cette idée, je trouvais que c’était magique, j’avais l’impression d’être sur un tournage de film. Il y avait eu toute une équipe de cascadeurs, il y avait deux voitures. C’était incroyable comme expérience !

Pareil pour le clip de How Did We  ?

Oui, oui, après, ça a été changé au dernier moment. Si tu veux des anecdotes croustillantes, on ne voulait pas faire ça à la base. Mais on a eu des retours tellement positifs sur le clip que le réalisateur et moi, on s’est un peu retourné le cerveau pour trouver une idée aussi impactante qu’un accident de voiture. Et le réalisateur a dit on va faire un clip sur l’eau, dans l’océan. On s’est retrouvé à appeler tous les services maritimes et de sécurité de Brest. On a construit nous mêmes les flotteurs. On a acheminé la voiture avec un remorqueur, et ça l’a fait. On l’a fait quoi ! Ça a été beaucoup plus dur que ce qu’on pensait. Et ça, ce sont des expériences. On en apprend beaucoup sur l’image et sur ce que ça représente. Mais Spielberg, il l’avait dit que les tournages en milieu aquatique c’était les pires, pour Les dents de la mer. “C’est le pire tournage de ma vie“. Mais bon, on l’a fait quand on a quand même réussi, c’est incroyable.

Je me demandais ce qui t’a inspiré cet album, que ce soit en matière de musiques, ainsi qu’en termes d’identité, graphique ou sonore. Car cet album créé un environnement et un tout sincèrement singulier, comme un univers à part.

Pour la pochette je voulais jouer avec le contraste avec un paradoxe à la fois des symboles de l’amour et de l’espoir. Parce que l’album s’appelle Still. There’s Hope ?, c’est à dire “est-ce qu’il y a encore de l’espoir ?“. C’est vraiment ce constat que j’ai quand j’ai terminé l’album, je me suis rendu compte que c’est de ça dont je parlais. Ça veut dire que je me disais “Est-ce qu’en 2020-2021, c’est possible encore d’avoir de l’espoir ? Est-ce que je me sens encore humaniste ? Est-ce que je crois encore un peu en l’avenir ? ” Et donc, dans la pochette, je voulais jouer avec le contraste avec cette attitude assez guerrière. On a l’impression que je tiens une arme en même temps c’est une fleur que je tiens dans les mains. Je me suis inspiré notamment de Banksy, de certaines de ses œuvres, mais aussi de Marc Riboud, c’est un photographe qui était très flower power dans les années 60. Il avait pris une photo d’une femme comme ça qui mettait une fleur dans le canon d’un policier. Et voilà, c’est ces images, moi, que j’aimais beaucoup. Il y a une photo aussi du collectif Kourtrajmé où il tient sa caméra comme une arme. Je trouve ça très fort toutes ces idées. C’est ça que je recherchais.

Et après pour le thème de l’espoir et de l’amour, on pourrait en parler longtemps. C’est vraiment une question que je me suis posé, que je pense qu’on se pose tous en ce moment parce que on vit dans une période très trouble, très inquiétante. Donc c’est une vaste question et j’essaie d’y répondre en ramenant évidemment les choses à moi parce que l’album est de Victor Solf. C’est dire c’est la première fois que je m’exprime sous mon nom. Il n’y a pas de pseudonyme derrière et donc c’était quand même important que chaque titre soit sous un prisme personnel. Par exemple dans I Don’t Fit c’est l’affirmation de soi et je pense que l’amour commence déjà avant tout par s’aimer soi-même. Réussir à avoir confiance en soi et dans des choses comme ça. C’est difficile d’aimer les autres si l’on ne s’aime pas.

Le titre d’après, c’est How Did We  ?. C’est plus un constat pour moi qui était très personnel. Moi, j’ai toujours été quelqu’un qui a cru au karma et qui a cru dans un sens que quand, on fait les choses bien, qu’on a été tolérant, qu’on était bienveillant, qu’on était assidu, aussi rigoureux et travailleur, qu’on allait créer un cercle vertueux autour de soi et que ça allait marcher. Et cette musique c’est le constat inverse. C’est le constat de comment, malgré le fait que, j’ai cette impression d’avoir fait ce qu’il fallait, d’être devant un mur. Et ça arrive enfin dans la vie, malheureusement. Et moi, je suis quand même un grand idéaliste, mais j’ai vécu ça. Je l’ai vécu avec la perte de Simon et je l’ai vécu avec le covid. Comment c’est possible ? Oui, vraiment. Cette phrase m’est venue. Comment j’en suis arrivé là ? Malgré tout. Et moi, je l’ai très, très mal vécu.

Ça a été une année compliquée.

