CINÉMA

Il s’appelait Connery, Sean Connery

Du haut de ses 90 ans, l’acteur Sean Connery s’est éteint le 31 octobre. Citant sa famille, l’information a été diffusée par BBC news.

L’acteur écossais est mondialement célèbre pour son rôle fondateur dans la saga 007 inaugurée en 1962 avec James Bond contre Dr. No. Avant cette reconnaissance publique, il joue dans des petits rôles pour des films mineurs si on excepte sa présence dans Le jour le plus long. C’est véritablement le personnage de James Bond qui l’iconise dans une scène de poker qui deviendra un espace incontournable dans les autres épisodes, jusqu’à obtenir le centre de toutes les attentions dans l’un des meilleurs films de la saga : Casino Royale (Martin Campbell, 2006). « My names is Bond, James Bond », c’est par ces mots que le personnage se présente avec une élégance qui collera à la peau de Sean Connery. La scène avec la mygale, l’arrivée d’Ursula Andress sur la plage, tout concourt à faire de ce premier film un succès dans les salles obscures. L’acteur prolonge la prestation de Cary Grant dans La mort aux trousses (Alfred Hitchcock, 1959) et s’inscrit durablement – près d’une dizaine d’années sans compter un retour ponctuel en 1983 – dans la peau de l’agent double. La boucle sera bouclée puisqu’il jouera dans un film d’Hitchcock, Pas de printemps pour Marnie.

Les années 1970 lui offrent quelques rôles dans des productions un peu plus risquées, à l’instar du sublime The Offence qu’il tourne en 1973 sous la direction de Sidney Lumet. Il est impossible de faire l’impasse sur Zardoz, tourné la même année et qui affuble Sean Connery d’un slip rouge des enfers, couronné d’une queue de cheval improbable et d’une moustache saillante. Ce sont vraiment ses rôles chez Sidney Lumet qui lui permettent d’affiner son jeu ainsi qu’un passage dans un John Huston tardif intitulé L’homme qui voulut être roi. C’est probablement cette décennie des années 1970 qui marque un tournant dans sa carrière, délestant le rôle de James Bond pour des scénarios plus tordus.

The Offence - Film de Sidney Lumet - Critique
The offense (Sidney Lumet, 1973)

La multiplication des blockbusters à l’aube des années 1980 invite l’acteur anglais à tourner une dernière fois dans la peau de James Bond pour Jamais plus jamais, titre que l’on peut prendre sur le ton de l’ironie. L’acteur a vieilli malgré l’éternel retour des fondamentaux – attaque de requins, bagarres et scènes de drague – et une structure sans grand changement. L’acteur se transforme en icône de sagesse avec un rôle, lui aussi célèbre, dans l’adaptation de Jean-Jacques Annaud du roman d’Umberto Eco Le nom de la rose. Il entraîne Christophe Lambert dans Highlander en 1986 avant de prodiguer des conseils au personnage de Kevin Costner dans le Chicago des années 1930, sous une caméra très mobile de Brian de Palma pour Les Incorruptibles. Pour le grand public, la fin de la décennie offre un rôle de père à Sean Connery dans la troisième aventure d’Indiana Jones. Son corps est de nouveau plongé dans l’énergie du divertissement, comme en atteste sa présence dans le survitaminé Rock de Michael Bay. On lui préfèrera l’un de ses plus beaux rôles, celui d’un capitaine soviétique dans le film de John McTiernan intitulé À la poursuite d’Octobre rouge.

Sa filmographie s’interrompt brutalement avec la sortie, en 2003, de La Ligue des gentlemen extraordinaires, film plutôt médiocre qui ne permet même pas à l’acteur de montrer son talent. Depuis dix-sept années, nous étions quasiment sans nouvelles de Sean Connery, cet acteur anglais au charme fou. Il a traversé les décennies avec l’élégance qui le caractérisait et il nous laisse aujourd’hui, à l’heure des multiples reports du dernier James Bond et de la fermeture des cinémas.

L'homme qui voulut être roi - CinéLounge
L’homme qui voulut être roi (John Huston, 1975)

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