LES CLIPS DU MOIS – Septembre #2

Deux fois par mois, la rédaction vous offre une sélection de dix clips qui ont fait l’actualité musicale. Pour cette deuxième vague du mois de septembre plongée baroque avec Lady Gaga, viré dorée avec Oscar Emch et trip infernal avec We Hate You Please Die.

Lady Gaga – 911 par Tarsem Singh

Pour accompagner ce qui est sans doute la chanson la plus réussie de son dernier album, Mother Monster revient au monde avec un clip à l’esthétique d’inspiration arménienne qui lui permet, en cohérence avec le reste du disque, de sublimer les épisodes douloureux de sa vie. Dans une profusion de détails baroques et de jeux symboliques qui raviront les amateurs d’art classique, l’artiste met en scène le mélange surréaliste et opaque entre rêve et réalité dans lequel elle évoluait, à l’époque où elle prenait des médicaments antipsychotiques. Loin des traditionnels plans larges dansés énergiquement, Gaga offre ici une plongée contemplative saisissante dans ses pensées et prouve une fois de plus en toute sincérité la puissance de sa créativité.

Lucille Aubert

Lonny – Incandescente par Shanti Masud

Par les temps gris qui courent où les averses remplacent peu à peu les rayons brûlants du soleil, la chanteuse folk Lonny dévoile le premier extrait de son disque à paraître au printemps. Une douce balade en guitare voix teintée de pluie et de mélancolie. Pour accompagner le morceau Incandescente, elle dévoile un clip troublant de beauté signé Shanti Masud. Des images transparentes qui s’embrassent, des morceaux de ciels et des flammes de bougies qui éclairent à merveille le morceau. Une vidéo apaisante où l’amour et la nature ne font qu’un, où pureté et la lumière sont remis au centre pour le plus grand plaisir de nos coeurs.

Pauline Pitrou

Sally – Tout Roule par Paramour

L’artiste Sally avait déjà évoqué sur Instagram son ambition de parler de sa maladie à travers sa musique. C’est avec Tout Roule, premier extrait de son album, que la jeune et talentueuse chanteuse aborde sa bipolarité accompagnée d’un clip poignant. Une voix pénétrante isolée nous accueille dans un espace fade, à certains moments étroits, à d’autres fuyant de mains rouges. Sally arbore tantôt une robe rose bonbon, tantôt rouge sanglante ou encore un simple costard grisâtre. Tantôt euphorique de sa phase maniaque, tantôt dépressive à l’apparition de son «  deuxième-moi  », l’artiste incarne ses différentes facettes. Le clip respire le tourment découpé de zooms, de déformations d’images ou encore de gros plans qui dressent une atmosphère angoissante. La souffrance rend les toiles neutres maculées de rouge jusqu’à ce qu’il absorbe l’écran. Le clip nous happe, de la même manière que l’artiste est happé entre quatre toiles par ce tourbillon de sentiments contradictoires qui forme sa maladie.

Isaac Daim

We Hate You Please Die – Figure It Out par Julien Brunet

Revoilà des nouvelles des foux furieux de We Hate You Please Die. Après un mini EP sorti en mai dernier, la bande rouennaise décide de mettre en images le titre Figure It Out issu de leur premier album Kids Are Lo-Fi. Un titre de sept minutes qui commence en douceur pour exploser en rock sauvage et hyperactif. Pour le clip, WHYPD fait appel au talent psyché de du réalisateur/ illustrateur Julien Brunet qui dessine un trip vert, bleu et rose délirant. Une vidéo métaphore d’un cerveau en ébullition où réside des créatures en tout genres qui obsèdent et fascinent.

Pauline Pitrou

Lous and The Yakuza – Amigo par Wendy Morgan

Son nom est sur toutes les lèvres, ses chansons résonnent haut et fort dans les baladeurs et l’attente commence à être longue pour la sortie de son premier disque Gore à paraître le 16 octobre prochain. Vivement remarquée récemment aux côtés de pointures du rap (Hamza, Damso), Lous and The Yakuza dévoile Amigo, nouvel extrait de son album. Comme à son habitude, la belgo-congolaise fait appel à son acolyte visuel Wendy Morgan pour illustrer le titre. Des plans de falaises et de ruines où la chanteuse s’adonne à une danse libératrice en compagnie d’une bande de danseurs-euses habité-es par la musique. Une pépite esthétique peuplée de symboles et de liberté pour accompagner cet hymne combatif qui tourne déjà en boucle dans nos têtes.