Oui, oui. Mais même cette année, et aussi le départ de Simon. Le fait d’avoir perdu comme ça mon meilleur ami, mon témoin de mariage. Ça venait contredire ma philosophie de vie. Si t’es bienveillant et tolérant. Si tu aimes les autres autour de toi, si tu travailles dur, les choses se passeront bien. Alors j’y crois quand même encore, mais il y a des contre-exemples et dans mon cas, du coup, ça fait très mal. C’était une grosse claque.

C’est beaucoup de choses qui sont arrivées soudainement pour toi. Je vais changer de sujet. Je me disais tu as collaboré plusieurs fois avec des artistes rap. Je pensais à Georgio, par exemple. Comment cette esthétique t’inspire ? Car tu navigue un peu entre différents styles comme ça. Qu’est ce que tu aimes là-dedans ?

Oui, oui, j’adore cet échange ! Pour moi, c’est le pan de mon métier que je préfère. Que ce soit dans la tournée, ou en studio, d’être avec d’autres personnes, confronter ses idées et débattre et échanger. J’adore les collaborations. Et dans le rap plus particulièrement. Moi, ce que j’ai toujours adoré, c’est qu’il y a une manière de travailler qui est beaucoup plus décomplexée, plus libre, plus rapide aussi. Il y a moins de prise de tête. Moi, je suis plus dans le rock, dans la pop, où l’on prend beaucoup plus de temps. Du coup, des fois, c’est très frustrant. Mais moi, j’ai une manière de bosser tu vois, comme je te disais l’album, je me suis dit que j’allais le faire et maintenant, il sort. Et déjà, je trouve ça long parce que c’est vrai dans le rap, des fois c’est bien plus rapide. C’est incroyable, mais je suis très admiratif de cette manière de bosser. Après, je ne pense pas qu’il y ait une méthode de travail qui soit parfaite. Peut-être que la critique qu’on peut faire à cette méthode de travail, c’est que des fois, c’est quand même bâclé. Si l’album avait dû me prendre cinq ans, il m’aurait pris cinq ans. Là, il a pris un an parce que je considère avoir fait tout ce qu’il fallait faire en un an. Ce n’était pas une course contre la montre, c’était avant tout me dire : “Est ce que là, c’est parfait ? Est ce que c’est juste ?” Dans toute méthode de travail il y a du positif et du négatif.

Tu disais justement que tu es quelqu’un de très productif. Est-ce que tu as travaillé essentiellement sur l’album au cours de cette année ? Ou est-ce que ça t’a laissé du temps pour te projeter encore plus loin sur d’autres projets de compos ou de lives ?

En fait, c’est ce constat un peu de me dire la tournée, c’est fini pour l’instant. Ou alors là, tout le monde parle de juin, effectivement, ce serait magnifique, mais on a suffisamment d’expérience maintenant pour savoir que rien n’est acté. Ça peut être juin 2021 comme juin 2022, donc c’est vrai que je me suis dit “Qu’est ce que je peux faire d’autre ?” Je me suis ouvert un peu plus aux collaborations et j’ai terminé cet album. J’adore aussi la musique à l’image, je suis en train de terminer un projet comme ça. Vraiment plus de musiques de films. Je me suis amusé même à retravailler des titres de mon album sous forme de musiques de film, à revoir les arrangements. Voilà, ça m’occupe, c’est très intéressant. J’ai plus de possibilités et je passe beaucoup de temps sur mon piano pour aller dans le film. En fait, ça m’évoque de l’image, la nature. C’est la première étape pour moi d’une réinterprétation qui se tourne vers la musique classique, et ce que j’aimerais après c’est orchestrer, ajouter des cordes etc.

D’ailleurs tu as une formation musicale classique à la base ou pas du tout ?

Très peu ! C’est une de mes frustrations parce que j’ai dû faire deux ou trois ans d’école de musique, ce n’était pas le conservatoire en plus. Donc, c’est une demie-heure de cours de piano par semaine comme ça, en plus quand tu es gamin tu en as rien à faire. Mais par contre, j’ai eu les bases d’harmonies qui sont indispensables. Pour moi, le principal c’est la compréhension des accords. D’abord à trois doigts, puis quatre et cinq, pour ensuite aller sur la tonale, la tierce, la quinte. Ensuite, ouvrir à la septième, la neuvième et ensuite apprendre : c’est comme les mathématiques ! Quand il y a un accord à trois doigts, il y a trois façons de jouer en commençant par la tonale ou en commençant par la tierce ou en commençant par la quinte. Et ensuite, quand on rajoute une quatrième au quatrième. Du coup, quelle façon de le jouer, etc. Et après, tu viens rajouter à ça des toutes petites connaissances harmoniques. Ca suffit si tu joues beaucoup. Après, faut jouer, il faut jouer, il faut jouer. Ensuite, c’est ta sensibilité qui va s’exprimer. Moi, je suis un grand adepte de l’autodidacte. On peut y arriver ! J’ai commencé avec le piano et le chant. J’étais dans une chorale enfant, mais vraiment des trucs pour enfants de musiques actuelles.

