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Quand Buren rencontre Parreno : une exposition onirique

exposition Daniel Buren - Philippe Parreno « Simultanément, travaux in situ et en mouvement », galerie Kamel Mennour
Vue de l’exposition Daniel Buren - Philippe Parreno « Simultanément, travaux in situ et en mouvement », Galerie Kamel Mennour, Paris © Laure-Anne Ricaud

Si les musées sont encore forcés de garder portes closes, celles des galeries sont ouvertes ! Et ça tombe bien car la Galerie Kamel Mennour ouvre un nouvel espace à Paris, où elle expose une installation inédite. Un dialogue haut en couleurs et en rythmes entre deux stars de l’art : Daniel Buren et Philippe Parreno, à découvrir jusqu’au 30 avril 2021. 

Pour combler notre impatience en attendant la réouverture des musées, rendez-vous dans le 6ème arrondissement de Paris pour une plongée en eaux colorées dans l’univers de deux artistes majeurs de la scène contemporaine. La nouvelle et cinquième adresse de la Galerie de Kamel Mennour présente Daniel Buren et Philippe Parreno. Simultanément, travaux in situ et en mouvement, une collaboration inédite et atmosphérique entre les deux artistes, réunis pour l’occasion sur 350 mètres carrés. 

Les colonnes de Buren, mais pas que

Daniel Buren, ce n’est pas seulement les célèbres colonnes à rayures bicolores de la Cour d’honneur du Palais-Royal. Figure de l’art « in situ », son œuvre est bien plus vaste que cela : il a réalisé plus d’un millier d’installations dans l’espace public, à Lyon, Paris ou Nantes, mais aussi en Allemagne, au Japon, en Italie et en Espagne. Son art interroge l’environnement et s’adapte à son lieu d’ancrage. 

Le Centre Pompidou lui a notamment consacré en 2002 une magistrale exposition ; il est l’invité en 2012 de Monumenta au Grand Palais, et il crée à la Fondation Louis-Vuitton de poétiques voiles de verre pour Franck Gehry en 2016. 

Une expérience immersive

Dans Simultanément, travaux in situ et en mouvement, on retrouve non seulement les raies blanches caractéristiques de Buren, qui recouvrent les miroirs des 25 piliers installés dans la galerie, mais aussi et surtout des jeux de lumière, de volumes et de couleurs. Les formes géométriques changeantes se transforment sous nos yeux, dans une atmosphère onirique et vibrante. 

L’artiste a travaillé comme à son habitude « in situ », réinventant sa proposition pour l’espace en question. Le résultat ? Une sorte de jeu ludique et coloré, qui nous entraîne dans une expérience immersive

Vue de l’exposition Daniel Buren – Philippe Parreno « Simultanément, travaux in situ et en mouvement », Galerie Kamel Mennour, Paris © Laure-Anne Ricaud

Un mouvement incessant, comme une respiration

Les fenêtres de la galerie, recouvertes de filtres de couleurs vives, créent une ambiance multicolore nourrie de perpétuelles variations. Parreno donne vie aux stores, qui s’abaissent et remontent dans un rythme sans fin pour tour à tour faire entrer ou occulter la lumière du jour. Créant ainsi un ballet infini d’ombres et de lumières, dont on a peine à se défaire ; on croirait presque entendre respirer l’espace. 

« Tout est respiration et mouvement dans ce lieu qui n’en est jamais vraiment un, puisqu’il se forme et se déforme sans cesse »

Philippe Parreno

Parreno, artiste plasticien hybride

Philippe Parreno se plaît à jouer avec les nouvelles technologies et le cinéma pour raconter des histoires intimistes. Artiste plasticien phare, il ne cesse de questionner le réel et l’expérience que nous en faisons. Par le biais d’une variété de supports, il fait de l’art un ensemble interactif et dynamique. Il répond ainsi parfaitement aux rayures figées de Buren, pour former un système géométrique de couleurs et de lumières. 

Il a été exposé, entre autres, au musée d’Art moderne de Paris, au Centre Pompidou, à la Fondation Beyeler en Suisse et à la Tate Modern à Londres. 

Un hommage au ballet lancinant de l’eau

L’eau est présente en tant que symbole essentiel de l’exposition : les montées et descentes des stores font en effet écho aux mouvements de la Seine, décelés par des capteurs tout proches placés par Philippe Parreno. À la fin de l’exposition nous attend d’ailleurs un mur d’eau, qui dialogue avec les va-et-viens incessants des stores. 

Vue de l’exposition Daniel Buren – Philippe Parreno « Simultanément, travaux in situ et en mouvement », Galerie Kamel Mennour, Paris © Laure-Anne Ricaud

On déambule au sein de cet espace comme dans une sorte de labyrinthe vivant, avec l’étrange sensation d’être dans un lieu hors du temps. La galerie fait partie intégrante de la proposition artistique, en se situant dans un jeu constant entre le site et sa transformation. Buren invente une « fausse architecture » éphémère, troublante et (é)mouvante, jouant avec le visiteur qui tente de capter des bribes de son reflet dans les multiples miroirs. 

Exposition « Simultanément, travaux in situ et en mouvement », Daniel Buren, Philippe Parreno, à découvrir à la Galerie Kamel Mennour, 5 rue du Pont de Lodi Paris 6, du mardi au samedi de 11h à 19h, jusqu’au 30 avril 2021. Accès libre. Pour plus d’informations

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