Paysages de cinéma – Le 7ème art s’invite à Saint-Cloud

© Antoine Le Fur – Maze

Jusqu’à la fin du mois d’août, le domaine national de Saint-Cloud met le cinéma à l’honneur au travers d’une installation où le son et la nature ne font plus qu’un.

Et vous, quels films comptez-vous aller voir  ? Voici une question que l’on a certainement dû vous poser ces dernières semaines. Depuis la réouverture des salles obscures, nous assistons à un véritable embouteillage de sorties. Si les traditionnels blockbusters estivaux ont décidé de se faire discrets (pour mieux rebondir après  ?), le cinéma indépendant a, quant à lui, repris des couleurs. Qu’ils soient Français (Été 85La Nuit venue…), Israéliens (Né à Jérusalem (et toujours vivant)) ou encore Danois (Exit), les films de l’été 2020 sauront ravir les plus fervents cinéphiles.

Mais avec une météo des plus clémentes, un doute vous assaille soudainement. Avez-vous vraiment envie de vous enfermer pendant deux heures dans une salle obscure  ? Pourquoi ne pas prendre l’air et profiter de la douceur de l’été  ? Bonne nouvelle, actuellement, il est possible de combiner cinéphilie et ballade en extérieur. Non pas dans un énième cinéma en plein air mais avec une installation des plus atypiques  : Paysages de cinéma. Pour comprendre de quoi il s’agit, rendez-vous au Domaine national de Saint-Cloud, dans un cadre verdoyant et bucolique. L’endroit ne se situe qu’à quelques kilomètres de Paris mais les toits de la capitale se dessinant depuis le panorama du site laissent à penser que la capitale est déjà loin de nous. Après quelques pas, posé devant un massif de fleurs, se dresse un cadre géant. Juste un rectangle avec en fond les immeubles parisiens.

Le cadre, c’est vraiment ce dont il va s’agir avec Paysages de Cinéma. À plusieurs endroits du Petit Parc du Domaine National de Saint-Cloud, le visiteur peut en croiser. Il peut les contempler, assis dans l’une des chaises rappelant celles des plateaux de cinéma et placées juste à côté. Pour que l’expérience soit la plus immersive possible, des enceintes viennent diffuser musiques et répliques de films. Vous voici ainsi transportés dans l’univers rural des films de Jean Renoir (La règle du jeu, Partie de campagne) mais aussi dans l’imaginaire d’Eric Rohmer, le plus littéraire des cinéastes français (La femme de l’aviateur, L’arbre, le maire et la médiathèque). Le cinéma plus contemporain n’est pas en reste avec des références aux films de Valérie Donzelli (La reine des pommes), Mikhaël Hers (Memory Lane), Pascale Ferran (Lady Chatterley) ou encore Hafsia Herzi (Tu mérites un amour).

«  Le dialogue entre paysage et cinéma nous a beaucoup inspiré, tant le paysage est représenté au cinéma et tant la promenade au jardin nous a semblé propice au regard, à l’écoute, à la fiction, et donc au cinéma. »

Nathalie Bessis, déléguée générale d’Emergence

Paysages de Cinéma est l’œuvre d’Emergence, une fabrique pour le cinéma et la fiction. Unique en Europe, elle accompagne de jeunes cinéastes dans la préparation de leur premier long-métrage. Parmi les réalisateurs à être passés par ce que l’on pourrait également nommer «  une Villa Medicis à la française  », citons notamment Alice Winocour (Proxima), Deniz Gamze Ergüven (Mustang), Farid Bentoumi (Good Luck Algeria) ou encore Nicolas Maury (Garçon chiffon, en salles le 28 octobre). Nathalie Bessis, déléguée générale d’Emergence, évoque Paysages de Cinéma de cette manière dans le dossier de presse de l’événement  : «  Le dialogue entre paysage et cinéma nous a beaucoup inspiré, tant le paysage est représenté au cinéma et tant la promenade au jardin nous a semblé propice au regard, à l’écoute, à la fiction, et donc au cinéma. Nous avons souhaité faire une proposition exigeante artistiquement, qui favorise le partage et le plaisir de l’instant. Nous avons imaginé un parcours qui propose au promeneur de devenir spectateur et aussi auteur réalisateur de sa propre fiction. Nous avons aussi voulu créer une expérience qui rassemble, une immersion dans le patrimoine paysager et cinématographique, une promenade visuelle et sonore, un dialogue entre le cinéma et le paysage  ».

© Antoine Le Fur. Maze

Pour se faire, plusieurs artistes ont été invités à participer à l’événement. Leurs talents, quel que soit leur domaine de prédilection, ont donc donné naissance à Paysages de Cinéma. Le designer et scénographe Vincent Dupont-Rougier a ainsi été en charge du design et de la création des différents cadres qui ponctuent le parcours du visiteur. En ce qui concerne la création sonore et le choix des extraits de films, carte blanche a été donnée à Nicolas Pariser, réalisateur du film Alice et le maire sorti l’an dernier. Le tandem Esther Mysius / Peyo Jolivet a, quant à lui, été en charge de toute la scénographie de l’événement. Quant à Sophie Berger et Mathilde Guermonprez, elles sont à l’origine du podcast créé in situ.

Avec Paysages de cinéma, les cinéphiles font l’expérience de quelque chose d’inédit et d’assez stimulant. L’installation donne envie de se replonger dans ces films qui font le patrimoine du cinéma français. Seul bémol, le parcours est un tantinet trop court et le visiteur pourrait avoir cette légère impression d’être un peu sur sa faim. Malgré tout, le charme opère et la sensation de vivre une jolie parenthèse, aussi enchantée que cinématographique, se fait ressentir.

Bonne nouvelle pour ceux qui n’auraient pas encore tenté l’expérience, Paysages de cinéma se tient jusqu’au 31 août. De quoi vous offrir un moment dépaysant sans quitter la région parisienne. Alors à vos marques, laissez-vous aller, évadez-vous et écoutez le cinéma  !

Paysages de cinéma. Du 10 juillet au 31 août 2020. Entrée gratuite. Domaine national de Saint-Cloud / Petit Parc. 1, Avenue de la Grille d’Honneur. 92210 Saint-Cloud

© Antoine Le Fur. Maze
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