Personnellement, je t’ai connu avec The Popopopops, et donc c’est vraiment là que tu as commencé à faire de la musique ?

Avec The Popopopops, j’ai tout appris sur le tas, même la production musicale, l’utilisation de logiciels de son ! J’ai tout appris en faisant des compos vraiment !

Et pour la suite, comment tu envisage les retrouvailles avec le public ? Et même comment justement tu envisages la mise en scène de cet album ?

On est en plein dedans ! Ce matin j’ai reçu une création d’un ingénieur lumière et d’un directeur artistique, qui a travaillé avec Frank Ocean, avec Justice, et j’adore ce qu’il a proposé. J’ai vraiment envie de faire quelque chose sur le piano, autour du piano, autour de la pochette ou du moins qu’on la retrouve sur scène. J’ai envie de quelque chose qui, visuellement, dès que le concert commence, il y ait un tableau sur scène qui soit hyper représentatif. Et qu’on voit le piano, les marteaux du piano. Parce qu’on a réussi à récupérer un piano qui nous appartient sur la tournée. Ça, c’était déjà la première difficulté, car c’est assez rare d’avoir des pianos sur scène comme c’est très contraignant. Il faut venir faire venir un accordeur presque sur chaque date et c’est très lourd. Et là, maintenant, j’essaie de faire le truc et j’ai reçu une créa de ce monsieur. En plus, j’adore ce qu’il avait fait sur PNL, notamment avec l’arbre c’était très beau. Et c’est un mec super, c’est super !

En fait, quand je dis qu’un artiste fait de l’image dès qu’il s’exprime, du coup, forcément oui, sur scène aussi. Je ne peux pas me permettre d’arriver sans rien. Même si j’ai des supers musiciens, mais je peux pas me permettre d’arriver avec juste “ça“. C’est possible de se creuser la tête. Il n’y a pas forcément besoin d’énormément d’argent. Déjà, je porterai les tenues de Julien Bernard. Je pense que les musiciens avec qui je travaille feront des choses aussi, peut être du fluorescent ! Tu vois ça, c’est bête, mais toutes les lumières sont éteintes, et on se rend compte que sur les pantalons, sur les vestes, les paroles se voient encore parce qu’elles sont fluorescentes. Je ne sais pas. T’as déjà un truc, pour moi, ça, c’est déjà un tableau ! Il n’y a aucune lumière sur scène et on voit le piano, par exemple, et les musiciens qui sont fluorescents. Déjà, t’as quelque chose qui va, j’espère, rester dans l’œil du public.

Là, on est en train de pousser l’idée plus loin. On bosse sur un livestream, peut-être à la Cigale. Car je devais jouer à La Cigale en mai, mais le concert est décalé en octobre, donc je suis quand même à fond ! Je pense à la voiture. C’est ce que j’aurais préféré, avoir la voiture au-dessus de moi, sur scène. C’est infaisable pour l’instant, mais quand je referais des Zéniths je pourrais. J’ai mis sept ans, huit ans de ma vie à arriver à un Zénith avec Her, parce que j’inclus mes anciens projets là-dedans, pour moi, tout ça, c’est la même trajectoire. Est-ce que ce sera dans 7 ou 8 ans aussi avec Victor Solf ? D’ici là, faut que je laisse cette idée de côté. La voiture au-dessus de moi, les phares, les fleurs, c’est un tableau évident. C’est là ! Mais là c’est encore infaisable. Même moi, je pourrais être sur la voiture à un moment. La voiture qui se balade dans le public, on y est quoi ! (rires)

Il faut être ambitieux !

T’imagines, c’est comme ce truc de la voiture qui pourrait elle-même être sur une structure. Les gens ont l’impression qu’ils vont se prendre la voiture dans la gueule. Comme moi, je l’ai vécu sur l’album ! Moi, je veux que les gens sortent du concert en étant comme ça. Qu’ils se disent comment il a fait ? Il faut faire rêver les gens encore plus maintenant. Il faut les faire sourire. Il faut les faire pleurer. Il faut leur faire du bien, il faut qu’ils s’évadent parce que notre quotidien est de plus en plus lourd. Moi, ma mission, c’est qu’avec Still. There’s Hope ?, il y ait de l’espoir, il y ait de l’amour, qu’on s’accroche. Les artistes, c’est vraiment notre mission. Plus que jamais en ce moment : faire rêver les gens !


Victor Solf sera en concert le 6 octobre 2021 à La Cigale


Auteur·rice

Du cinéma et de la musique - Master Métiers de la Culture

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