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Festival Premiers Plans d’Angers – Prems

© Premiers Plans

Le Festival Premiers Plans d’Angers s’est déroulé en ligne du 25 au 31 janvier dernier. Tandis qu’Ibrahim, le premier long métrage de Samir Guesmi a été récompensé par le Grand Prix du jury, la rédaction vous livre le palmarès et ses coups de cœur vus en streaming, à défaut d’être sur place.

Palmarès

Dans la catégorie des longs métrages européens, Ibrahim de Samir Guesmi remporte le Grand Prix du jury. The Earth is Blue as an Orange, réalisé par Iryna Tsilyk est également récompensé d’une mention spéciale. Du côté du jury Diagonales, le grand prix revient à Petit Samedi, le premier long métrage signé par la réalisatrice belge Paloma Sermon-Daï.

Parmi les courts-métrages européens, Staying de la britannique Zillah Bowes remporte le grand prix européen tandis que le grand prix français est attribué à Trona Pinnacles, réalisé par Mathilde Parquet. La mention spéciale va aux belges Imge et Sine Özbilge pour leur film Mosaic.

Le jury de la catégorie Plans animés a récompensé The Lost Wedding Ring, de l’allemande Elisabeth Jakobi de son Grand Prix, tandis que la mention spéciale revient à Easter Eggs, signé de la main de Nicolas Keppens. Du côté des films d’école, le Grand Prix revient à I Want To Return, Return, Return de l’allemande Elsa Rosengren tandis que le prix spécial revient à Spaces de la tchèque Nora Strbová.

Pour les autres jurys, Dustin, le court de Naïla Guiguet remporte le Prix des bibliothécaires, et la Mention Spéciale des jeunes cinéphiles. De son côté, Digger, du grec Georgis Grigorakis remporte le prix des activités sociales de l’énergie. Les Yeux grands ouverts, film d’animation de la française Laura Passalacqua remporte le prix Arte des plans animés. Enfin, Tronna Pinnacles de Mathilde Parquet remporte également le prix des jeunes cinéphiles pour un court, tandis que Cante de l’estonienne Teresa Baroet remporte le prix l’Extra court des plans animés.

Les coups de cœur des rédacteur.rice.s

Petit samedi de Paloma Sermon-Daï

Le premier long-métrage de la réalisatrice belge Paloma Sermon-Daï fait le récit quasi biographique de l’existence de son frère, Damien, détruit par une addiction à l’héroïne. Toujours soutenu par l’amour sans égal d’une mère, ce petit dernier d’une fratrie de cinq enfants se questionne et tente une nouvelle fois de guérir des maux qui le rongent. La réalisatrice dresse le portrait d’une famille pauvre et rurale de Belgique, la mise en scène épurée accompagnant la simplicité de ses personnages. Difficile de ne pas être ému par l’amour à tout épreuve de cette mère protectrice et par la grande douceur du héros, moins délinquant qu’être sensible simplement broyé par la grande précarité et la violence de son existence.

Emma Poesy

The Earth is Blue as an Orange de Irina Tsilyk

Au milieu du chaos, une famille ukrainienne partage une passion commune pour le cinéma. La conception d’un film sert alors de refuge pour oublier un quotidien ponctué par les multiples tirs d’obus, qui secouent cette région du Donbass. Le projet possède une forte symbolique : raconter la réalité pour ne jamais oublier. Un documentaire touchant et courageux, qui convainc que le cinéma, même pendant de sombres périodes, n’est jamais mort, et même nécessaire.

Yoann Bourgin

La Lévitation de la Princesse Karnak d’Adrien Genoudet

A Paris, une catastrophe a lieu. La capitale doit être évacuée. Paul propose alors à son ami Camille de se réfugier au domicile de son frère. En rencontrant divers personnages solitaires jusqu’à leur arrivée, le road-trip s’avère introspectif, poétique et onirique. Le film surprend par l’audace des sujets de réflexion abordés, dans un univers apocalyptique et suspendu.

Yoann Bourgin

Dustin de Naïla Guiguet

Un hangar désaffecté, lieu idéal pour une soirée techno. C’est là-bas que l’on suit Dustin, jeune transgenre, et son groupe d’amis, jusqu’au lendemain. La réalisatrice, Naïla Guiguet, membre fondatrice du collectif Possession, parvient à réunir ici une partie du casting de De la terreur, mes sœurs ! d’Alexis Langlois, dans un court-métrage saisissant. Dans l’obscurité de la soirée, le film met parfaitement en lumière les interrogations que traversent de nombreuses personnes transgenres, tout comme le manque d’éducation d’une partie de la société quant à leur identité. Disponible sur MyCanal.

Yoann Bourgin

Letters de Bojan Radanovic

Vingt-cinq ans après leur séparation, un fils et son père se retrouvent. Nenad vient à la rencontre de Slobodan, son fils, pour céder un bien lui appartenant et devenu abandonné. La maladresse et l’absence de tact du père lui coûtent cher. Lui qui espérait des retrouvailles heureuses voit son retour mué en échange inconfortable, voire épineux. Le court-métrage insiste sur l’influence de l’absence de père au stade de l’enfance, absence qui laisse des traces.

Yoann Bourgin

Ghosts d’Azra Deniz Okyay

Un portrait revendicateur et poétique d’une Turquie contemporaine, où se mêlent les fantômes habiles d’Azra Deniz Okyay. Place des femmes, des artistes, conservatisme, liberté, guideront les chemins des habitants, déboussolés par l’obscurité soudaine à laquelle ils sont confrontés.

Romane Segui

Journaliste

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