Parade, nouvelle figure rock de la scène marseillaise à suivre

Sélectionné pour les Inouïs du Printemps de Bourges, le quatuor de Parade, groupe rock originaire de Marseille, y jouait le 17 octobre dernier. Prouvant que la scène rock de la cité phocéenne a de beaux jours devant elle. Rencontre. 

Vous êtes quatre depuis peu, comment s’est créée cette formation ? 

Jules Henriel (chant et guitare) : J’avais passé une petite annonce, je cherchais à monter un groupe après avoir enregistré trois conneries à la guitare acoustique. On s’est rencontrés avec Nico (Nicolas Fossoy, guitare soliste), on a commencé à jouer ensemble avec une boîte à rythmes puis on a fait les premiers concerts comme ça. Notamment le premier à Lollipop, un disquaire marseillais qui est aujourd’hui notre label. Le second était à la Machine à coudre, et c’est là où on a rencontré Mathieu. 

Mathieu Aimon (batterie) : Je passais souvent au disquaire avant d’aller à un concert. J’avais mes petites habitudes : j’allais y boire un verre et après j’allais à la Machine à coudre, qui a fermé depuis. J’ai vu Jules et Nico jouer, c’était un peu les embryons des morceaux. Je connaissais déjà Nico de potes en commun, d’anciens groupes… Et assez rapidement on s’est dit que ça pourrait être cool de jouer ensemble. On a fait des concerts à trois, et une semaine avant l’enregistrement on a invité Marine, avec qui j’avais déjà joué. On a produit l’EP qui vient de sortir, un cinq titres et la cristallisation des premiers moments du groupe. On a enregistré les titres dans notre local avec Rudy, qui est aussi notre ingé-son live. Le processus est très “Do It Yourself”, puisque notre label est le disquaire par lequel on s’est plus ou moins rencontrés, et on s’implique dans toutes les étapes du groupe. Là ça fait un an et demi et on est super contents de représenter la région à Bourges, ce qui n’est pas hyper évident quand on fait du rock. 

On a en effet souvent l’image d’une scène plutôt rap à Marseille. 

Mathieu : En vérité, il y a une vraie communauté rock. C’est vrai qu’au niveau national il n’y a pas forcément de résonance, mais il y a un vrai vivier, une famille. On se voit tout le temps aux concerts, on va dans les mêmes lieux. 

Jules : Il y a vraiment un noyau dur de personnes, assez large, qui soutient les projets, et qui nous a aussi poussé. Notamment des assos marseillaises. On a été mis en avant à un festival marseillais, La Rue du Rock, sur la grande scène, et c’est de là que l’idée de présenter les Inouïs est venue. 

On vous attribue souvent le terme d’underground, pour vous c’est le cas ? 

Mathieu : On n’est pas forcément underground, on vient juste d’un certain milieu de par nos relations au quotidien. Et je pense aussi que c’est parce qu’on a une volonté de tout faire nous-mêmes, comme nos clips. Au début d’ailleurs on se posait la question de savoir si on ferait aussi notre pochette d’EP, mais la confier était aussi une manière de couper le cordon ombilical après l’enregistrement.

Jules : Et en étant inouïs du printemps de Bourges, on est plus underground (rires). 

Pourquoi le nom Parade ? 

Jules : C’était une évidence. On avait un concert prévu, il fallait qu’on trouve un nom et au fur et à mesure on a réalisé les significations. 

Mathieu : On y trouve du sens dans la définition de l’esquive en boxe, ou du joyeux bordel. Mais ce n’était pas très réfléchi, c’est un nom un peu fourre-tout et il y a énormément de groupes qui s’appellent Parade. 

Marine : C’est très dur de trouver Parade sur Google ! 

Jules : Tu trouveras, mais ça ne sera pas nous quoi (rires). 

Vous appréciez l’exercice de la scène ? 

Mathieu : Carrément, c’est là où tu fais tes armes. C’est aussi là où ils se passent des choses qui ne sont jamais arrivées, avec l’énergie et l’effet ping-pong du public. Il y a des fulgurances dans le live au sens rock. Pour un groupe il faut manger de la scène. La suite logique pour nous, qui sommes une jeune formation, c’est de faire un maximum de dates, de gagner en expérience, en jeu, en cohésion. D’aller à la rencontre du public. Là c’est sur que la situation est compliquée, mais en même temps on est super contents d’être là. 

Ce n’est pas trop dur de jouer dans une configuration assise, en jauge réduite ? 

Jules : C’est déjà énorme vu qu’il y a peu autour. Être entouré d’artistes est super enrichissant. Quelque part ça fait un peu catalyseur de tout ce qui se passe, et c’est cool de voir que même des dates qu’on pensait supprimées ne le sont pas. Les gens bougent, trouvent des solutions. S’il faut faire des spectacles assis, on le fera, s’il faut jouer avec le masque on le fera. On s’adaptera. 

Mathieu : La musique trouvera toujours un chemin (rires). 

Les inouïs servent souvent de tremplin vers des plus grandes scènes etc… Vous vous avez quel rapport au succès ? 

Mathieu : C’est très subjectif. J’ai des amis qui font de la musique, ou même des groupes que j’adore, et je me rends compte que la réalité est différente du fantasme que tout le monde s’en fait. 

Jules : Le succès n’est pas une fin en soi. Là on a eu France 3 en couverture média, mon père m’a appelé en me disant que c’était incroyable, mais rien n’a changé entre hier et aujourd’hui (rires). Je pense qu’on a tous la tête sur les épaules, si un jour ça part au-delà de nos espérances on continuera à se dire qu’on est que des musiciens, une bande de potes. On fait ce qu’on aime et ça, c’est déjà génial. 

Parade, en concert au MaMa Festival le 15 octobre (Paris). 

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