Pauline Pitrou

Odezenne – Caprice par Alix Caillet

Après avoir une première fois diffusé le titre il y a quelques mois, Odezenne propose une nouvelle fois Caprice, avec un clip sorti le 24 septembre dernier. Une musique écrite pour la soeur d’Alix, ancienne collaboratrice du groupe, luttant contre un cancer. Le clip s’ouvre et se défoule sur une métaphore, celle de ce stade vide rempli de gobelets translucides qui matérialisent les cellules cancéreuses. Alix lutte ici dans ce vide infini, avec pour seul arme un balai et une fougue nécessaire. La vidéo se veut belle, simple, émouvante ; finalement tout ce que l’on attend et tout ce que sait – toujours – magnifiquement faire Odezenne.

Caroline Fauvel

slowthai – feel away ft. James Blake, Mount Kimbie par Oscar Hudson

Le dernier clip de slowthai – ici en featuring avec James Blake et Mount Kimbie, qui ne sont pas expressément mis en avant – a une nouvelle fois les allures d’une blague complètement délirante, au cours de laquelle l’artiste britannique expérimente ses angoisses et ses troubles, mais toujours avec un ton humoristique évident. Ici il vit la grossesse de sa femme, tandis que celle-ci tombe amoureuse de son gynécologue, le laissent seul face dans sa situation. Le clip – construit comme un seul et même plan séquence étouffant – bascule dans un point de non retour lorsque ce nouveau couple célèbre son mariage dans la salle d’accouchement – une salle deux ambiances.

Caroline Fauvel

Oscar Emch – C’est de l’or par Valentin Bruhière

“C’est de l’or” : on ne pouvait pas mieux dire à propos du premier EP Portait Craché du dandy R&b soul Oscar Emch paru fin août. Un mois après, le chanteur nous offre un clip doré sur un plateau pour le morceau C’est de l’or. Signé Valentin Bruhière, la vidéo met en scène l’artiste en aventurier des temps modernes entre forêt, plage et mur de béton. Un clip à l’esthétique léchée empli d’une lumière douce et d’une énergie contagieuse qui prouve une fois de plus que le jeune Oscar a plus d’un lingot dans sa poche.

Pauline Pitrou

Bingo Club – Shallow par Martin Rousselot

Onirique et nostalgique : voilà deux mots qui collent à merveille avec l’univers de Bingo Club, nouvelle signature du jeune label parisien Fuzo. En attendant l’arrivée de leur tout premier EP Separated à paraître le 30 octobre prochain, le groupe dévoile Shallow un troisième single aux airs de ritournelles d’antan teintée d’un léger psychédélisme. Pour accompagner le titre, Martin Rousselot, chanteur de la formation, offre au morceaux un écrin sépia constitué de vidéos tournées au super 8 en plein coeur du Sahara. Un clip qui nous rappelle les premières heures du cinéma muet et invoque le rêve et l’évasion.

Pauline Pitrou

STRUCTURES – Robbery par Julien Peultier

Haut les mains, plus un geste. Structures revient. Après un premier extrait de leur prochain album lâché en avril dernier, la bande d’Amiens revient avec Robbery armée de l’énergie post-punk qu’on leur connaît déjà si bien. Un morceau fort en sirènes et en guitares grinçantes qui prend des airs de course poursuite infernale. Pour accompagner le titre, le groupe fait appel à Julien Peultier (membre du groupe Last Train) qui réalise une vidéo obscure et sublime. Un violent braquage en pleine conférence menée par un gourou possédé par son discours. Sulfureux et stroboscopique, le clip semble vouloir dénoncer une société obsédée par l’argent, habitée par la folie.

Pauline Pitrou

Pauline Pitrou

Lyon / Paris

Fervente prêtresse de la pop française et de tout ce qui s'écoute avec le coeur.

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