Jeanne Susplugas, une exposition au cœur de l’intimité

“There is no place like home” ©Jeanne Susplugas, Ardenome

À Avignon, l’Ardenome accueille jusqu’au 23 février 2021 l’exposition J’ai fait ta maison dans ma boîte crânienne consacrée à l’œuvre de l’artiste Jeanne Susplugas. Un événement organisé dans le cadre de Chroniques, Biennale des imaginaires numériques et en partenariat avec le Festival ON – Octobre Numérique à Arles, à découvrir en visite virtuelle en attendant la réouverture des lieux.

Aussi surprenante que fascinante, l’exposition J’ai fait ta maison dans ma boîte crânienne actuellement présentée à l’Ardenome au cœur de la cité des Papes aborde la question de l’intime et de notre monde intérieur. Dans les vastes espaces de cet ancien grenier à sel, l’artiste Jeanne Susplugas présente plusieurs de ses installations parmi lesquelles Flying House (2017), Disco Ball (2019) et Light House III (2013).

La maison comme fil conducteur

Que se passe-t-il réellement derrière nos portes ? C’est une question que Jeanne Susplugas a choisi de poser à un panel de personnes de son entourage. En lien avec des scientifiques de l’institut Pasteur, l’artiste se penche alors sur nos pensées profondes à partir de cette interrogation : « À quoi pensez-vous actuellement ? »

Si des réponses matérialistes ont pu y être apportées, l’expérience révèle des réflexions plus profondes, révélatrice de portraits psychologiques multiples. De ces échanges, naît ainsi le projet participatif « Flying House » qui illustre l’ambiguïté de la maison, qui nous protège autant qu’elle nous enferme. Les objets aux dimensions exagérées reliés par un « cordon ombilical  » à la maison constituent ainsi un échantillon de toutes les réponses reçues : crayon, clef de voiture, collier, arme à feu, raquette de tennis… Le projet « Flying House » nous propulse dans un monde d’Alice aux pays des merveilles désenchanté où les objets se font le reflet de notre personnalité.

“Flying House” © Jeanne Susplugas, Ardenome

L’addiction au cœur du sujet

Aux connexions neuronales souvent représentées dans l’exposition, s’ajoute la question des addictions agissant sur notre cerveau. À l’instar de la composition sonore « Little Helper s », qui décline en boucle pas moins de deux cents chansons de divers artistes d’Amy Winehouse aux Rolling Stones évoquant leur relation aux substances psychotropes. Dans cette même salle, on y découvre l’œuvre « Disco Ball », une molécule d’éther, un psychotrope particulièrement présent dans le milieu de la nuit, représenté sous forme de boule à facette à grande échelle. Ces œuvres combinées l’une à l’autre proposent ainsi aux visiteurs une stimulation visuelle et auditive simulant une expérience sous psychotrope.

“Disco Ball” @Jeanne Susplugas, Ardenome

L’artiste s’exprime tout au long de l’exposition sur l’addiction, sujet qu’elle aborde avec humour mais qui fait partie intégrante de la réflexion autour du fort intérieur de chacun. Elle nous amène finalement à nous questionner sur ce point : sommes-nous bien chez nous ? En attendant de pouvoir vivre l’expérience de l’intérieur, un grand nombre de ressources virtuelles autour de l’exposition sont proposées par l’Ardenome, depuis la visite de l’exposition, au zoom sur plusieurs œuvres en passant par des ateliers artistiques.

“J’ai fait ta maison dans ma boîte crânienne”, une exposition de l’artiste Jeanne Susplugas jusqu’au 23 février 2021, présentée à l’Ardenome 2 Rue Rempart Saint-Lazare, 84000 Avignon. Ouvert du mercredi au dimanche de 14h à 18h, entrée libre et gratuite, sans réservation. Un événement présentée dans le cadre de Chroniques, Biennale des imaginaires numériques en partenariat avec EDIS et le Festival Octobre Numérique à Arles. Plus d’informations

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