Paul Taylor ou la crème de l’humour anglais à l’Européen

© Laura Gilli

Après #Franglais, Paul Taylor remonte sur scène cet hiver. Présenté à l’Européen, son spectacle “So British… (ou presque)” mêle sarcasme, cultures et double identité de l’humoriste britannique qui n’en finit plus de perdre son anglais sans jamais s’acclimater complètement à la capitale.*

« Vous savez quoi, mon spectacle aurait dû s’appeler “Re-becoming British” avant que mes amis anglais me rappellent que Re-become n’est pas un mot dans la langue de Shakespeare. » Devant la salle comble du théâtre de l’Européen, Paul Taylor enchaîne les blagues, tantôt en anglais tantôt en français. L’humoriste revient sur ses expériences de vie dans l’Hexagone, ses premiers mois en tant que papa d’une petite parisienne, ses habitudes de “bobos” — à mi-chemin entre scooter électrique et tofu — à sa femme et lui, ses origines et sa double identité.

S’il n’y avait qu’une chose à retenir du spectacle, c’est bien celle-là : la double identité de l’humoriste et la perte de repères qui en résulte. Bien qu’installé depuis 2009 en France, Paul Taylor se dit, encore aujourd’hui, à mi-chemin entre l’Angleterre d’où il vient, dont il a les codes et les références — ou presque , et celui où il vit désormais, la France dont il parle la langue — sans jamais complètement l’assimiler, dont il connaît les codes sans jamais complètement les comprendre et découvre les références sans tout à fait savoir les replacer. Julie Gayet, Gad Elmaleh — « Gadel Maleh », Jacques Chirac, Le Père Nöel est une ordure : combien de films, de personnalités, d’émissions télévisées, de publicités n’a-t-on pas intégré sans le savoir, comme une forme de culture commune franco-française ?

© Visuel affiche Paul Taylor

Des références qui n’ont pourtant rien d’inné pour le britannique et qui, sans le savoir, l’amènent à se retrouver dans des situations loufoques que lui seul à le don de raconter. Depuis sa rencontre cocasse avec l’obstétricienne de sa femme qui avoue « ne pas être inquiète mais pas [être] à l’aise » lors d’une visite de contrôle de la grossesse, jusqu’aux 10 minutes de solitude qu’il subit sur scène à l’Olympia face à un public peu réactif, Paul Taylor nous embarque, le temps d’une heure et demi dans la vie d’un English man in Paris au regard aussi affectueux que critique sur le pays du pain, du vin et du fromage. Bref, une véritable bouffée d’air frais en cet automne un peu particulier.

Spectacle « So British… ou presque ! » de Paul Taylor au Théâtre de l’Européen, 5 Rue Biot, 75017 Paris du jeudi au samedi à 19h chaque semaine du 1er au 31 octobre et prolongé en novembre et décembre. Tarifs et informations * Cet article était publié le 24 octobre, avant qu’un confinement général ne soit décrété jusqu’au 1er décembre. En conséquence, les représentations sont annulées pour le moment.

Marie Crabié

Rédactrice en chef de la rubrique Art. Curieuse et intriguée par la création artistique sous toutes ses formes

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