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Rencontre avec GP Illustration — « J’aime m’intéresser à d’autres sujets, d’autres formes »

© JP Illustration

Avant de retrouver Guillaume Piot alias GP Illustration à Arles pour une exposition dans la chapelle Saint Anne, nous avons souhaité en savoir un peu plus sur son univers et ses inspirations. À travers un style figuratif assumé, le dessinateur s’amuse à mettre en scène des animaux, reflets de nos préjugés.

Guillaume est un illustrateur avignonnais. Il réalise ses dessins figuratifs à l’encre, exclusivement en noir et blanc. Petit, il avait l’habitude de dire qu’il voulait être Président de la République. « Je me suis vite aperçu qu’il fallait mettre une cravate tous les jours, s’amuse-t-il, alors j’ai préféré faire artiste. »

Ce métier d’artiste, Guillaume l’apprend sur le tard en autodidacte. Depuis ses plus jeunes années, il dessine et peint, y compris dans son ancien appartement parisien de 18m². Sa table à manger faisait alors office d’atelier miniature. Il commence d’abord par des peintures abstraites à l’huile, technique qu’il fera évoluer tout au long de sa carrière. Ce n’est qu’en 2015 qu’il décide d’aborder le dessin plus sérieusement, tout en conservant un style figuratif.

De l’esthétique de Wes Anderson, en passant par la musique de Gaël Faye, l’artiste puise son inspiration dans tous les domaines culturels. Son dernier coup de cœur en date, «  Moi ce que j’aime, c’est les Monstres » d’Emil Ferris, véritable ovni entre objet d’art, bande dessinée et objet littéraire. 

À travers ses créations, Guillaume interpelle sur notre rapport à la mémoire. Fasciné par l’oubli et la solitude qui selon lui sont des « maux contemporains », il concède ne pas vouloir tomber dans l’oubli ; d’une certaine manière, entrer dans l’Histoire. Et l’artiste de préciser : « Ce n’est pas tout à fait la même chose que vouloir être vu, qui devient un peu la tendance de notre monde. »

Ses créations font aussi la part belle à la nature. L’artiste se plaît à mettre en scène des animaux, reflet de préjugés à l’œuvre dans la société et de nos propres contradictions. Le choix des animaux mis en scène n’est jamais anodin : ceux-ci sont sélectionnés par l’artiste selon les adjectifs et les symboliques qui nous viennent à l’esprit. Les préjugés à l’égard des animaux, l’honnêteté et l’engagement sont des qualités qui font vivre les œuvres de l’artiste. Il s’exprime ainsi en dessinant sa quête de sens à travers la société, le tout avec une pointe d’humour.

Pour l’heure, Guillaume envisage la création d’une nouvelle série, cette fois-ci autour du monde de l’art pour mieux en décrypter les travers. En attendant, nous pourrons retrouver Guillaume en exposition à Arles en 2021 à la Chapelle Saint Anne.  

Pour plus d’informations sur l’artiste et ses œuvres – Guillaume Piot : Site web, Instagram et Facebook. Liens pour contacter l’artiste.

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