La Visite Guidée – Épisode 8 : Le Musée d’Orsay à Paris

The Musée d’Orsay as seen from the Passerelle Léopold-Sédar-Senghor © Daniel Vorndran / DXR (CC BY-SA 3.0)

On se fait un musée   ? Maze vous embarque pour une visite guidée de musée, qu’il soit mythique comme le MET, insolite comme le Musée de la chasse et de la nature, à couper le souffle comme le Louvre Abu Dhabi ou qu’il demande encore à être connu… Épisode 8  : le Musée d’Orsay à Paris consacré au XIXe siècle sous toutes ses formes.

Premier grand musée parisien à rouvrir ses portes — le 23 juin dernier — des suites de la crise sanitaire, le Musée d’Orsay à Paris présente — enfin — son exposition consacrée au portraitiste James Tissot, initialement prévue du 22 mars au 19 juillet. «  C’est une grande joie et une émotion  » selon les termes employés par sa présidente Laurence des Cars qui était interviewée sur France Inter le vendredi 26 juin.

« Nous avons besoin d’art et de culture plus que jamais, c’est ce qui nous donne des repères collectifs  », avance-t-elle. « Et pourtant le musée fait peur, peut apparaître comme très lointains et notre rôle c’est de casser cette frontière et ces distances », abonde-t-elle. À l’heure où la plupart des établissements ont vu leurs portes closent pendant près de trois mois, comment attirer à nouveau le public à venir découvrir les immenses collections présentées ? On vous donne 4 raisons de vous précipiter au Musée d’Orsay cet été.

1. Comprendre l’histoire des lieux

Inauguré en 1986, le Musée d’Orsay s’installe dans l’ancienne gare d’Orsay — sur volonté, en 1977 du président de la République Valéry Giscard d’Estaing — construit par Victor Laloux en 1900, le long de la rive gauche de la Seine, à Paris.

Une gare qui, par le passé, fut utilisée successivement comme centre d’expédition de colis aux prisonniers pendant la guerre, comme centre d’accueil des prisonniers à la Libération ou servit encore de décor à plusieurs films.

À compter de 1973, le bâtiment est pourtant menacé de démolition et de remplacement par un grand hôtel moderne. Quelques années à peine après le traumatisme de la destruction des Halles Baltard, considérées par d’aucuns comme un joyau de l’architecture du XIXe siècle, la gare fut finalement protégée par son inscription à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques, le 8 mars 1973.

2. Apprécier son architecture unique

Il faudra pourtant attendre dix ans, avant que l’édifice ne fasse l’objet des premiers travaux qui permettront de l’adapter à sa nouvelle fonction de musée. Les architectes de l’agence ACT-Architecture, Renaud Bardon, Pierre Coloboc et Jean-Paul Philippon en ont la charge.

L’objectif de leur intervention est de mettre en valeur la grande nef de la gare en l’utilisant comme axe principal du parcours, et de transformer la marquise en entrée principale. Trois niveaux dessinent ainsi le parcours du musée divisé entre le rez-de-chaussée, le niveau intermédiaire dont les terrasses dominent le cours et l’étage supérieur aménagé au-dessus du vestibule qui longe le quai.

Façade du musée d’Orsay © I, Sanchezn (CC BY-SA 3.0)

Visible de part et d’autre des quais, la surface de l’ouvrage déjà, impressionne. À l’époque de son ouverture, il constitue en effet l’un des plus grandes musées d’Europe et a pour ambition de présenter l’art occidental de 1848 à 1914, dans toute sa diversité : peinture, sculpture, arts décoratifs, art graphique, photographie, architecture.

3. Découvrir la diversité de l’impressionnisme

Le Musée d’Orsay met ainsi en lumière le XIXe siècle comme rarement en Europe et présente l’une des plus grandes collections d’œuvres impressionnistes et postimpressionniste au monde. Mouvement pictural populaire de l’histoire de la peinture, l’impressionnisme regroupe une diversité de réalisations, d’artistes aux personnalités fortes et parfois antagonistes, et dont les approches picturales sont très variées.

Claude Monet, La Pie (1868–1869) © Domaine public

L’institution précise : « Ce qui rassemble véritablement des peintres aussi différents que Monet, Degas, Renoir ou Cézanne, c’est une aventure humaine et collective d’une douzaine d’années durant lesquelles se tiennent les huit expositions du groupe, une période très riche d’échanges. Avant 1874, ces artistes exposent peu et ne sont guère reconnus par la critique. Après 1886, ils sont soutenus par des marchands, notamment Durand-Ruel et Petit. Ils s’éloignent progressivement les uns des autres, et l’impressionnisme évolue alors vers de nouvelles recherches, menées par une nouvelle génération. »

4. Profiter de sa réouverture en douceur

Si le Musée d’Orsay a rouvert ses portes le 23 juin, c’est pour le moment, tout en douceur. Les réservations s’effectuent en ligne et les jauges de visiteurs sont relativement réduites garantissant, paradoxalement en cette période de crise sanitaire, « des conditions de visite exceptionnelles » assure ainsi la présidente de l’institution. « Il n’y a pas la foule des grands jours ce qui permet en effet de profiter des collections, autrement.  »

Grande galerie du musée d’Orsay © Benh (CC BY 2.5)

Alors, que découvre-t-on actuellement à Orsay ? Comme mentionnée plus haut, l’exposition James Tissot (1836-1902), l’ambigu moderne d’abord. Une rétrospective exceptionnelle sur cet artiste majeur de la seconde moitié du XIXe siècle, à la fois ambigu et fascinant. Centrée sur la figure de James Tissot et veillant à ancrer l’art de ce peintre dans le contexte artistique et social de son temps, l’exposition présente les grandes réussites d’un artiste aux images souvent iconiques, et ses recherches les plus audacieuses.

On y découvre enfin l’exposition Au pays des monstres. Léopold Chauveau (1870-1940) consacrée à la figure de Léopold Chauveau, à la fois sculpteur, illustrateur et auteur de livres pour adultes et enfants. S’il est longtemps resté oublié de l’histoire de l’art, une donation de son petit-fils au Musée d’Orsay en 2017, de 18 sculptures et 100 dessins, ont ainsi permis de remettre son nom en lumière.

Le Musée d’Orsay, 1 Rue de la Légion d’Honneur, 75007 Paris. Tarifs : 14€ – 11 € gratuit Informations et réservations

Marie Crabié

Rédactrice en chef de la rubrique Art. Curieuse et intriguée par la création artistique sous toutes ses formes

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