LES CLIPS DU MOIS – Janvier #1

Deux fois par mois, la rédaction vous offre une sélection de dix clips qui ont fait l’actualité musicale. Pour cette première sélection du mois de janvier un thriller funky avec L’impératrice, une escapade soleilleuse avec Jäde et des larmes virtuelles avec Toboggan.

L’Impératrice – Peur des filles par Aube Perrie

L’Impératrice revient avec son nouveau single funky aux allures de “thriller féministe”, Peur des filles. C’est un clip complètement loufoque et horrifique que nous sort la réalisatrice Aube Perrie. Nous y découvrons un style très seventies et eighties au pastiche et clin d’œil à Dario Argento ou encore Rob Zombie. Flore Benguigui se transforme en envahisseur assoiffé de chair fraiche mâle dans cette galaxie gouvernée par les hommes. C’est à coup de couteau et non de basse groovy, que l’on peut entendre dans la chanson, que Flore assassine les êtres masculins de cette planète. Tandis que les musiciens de L’Impératrice se font décapiter un par un par la chanteuse, le morceau nous fait danser, groover à la Parliament. En attendant leur album Tako Tsubo dont l’atterrissage est prévu le 26 mars, L’Impératrice fait fort avec cette hymne féministe. Une recette parfaite donc pour un un dîner cannibale. Un délice.

Thomas Soulet

Yoa – Appartement par Yoanna Bolzli et Florence Logan

À l’heure où le dehors se fait rare, les méditations et introspections entre quatre-murs s’accumulent. Pour son tout premier single Appartement, la chanteuse Yoa donne les premières couleurs de son projet et livre un clip homemade rose amère. Co-réalisée par Florence Logan, la vidéo nous emporte dans l’intimité confinée de la jeune femme. Dans une succession d’images filmées au smartphone, Yoa nous livre ses états d’âmes entre ennui, contorsions et danse libératrice. Sans filtre, elle se dévoile et déverse ses espoirs et désespoirs sur nos coeurs qui coulent. Un clip tout en simplicité et en sincérité comme un hymne à l’amour de soi, l’acceptation de son corps qui nous chuchote tout doucement qu’il faut sourire à la brume quand elle se pointe et transformer l’ennui et le vide en nuages de poésie.

Pauline Pitrou

WASSAILER – Song For Elsa par David Bertram

Extrait de l’album I, The Bastard, le londonien d’adoption nous emmène ici, sur de douces notes de piano, sur une plage. La caméra s’ouvre sur le visage ravagé d’un homme, complètement débraillé. Il semble s’être battu, mais avec qui ? Le personnage court après une femme, vêtue d’une robe jaune. Sa soeur, un amour perdu ? Sa quête se voit constamment interrompue, l’homme se débat dans tous les sens, trébuche dans le sable, se prend des coups mais personne n’est là. En fin de compte, cette ombre jaune c’est son double, cette autre version de lui même qui le repousse, le torture probablement pour quelque chose qu’il aurait fait à cette femme et qui ne semble n’être maintenant qu’un souvenir. Un plot twist à la Fight Club signé David Bertram dans un clip qui atteste d’un franc contraste entre la violence des actions et la volupté de sa composition, elle qui aura mijoté plus de 10 ans avant que l’artiste ne décide de le présenter sur son prochain album.

Guillaume Lacoste

Basile Di Manski – Les Parents par Basile Di Manski

Les parents sont les mêmes que nous en différent“. Après La Vie Dure, Basile Di Manski s’interroge avec nostalgie sur le mood de ses parents, se transposant à leur place. Une nouvelle fois il joue ici habilement avec Photoshop, traversant des paysages de carte postale, urbains puis naturels, traversé de couleur. Pour se faire l’artiste s’est ici grimé en homme et en femme âgé·e, le sourire aux lèvres, le regard vif et un brin mélancolique. Un clip simple, sans prétention mais comme on les aime : touchant et symbolique. Les Parents est extrait de l’album Les Nouveaux Quartiers, qui sortira dans quelques jours, le 20 janvier, sur le propre label de Basile Di Manski, Californie Mentale.

