CINÉMA

(Re)voir – « Phenomena » : L’ horreur en chair et d’os

© New Line Cinema / Titanius Distribuzione

Le long-métrage Phenomena (1985), signé par le maître du giallo Dario Argento, est disponible sur le site de LaCinetek. Une belle occasion de (re)découvrir ce film d’épouvante eighties détonnant dans lequel se rencontre serial-killer, surnaturel et heavy metal.

L’intrépide Jennifer (Jennifer Connelly) intègre l’École Internationale pour Filles Richard Wagner, prestigieux pensionnat niché dans les hauteurs suisses. Tandis que l’héroïne tente de se familiariser avec ce lieu inquiétant, ses singularités suscitent vite la crainte de ses camarades et du personnel. En effet, en plus d’être la fille d’une star de cinéma, Jennifer souffre d’un trouble somnambulique. Elle possède un étrange don de communication avec les insectes. C’est lors d’une de ses crises nocturnes qu’elle est témoin d’un meurtre sanglant, œuvre d’un tueur en série qui terrorise la région. Jennifer se lie dans ce milieu dangereux d’amitié avec un entomologiste. Avec lui, elle apprend peu à peu à contrôler ses pouvoirs pour identifier le terrible meurtrier.

Écrit par Dario Argento et son scénariste fétiche Franco Ferrini (notamment aux commandes du mythique Once Upon a Time in The West), Phenomena s’ancre fermement dans les codes du giallo. Il s’agit en effet d’un genre cinématographique dans lequel s’entremêle intrigue policière, horreur et sensualité sur fond de guitares électriques. Phenomena constitue de fait une fable fantasmagorique dans laquelle l’innocence, incarnée par Jennifer, reste incomprise et souillée. Malgré ses efforts, l’héroïne est seule face au Mal à l’état pur et est mise à l’épreuve du feu et du sang. Elle est à la fois victime de son passé, de ce que certains jugent être son anormalité et du peu de crédibilité donné à sa parole. 

Vertige de l’horreur

Le réalisateur de Suspiria (1977) et Inferno (1980) conjugue habilement les ingrédients nécessaires à la création d’une atmosphère anxiogène. Dario Argento ose de fait mettre à mal la traditionnelle image d’Épinal de la Suisse en optant pour des angles de vues alambiqués et des perspectives écrasées. Ces choix offrent une sensation de poids et de vertige. Cela souligne le drame qui se joue au creux de ces paysages plus si inoffensifs. Les extérieurs alpins à ciel ouvert sont aussi oppressants que les architectures baroques et ténébreuses.

Le suspense intense des séquences du film est sans cesse brisé par l’apparition de détails creepy et par des choix musicaux aventureux. Le surgissement d’une musique de Motorhead ou Iron Maiden lors des scènes d’hallucinations ou de course-poursuites renforcent en effet le mal-être de la jeune fille, que le spectateur vit à ses côtés.

Phenomena constitue définitivement une production italienne kitschissime, idéale pour pimenter les soirées d’amateurs d’insectes, de body horror ou de B .O. aux synthés saturés. Le long-métrage est disponible sur LaCinetek, qui propose une sélection de films cultes du XXième siècle recommandés par des maîtres.ses du 7ème Art.

Bande-annonce de Phenomena. Source : © New Line Cinema / Titanius Distribuzione.

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