L’œuvre de Vivienne Westwood mise en lumière par le musée des Tissus à Lyon

Le musée des Tissus à Lyon organise une exposition retraçant l’œuvre de la créatrice britannique Vivienne Westwood. L’exposition s’appuiera sur la collection de Lee Price, ex-collaborateur de la créatrice et plongera le spectateur dans l’immense créativité de la styliste, qui s’est imposée comme une icône de la mode depuis près de cinquante ans.

L’histoire de Vivienne Westwood avec la mode démarre dans les années 70 et sa rencontre avec Malcolm McLaren. Le couple ouvre un magasin de vêtements poussés par une passion commune. La boutique apparaît sous le nom de « Let It Rock » en 1971 à la fameuse adresse du 430 King’s Road à Chelsea. Elle permet au duo de mettre en lumière ses créations. À l’ouverture, Westwood et McLaren se concentrent sur la commercialisation du style « Teddy Boy » inspiré par Marlon Brando. Au fil du temps, la boutique change de nom comme de style en passant par des looks « rocker/ biker », ou bien des lignes plus sexy sous SEX en 1974 pour enfin atteindre le style punk.  

Boutique de Malcolm McLaren et Vivienne Westwood, 1972, 430 King’s Road, Chelsea

Le magasin habille le mouvement punk rock. Vivienne Westwood et Malcolm McLaren seront reconnus par beaucoup comme les principaux responsables de l’identité visuelle du mouvement ce qui n’était pas tout à fait vrai, bien que leur travail ait participé à l’apparition du look punk à l’instant où il fourmillait dans les rues de Londres.

DE KING’S ROAD AUX DEFILES DE MODE

C’est au début des années 1980 que la connexion créatrice qui unit Vivienne Westwood et Malcolm McLaren prend un tournant. En 1981, Vivienne s’affirme et signe seule son premier défilé avec la collection « Pirates », s’inspirant du costume masculin du XVIIIe siècle. C’est un look romantique nouveau qui surgit sur la scène mode londonienne et inscrit ce défilé dans l’histoire. La collection concluera d’ailleurs la première partie de l’exposition présentée au musée des Tissus.

Vivienne Westwood enchaîne les collections ensuite qui restent inspirées par l’univers punk, avec en 1982, la collection « Savage » ou encore « Witches » en 1983, année où le couple se sépare. La boutique ferme. Par la suite la collection Automne/Hiver 1984/85 « Clint Eastwood » signe le lancement de la carrière solo de Westwood. Elle emporte un succès immédiat, remplie de looks néon de style Tokyo, avec ces fameux bombers colorés qui deviendront une référence de la griffe britannique. 

Bomber issu de la collection “Clint Eastwood” 1985

HISTORICISMES

C’est la volonté de s’inspirer du passé qui sera mise à l’honneur dans une deuxième partie de l’exposition intitulée « Historicismes ». À partir des années 80, Vivienne Westwood puise la plupart de ses inspirations dans la vie passée, celle de l’histoire. La créatrice intégre sa touche de folie, souvent traduite par des couleurs vives mais aussi dans les coupes. De 1988 à 1992, on assiste chez Vivienne Westwood à la période Pagan. Elle traduit la transition des inspirations punks vers celles des « Tatler Girls », la créatrice reprend les codes d’une mode noble tout en parodiant la haute société. 

Cette partie d’exposition ne regroupera pas seulement des pièces de la collection de Lee Price, puisque le musée l’axera sur les inspirations de la créatrice. Il y aura donc aussi des objets d’art, des pièces de mobiliers et des oeuvres du musée des Tissus.

ANGLOMANIA

La tradition affleure dans l’œuvre de Vivienne Westwood et explique pourquoi « Anglomania » fait écho à tellement de moments de sa propre vie. Dans les années 90, Anglomania donne son nom à une collection à succès, faite d’un patchwork franco-britannique. C’est aussi le nom que Vivienne Westwood donne à sa période d’inspirations entre 1993 et 1999. Elle vient de se voir attribuer le prix de la créatrice britannique de l’année deux années consécutives (1991-92) après avoir lancé les collections Vivienne Westwood Homme et le Red Label (jeunes). 

Vivienne Westwood Prêt-À-Porter Automne 1993 © Michel Arnaud

Dans la troisième partie de l’exposition, « Anglomania » capture les références à la culture britannique dont la créatrice a su détourner la vision. Dame Vivienne redessine la silhouette dite « rigide de l’aristocratie britannique » et s’empare des tweeds et tartans traditionnels, avec l’aide d’Andreas Kronthaler, suite à leur rencontre en 1989. Anglomania témoigne de la technique autodidacte de création de Vivienne Westwood. Le visiteur sera plongé « dans les secrets de l’atelier de la créatrice ». 

FASHION ACTIVIST

Par son excentrique créativité, Vivienne Westwood ne cesse à travers le temps de vouloir faire passer des messages, longtemps anticonformistes. Comme le souligne le musée des Tissus de Lyon, la quatrième partie d’exposition met en lumière son engagement  écologique et politique qui s’est accru avec le temps et au fil des collections. Les slogans qui ont d’abord orné les vestes en cuir comme « Fuck » ou « Destroy » ont pris une tout autre tournure- « Climate Revolution ». La notion de message a toujours eu son rôle dans ses créations. De nombreux shows lui ont permis de se faire entendre, des mannequins brandissant des pancartes jusqu’aux discours poignants sur des podiums de défilé.

Pour suivre ses convictions, c’est l’agence S-Cédille de Lyon qui conceptualise la scénographie de l’oeuvre de la créatrice. Les matériaux employées seront réemployés ou bien recyclés par des acteurs locaux de l’économie social et solidaire.  

À LA LOUPE

Pour finir l’exposition retraçant l’histoire de l’enfant terrible de la mode, le musée ne passe pas au dessus des pièces iconiques piochées dans la collection de Lee Price. Par le biais d’un « catwalk » le spectateur aura l’honneur d’être plongé dans l’ambiance du défilé tout en gardant un oeil sur le modèle économique de la marque. 

Après Yves Saint Laurent, le musée des Tissus de Lyon donne vie à une ascension à travers l’immense oeuvre de Vivienne Westwood. Permis par la collection de Lee Price, qu’il nourrit depuis plus de trente ans avec passion. Le collaborateur au sein des différentes boutiques de la marque, se veut gardien de l’oeuvre de Dame Vivienne. L’archiviste offre une exposition exclusive en France et fait don de sa connaissance et de plus de 200 pièces. 

Vivienne Westwood- Art, mode et subversion. La collection de Lee Price du 10 septembre 2020 jusqu’au 17 janvier 2021 au musée des Tissus, 34 rue de la Charité, 69002 Lyon. Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h. Tarifs : 12€ (pleins) et 10€ (réduit).

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