Caroline Fauvel

Damso – 911 par Adrien Wagner

Réalisé par Adrien Wagner Damso avait promis un clip « incroyable » pour son premier extrait visuel issu de QALF. Encensé par la critique, il faut dire que le clip est la première apparition du Dems dans une réalisation home made depuis 2018. La ballade amoureuse emblématique de l’album, 911, est poétiquement illustrée dans un scénario à la Bonnie and Clyde, où la Belle y est interprétée par nulle autre que Noémie Lenoir. La mannequin et actrice, citée dans le titre Autotune (2016), pose notamment sa voix grave et sensuelle sur QALF pour le morceau Sentimental. Dans 911, on y voit donc la complicité hypnotique d’un ténébreux tandem. Les regards amoureux se confondent au gangstérisme classe, entre Scarface et Casino Royale. L’ambiance est sombre mais la passion y est lumineuse. Le script est ambitieux et la production y est d’une qualité rare. Faites bien le 911, car l’œuvre d’Adrien Wagner est un petit bijou cinématographique.

Inès Zeghloul

shame – Nigel Hitter par Maxim Kelly

Clap  ! shame balançait début du mois un nouveau tube pour le moins étrange  : Nigel Hitter, dernier teaser avant la sortie tant attendue de ce vendredi, Drunk Tank Pink – second opus du groupe. Ce clip en noir et blanc, réalisé par Maxim Kelly, est un chassé-croisé de rushs extraits d’archives d’un centre hospitalier pour enfants, et des punks y figurant comme médecins et scientifiques. Bambins retournés, soulevés et examinés à l’œil, on les voit même clamer les paroles  ! Un malaise recherché, qui s’avère être plutôt risible. Quand il est question d’intensité, les gars de Londres savent y faire  : les “Pop, pop, pop” du frontman, Charlie, fulminent sur fond de strates et jeux de guitares énervés  !

Leelou Jomain

Mathieu Boogaerts – Am I Crazy par Mathieu Boogaerts

Cinq ans après son sublime et poétique album Promeneur, Mathieu Boogaerts is back et avec un superbe french accent. “AM I CRAZY”, cadeau de ce début d’année, nous emmène dans les tropiques avec un rythme reggae décontracté. Riff de guitare à l’hawaïenne et avec son piano, Mathieu nous chante les couleurs qu’il aime autour de lui. Avec son timbre bien à lui, il nous susurre un arc en ciel dans la ville. Un clip ensoleillé qui donnera le sourire à tous ceux qui entendront cette jolie mélodie. On se balade in London, pendant que Matthew nous fait le plaisir de quelques pas de danse assez originaux. Une vidéo faite mains où le chanteur nous présente les simples choses de la vie. Cet album « (EN ANGLAIS) » sortira le 26 février et ramènera un peu de bonnes ondes dans nos vies confinées. Donc Mathieu Boogaerts est-il fou ? Maybe.

Thomas Soulet

BICEP – SAKU (feat. Clara La San) par David Bertram

Artiste aux beats imparables, BICEP sortira son prochain album ce 22 janvier. Il continue d’en tester un peu plus la sortie avec le clip de SAKU, ici en featuring avec la jeune artiste Clara La San – une collaboration qui n’est pas sans nous rappeler des AlunaGeorge featuring Disclosure. Dans ce clip à l’image très cinématographique la musique illustre sans mal le vertige transmis par le tourbillon infini des escaliers qui se poursuivent encore et encore. La rythmique engagée laisse peser le vide et le doute face à cette situation inextricable où l’échappatoire – la fête et la sociabilité – se veut difficile à atteindre.

Caroline Fauvel

Toboggan – Nuits sans toi par Toboggan

L’amour a ses raisons et ses réseaux. Le duo signé chez Pont Futur revient avec un nouveau single pour bercer les insomnies des cœurs brisés. Une berceuse pop qui illustre les maux de nos époques où les mots des réseaux comptent. Pour mettre en images Nuits sans toi, le tandem amoureux livre un clip animé en noir et blanc auto-réalisé. Larmes grises, complainte sous la lune et vide de l’absence : Lola et Quentin, aussi doué-es en musique qu’en dessins, nous offre une vidéo emplie de douceur qui éclairera ces nuits sombres d’hiver où l’attente de l’être aimé se fait interminable. Un nouvel élan qui confirme l’univers très eighties et romantique des deux tourtereaux aux coeurs nuage.

Pauline Pitrou

Jäde – Roue libre par Neeno

Après l’intense Diddy, c’est le clip de Roue libre de la prometteuse Jäde qui sortait le 14 janvier. Soleil couchant orangé, une piscine et ses reflets… L’esthétique est estivale, l’ambiance est californienne, le réalisateur, Neeno (déjà présent sur son dernier single), s’offre une palette de couleurs chaudes qui se mêle harmonieusement avec les sonorités planantes du titre. Roue libre est solaire, rythmique, posé sur des percussions dansantes et suaves. Son deuxième EP Romance sort le 12 février, on l’aime déjà.

Inès Zeghloul

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