« Les dynamiteurs » de Benjamin Whitmer – Une enfance au rabais

©EditionsGallmeister

Les Dynamiteurs, roman noir de Benjamin Whitmer, sortira ce jeudi 3 septembre aux éditions Gallmeister. Avec ce quatrième roman, Benjamin Whitmer s’impose comme un grand représentant de la littérature américaine contemporaine.

1895, dans les quartiers mal famés de Denver, une bande d’orphelins tente de survivre tout en défendant l’usine désaffectée dans laquelle ils logent. À leur tête se trouve Cora, leur quasi-mère de substitution, mais aussi Sam, un jeune homme prêt à braver tous les dangers pour leur assurer de quoi se nourrir. Un beau jour, alors qu’ils doivent protéger leur «  maison  » d’une nouvelle attaque de clochards, un homme fait irruption et leur sauve la mise. Cora, Sam et les autres font alors la rencontre de Goodnight, un géant muet qui se veut protecteur mais qui signera le début de leur descente aux enfers.

«  […] Extirper le vice de Denver, c’était comme essayer de déloger la lune du ciel.  »

Les Dynamiteurs de Benjamin Whitmer

Dans ce livre, il y a deux mondes qui s’opposent : celui des Crânes de nœuds et celui des enfants. On est soit dans un camp, soit dans l’autre. Mais lorsque Sam se voit proposer une grosse somme d’argent s’il assiste Goodnight, il ne peut refuser, ayant à cœur la survie des siens. Il fait alors brusquement son entrée dans le monde des adultes, en découvrant tous ses travers, sa cruauté et sa perversion.

Véritable roman d’apprentissage sans réconciliation finale avec le monde, Les Dynamiteurs se propose de décrire la vie des bas-fonds dans la ville de Denver où règne la corruption et les trafiques en tout genre. Placé sous le signe de la fatalité, ce roman met le lecteur dans la même position que celle de son héros. Considéré comme un enfant mais se voyant confié des tâches d’adulte, Sam essaye tant bien que mal de comprendre le monde qui l’entoure et de deviner par lui-même ce que les adultes lui cachent.

«  […] être un adulte est en soi-même un genre d’arnaque. Tous ces Crânes de Nœud essayaient de se convaincre qu’ils étaient la personne qu’ils se croyaient être.  »

Les Dynamiteurs de Benjamin Whitmer

Relatant des faits d’une violence inouïe par le biais d’une plume acérée, Benjamin Whitmer nous dépeint un XIXe siècle où cowboys, saloon, tables de faro, lupanar et fumeries d’opium peuplent les rues d’une ville établie au bord de la Platte, véritables égouts à ciel ouvert. Offrant une galerie de personnages hauts en couleur, Les Dynamiteurs s’inscrit dans la droite lignée des romans initiatiques américains traitant de la nature humaine. Mais finalement, de ces destins d’enfants, il ne restera pas grand-chose. Rien n’aura pu les sauver de ce monde dont ils feront un jour parti, bien malgré eux.

«  On n’avait jamais eu la moindre chance de les protéger du Monde des Crânes de Nœud, parce que ce monde, nous le créons.  »

Les Dynamiteurs de Benjamin Whitmer

Véritable roman social, Les Dynamiteurs met également en opposition deux mondes qui se mélangent dans l’intimité des clubs aux activités douteuses  : celui des riches et celui des pauvres. C’est dans ce contexte que Goodnight et Sam, sous la coupe de Cole, essayeront d’affronter leurs rivaux mais aussi les autorités locales voulant mettre à mal leurs affaires. Sam évoluera dans ces milieux où le danger et l’illégalité sont le pain quotidien. Témoin des affres de ses compagnons, il s’expose au monde des Crâne de Nœud jusqu’au non-retour. Sam le paiera en perdant l’amour de sa vie, restée dans un monde au sein duquel il n’est plus accepté.

Les Dynamiteurs de Benjamin Whitmer, éditions Gallmeister, 24 euros.

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