“Viva Latina” Festival Photo La Gacilly

© Camille Paillaud

Et si on partait en vacances en Amérique Latine ? La 17ème édition du festival photo de La Gacilly a enfin ouvert ses portes début juillet, après un mois d’attente. Cette année, en Bretagne inutile de prendre l’avion pour découvrir la forêt Amazonienne, l’exposition « Viva Latina » nous transporte à l’autre bout du monde jusqu’à fin octobre.

Chaque année, ce petit village du Morbihan part à l’aventure. Le public est transporté, en Afrique, en Chine, un peu partout sur terre pour éveiller l’attention aux problèmes environnementaux via des photos au format XXL. Ce lien entre l’Homme et la nature est la base du festival photo et cette nouvelle édition ne déroge pas à la règle. « Viva Latina », un nom qui annonce clairement la nouvelle destination de l’été : l’Amérique Latine. En 2019, la presse nationale a porté son attention sur les incendies qui ont détruit une partie de l’Amazonie, sur la situation tragique des migrants, ou encore, sur les décisions non écologiques de certains dirigeants d’Amérique Latine. Ainsi, mettre en image ces problèmes grâce à des photographies crée un impact plus important dans l’esprit du public.

© Camille Paillaud – exposition de Luisa Dörr

En venant de Redon en voiture, l’exposition surprend. Les immenses murs en pierre sont habillés intégralement de photographies. L’artiste Luisa Dörr ouvre le festival avec des portraits de femmes en costume de lutte («  flying Cholitas  ») et des habitantes des favelas de Rio («  Fallejas  »). L’accent est porté sur le combat de ces femmes à trouver une liberté, une émancipation. Le regard du spectateur ne peut échapper à ces photographies gigantesques aux couleurs vives qui attirent l’attention.

Comparée aux autres années, l’édition 2020 a été allégée en raison de la situation sanitaire. Au lieu des 26 expositions initialement prévues, 19 sont présentes dans les jardins d’Yves Rocher et les rues piétonnes du village. Mais ce n’est pas le Covid-19 qui empêchera petits et grands de découvrir le travail de ces artistes, pour la majorité, latinos. La visite peut se faire de manière personnelle ou à l’aide d’un guide. De nombreux petits détails ont été cachés tout au long de l’exposition photo. Si vous avez l’âme d’un détective, la visite peut se faire de manière ludique à l’aide d’une plaquette disponible au point info.

Comme des images valent parfois plus que des mots…

© Filmé et monté par Camille Paillaud

Témoins d’un monde qui change

Les artistes présents se veulent être témoins du monde : garder une trace du passé qui disparaît et apporter une prise de conscience au monde occidental.

“J’ai toujours voulu être témoin du monde, de sa diversité, de ses beautés. Ce qui correspond, par nature, est de relater la culture, la vie quotidienne, l’humain dans sa condition la plus simple et la plus noble”.

Pablo Corral Vega

En débutant la visite près du végérarium d’Yves Rocher, nous sommes plongés au cœur de l’océan grâce à l’artiste Greg Lecoeur. L’univers bleu expose la fragilité de la biodiversité océanique. Si le jeu des lumières dans les photographies peut sensibiliser les adultes, les enfants sont surpris par l’expression vivante des animaux.

© Camille Paillaud – exposition de Greg Lecoeur

«  Papa, je vois le gros crocodile, papa, je veux prendre une photo avec le gros crocodile  !  ». Cette demande d’un jeune garçon est une mise en abyme des photographies. L’acte de rephotographier avec des personnes à côté de la photo, permet de poursuivre la transmission du message de l’artiste.

Si ces premières photos de l’exposition sont contemporaines, d’autres se font témoins du passé. Avant de se perdre dans le labyrinthe végétal du jardin, l’artiste équatorien le plus important des années 20, Emmanuel Honorato Vazquez offre des portraits en noir et blanc du monde d’avant. Une fois le parcours dans le temps réalisé, l’entrée du labyrinthe végétal se présente.

Trois photographes de l’AFP exposent leur travail de photojournaliste au Brésil, au Chili ou encore au Mexique. Les photographies de Carl de Souza mettent en lumière la vie d’une tribu d’indigènes sous le gouvernement de Jair Bolsonaro. Il y dénonce le besoin du gouvernement à produire toujours plus au détriment de l’environnement. À l’inverse du travail de Carl de Souza, Martin Bernetti ne se tourne pas vers l’humain mais vers la nature. Cette nature qui de prime abord semble si belle et qui pourtant est polluée et disparaît au fil des années.

© Camille Paillaud – exposition de Martin Bernetti

Cette étendue d’eau turquoise/verte à droite contrastant avec le sol blanc n’est autre qu’un lac de déchets toxiques de cuivre.

Prendre conscience du monde qui nous entoure, c’est la mission principale que se donne le dernier journaliste du labyrinthe. Pedro Pardo qui a remporté un prix au World Press Photo 2019, grâce à la photographie d’un couple de réfugiés passant illégalement la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, apporte une réflexion sur notre monde.

© Camille Paillaud – exposition de Pedro Pardo

«  J’ai toujours pensé que le journalisme pouvait transformer la communauté  ».

Pedro Pardo

Le reste de l’exposition est à découvrir par vous-même. En plus des Cow-boys de Patagonie, des abeilles Maya et de bien d’autres artistes, c’est le lien entre l’exposition et le village de la Gacilly qui forment l’originalité du festival. La pierre des murs, les fleurs et les arbres offrent un décor qui prolonge les photographies. Le jeu des couleurs peut parfois être respecté comme entre cette photographie de Pablo Corral Vega et les fleurs qui l’entourent.

© Camille Paillaud – exposition de Pablo Corral Vega

Festival Photo La Gacilly (Morbihan), « Viva Latina », du 1er Juillet au 31 octobre 2020, Gratuit, possibilité de faire des visites guidées payantes chaque jeudi, vendredi, samedi et dimanche à 14h30, durée 1h ; Tarifs : 5 euros (plein tarif), 4 euros (enfants 6-18 ans, groupes de plus de 20 personnes, étudiants, demandeurs d’emploi, bénéficiaires RSA, ASPA, AAH, familles nombreuses), gratuit moins de 6 ans. Ouvert 24/24 et 7/7. Plus d’informations Camion Point Infos sur la Place de La Ferronnerie, téléphone : 02.99.08.68.00 ou site internet.

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