Festival « Extra ! » au Centre Pompidou – La littérature hors des livres

Crédits : John Stezaker, « Mask » (Film Portrait Collage) CXCVI / Centre Pompidou

Du 13 au 27 septembre 2020 se tient au Centre Pompidou le festival Extra ! consacré à la littérature extra-livresque. Un voyage thématique parmi des formes littéraires vivantes, sonores, numériques ou exposées renouvelant le processus créatif et la diffusion des œuvres écrites.

Pour la quatrième année consécutive, le festival Extra ! reviens au Centre Pompidou pour proposer des œuvres de littérature vivante, des ateliers, des entretiens qui doivent interroger la multiplicité de la création littéraire et mieux appréhender sa diversité.

Cette année, le festival se mobilise autour d’une installation du scénographe et metteur-en-scène Phillipe Quesne, L’île de Crash Park. Un paysage artificielle, un bout de biotope en carton-pâte selon son créateur, qui servira de lieu de rencontre, de parole, de lecture ou d’atelier tout au long du festival. Le motif de l’île a été choisie pour sa puissance d’inspiration littéraire. C’est une source récurrente d’imaginaire dans les récits d’aventures, d’Ulysse à Jules Verne en passant par William Golding ou Daniel Defoe. Elle peut à la fois incarner le bonheur et la liberté, ou bien la solitude et l’angoisse. Un isolement qui n’est pas sans rappeler les mois de confinement que nous venons de traverser.

Sur les deux semaines, sept « chapitres » sont proposés au spectateur. L’île de Crash Park en constitue le premier et permet d’illustrer le genre littéraire de la robinsonnade à travers une série d’interviews couvrant le théâtre, la lecture et des projections artistiques. Les musiques-fictions de l’IRCAM introduisent également le festival. Sous le dôme de diffusion ambisonique installé pour l’occasion, ces pièces mettent en musique un texte d’une autrice contemporaine, une musique originale et des acteurs dirigés par un metteur en scène. Le texte est ainsi considéré comme un matériel sonore à part entière, et la musique n’est pas une simple illustration du texte : les deux se confrontent et évoluent en parallèle.

La poésie, genre littéraire délaissée par l’édition, mais qui se prête par nature à la déclamation et à l’imagerie est mise à l’honneur cette année. Plus précisément, plusieurs séances sont dédiées à l’écopoétique, courant littéraire qui s’intéresse aux représentations de la nature, de l’environnement, et du monde vivant hors-humain à l’heure du réchauffement climatique. Des rencontres et des séances d’écritures sur le thème du confinement et de la crise environnementale permettront de mettre en valeur certains des textes les plus prometteurs créés lors des ateliers. Dans un registre plus urbain, est organisé une série d’hommages au poète new-yorkais John Giorno, proche d’Andy Warhol et de la Beat Genération – décédé en 2019 – dont le travail poétique à la fois textuel, visuel et sonore a eu pour objectif de sensibiliser la culture de masse à l’art poétique.

Enfin, sous le nom de « Parleuses », l’ile de Crash Park viendra se peupler d’autrices qui proposeront œuvres, lectures et performances pour en finir avec la trop fréquente minimisation du matrimoine littéraire et promouvoir l’inclusion des femmes dans l’héritage culturel.

Festival Extra !, du 13 au 27 septembre 2020 au centre national d’art et de culture Georges-Pompidou. Programme consultable ici.

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