MUSIQUE

« GENE » de LA Priest – Motifs sonores en effervescence

LA Priest

Copyright Isaac Eastgate – Domino

Avec GENE, l’artiste Sam Eastgate a.k.a LA Priest s’abandonne dans une partition hétéroclite, un album fleuve axé autour d’un travail instrumental résolument minutieux.

Après des mois de patience, place à l’expérimentation sur GENE, album à la structure singulière, faite de boîtes à rythmes analogiques que LA Priest a lui même travaillé et ce pendant près de deux ans. Créant ainsi un alliage sonore inédit très souple et multiforme qui crée l’identité marquée de sa musique. Un souhait de l’artiste qui aurait rêvé la machine en question avant de lui donner vie lui-même, développant ainsi cette œuvre en solitaire.

Nous nous étions déjà pleinement délectés des premiers singles (également sortis en Radio Edit – des versions accélérées dont on aurait pu se passer), à savoir What Moves, un morceau certes extrêmement répétitif mais qui avait pleinement su jouer son rôle d’amorce bondissante ; Beginning, morceau introductif de l’album et Rubber Sky sorti hier.

Si le ton est bien souvent gai, coloré, certains morceaux révèlent rapidement une tonalité bien plus sombre, moins légère et échappée que les autres comme Open My Eyes qui se déroule sur un fond sonore deep et grave, et qui se coordonne avec une voix un peu plus tremblante ; et Sudden Thing qui acquiert dans sa lenteur un sens rigoureux de la mélancolie.

Monochrome se décline comme une partition d’abord instrumentale, faisant la part belle aux percussions, et qui nous évoque sans difficulté les effervescence du groupe Metronomy, mais aussi de The Voidz ; notamment dans l’usage intriguant qu’il fait de l’auto-tune dans la suite du morceau, employé à demi-mot sur des voix venues d’ailleurs. LA Priest s’impose véritablement, et ce sur la totalité de l’album, comme un maître des envolées électroniques, en prenant d’une façon pondérée ses distances avec un environnement pop qui l’avait suivi jusqu’ici.

Sam Eastgate livre avec GENE la surprise nécessaire et aérienne de cette période de latence, moins de quatre ans après l’irréfutable succès de Soft Hair (avec Connan Mockassin) qui s’était directement imposé comme un disque culte, et Inji sorti en 2015 ; ce nouvel album peut sans doute prétendre au même destin que les précédents, du moins c’est tout ce que nous lui souhaitons.

LA Priest célébrera la sortie de son album le 13 juin prochain via un livestream (l’événement était initialement prévu aujourd’hui, mais il a été reporté étant donné le contexte social). Il reprendra les concerts à l’automne : le 30 septembre à la Maroquinerie à Paris ; le 1er octobre au Grand Mix à Tourcoing (Afterwork gratuit) et au Botanique à Bruxelles dans le cadre des Nuits le 2 octobre.

Sortie le 5 juin 2020 (initialement prévue le 24 avril 2020).

Auteur·rice

Du cinéma et de la musique - Master Métiers de la Culture

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