CINÉMA

« Nomadland » — Une ode à la liberté

Nomadland, 2020, film de Chloé Zhao
© SEARCHLIGHT PICTURES Nomadland, 2020, film de Chloé Zhao

Les cérémonies qui récompensent le cinéma ont toutes eu lieu plus ou moins à distance du à la pandémie. La réalisatrice Chloé Zhao, après son triomphe aux Oscars, nous redonne goût au voyage avec son film Nomadland. Un chef d’œuvre du 7ème art criant de vérité sur cette sensation de liberté, sentiment idyllique recherché de toute une vie.

Nomadland, film adapté du livre Nomaland – Surviving America in the Twenty First Century de Jessica Bruder, nous embarque dans cette quête d’affranchissement auprès de Fern, retraitée de 60 ans, interprétée par la grande Frances McDormand. Après avoir tout perdu, elle adopte une vie de nomade. C’est en partant de la ville d’Empire dans le Nevada, ancienne ville industrielle devenu fantôme, et après le décès de son mari qu’elle décide d’embrasser cette nouvelle aventure. Un long voyage spirituel et social qui brise l’image connue du fameux rêve américain.

© SEARCHLIGHT PICTURES Nomadland, Film de Chloé Zhao, 2020.

Un film qui se vit

Frances McDormand et Peter Spears, producteur de Call Me By Your Name, décident en 2017 d’acheter les droits du livre de Jessica Bruder. Puis c’est en voyant le film The Rider (2017) de la réalisatrice sino-américaine, sur un cavalier lourdement handicapé suite à une prestation de rodéo, que l’actrice trouvera la réalisatrice de son adaptation. Chloé Zhao, après avoir convaincu la comédienne d’être plus que la productrice et de jouer le rôle principal, se lance aux côtés de l’autrice dans la vie de nomade. Accompagnée d’une équipe réduite du film, environ trente-six personnes, la réalisatrice aura enfilé le costume de nomade en se déplaçant en camionnette. Ils dorment dans des motels et en contemplent entre aurore et crépuscule ces paysages américains à couper le souffle.

Mais la réalisatrice n’est pas la seule à avoir essayer ce style de vie. Frances McDormand aura elle aussi jouer le jeu. Car comme son personnage, elle aura travaillé chez Amazon, servi du café au parc national des Badlands et récolté des betteraves. Tout ça, plus ou moins, incognito. C’est donc grâce au réalisme et à la simplicité de la réalisation que l’on se retrouve passager du mini van de Fern.

© SEARCHLIGHT PICTURES Nomadland, Film de Chloé Zhao, 2020.

Une histoire de rencontres

Fern parcourt les États-Unis partant du Dakota du sud pour arriver en Californie. C’est à travers ce road trip qu’elle croisera d’attachants personnages. Ces derniers sont joués en particulier par des acteurs non-professionnels comme Linda May ou Bob Wells. Nous nous retrouvons bercés par les différentes rencontres et récits dont la retraitée s’enrichit au cours de son périple. C’est donc un peuple de marginaux qui nous touchent et nous bouleversent. Comme une sorte d’utopie composée de gens devenus inaptes au géant capitaliste américain. Ils se sont transformés en mine d’or de solidarité. Une seule idée vient en tête à la fin de ce film : partir à notre tour trouver cette unique sensation de liberté.

Frances McDormand et Chloé Zhao flirtent avec le faux documentaire tellement les échanges paraissent simples et naturels. De plus, le jeu de l’actrice est tellement fusionnel avec son personnage qu’on ne peut que y croire. Ce rôle a été récompensé par l’ultime statuette donné ce dimanche 25 avril 2021. Il fait de Frances McDormand une des actrices les plus récompensées du cinéma auprès de Meryl Streep et Katharine Hepburn. Rien que ça.

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