(Re)Voir – « Faute d’amour », drame russe

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En 2017, Andreï Zvyagintsev, habitué des nominations et parfois récompensé de prix, dévoile son nouveau long métrage  : Faute d’amour. Le film rediffusé ce mercredi 13 mai à 20h55 sur Arte est à voir où à revoir en VOD sur le site d’Arte jusqu’au 19 mai.

Le réalisateur bien connu des festivals rafle le César du Meilleur film étranger en 2017. Andreï Zvyagintsev s’affirme comme une figure majeure du cinéma russe contemporain. Nous livrant un drame moderne d’une grande justesse, le réalisateur met à nouveau sous l’objectif de sa caméra une famille russe dysfonctionnelle. Le réalisateur exploite une nouvelle fois dans ce film d’une grande puissance les thématiques qui lui sont chères  : l’enfance et les relations intergénérationnelles parfois conflictuelles.

Au cœur de cette histoire se trouve Aliocha, un jeune garçon de douze ans dont les parents prennent la décision de se séparer. À la suite de ce mariage, voué à l’échec dès ses débuts, Boris et Zhenya s’impliquent dans de nouvelles relations amoureuses, se rejetant la responsabilité d’un fils bien trop encombrant. Sa famille, arbre aux ramifications pourries, s’étiole. Entre une mère trop autoritaire reproduisant l’enfance douloureuse qu’elle a elle-même vécue et un père indifférent, Aliocha est condamné au silence et à la solitude.

«  Une vie sans amour… C’est impossible de vivre sans amour.  »

À travers ce film le réalisateur nous fait le tableau d’une société russe prise en étau entre un mode de vie traditionnel et une modernité qui ne peut être ignorée. Le couple, respectant les rôles que la société russe leur a attribuée, a accompli son devoir. Ils ont un bel appartement en plein centre de Moscou, de bons emplois, et ont eu un enfant. La modernité les rattrape lorsqu’ils s’aperçoivent que ce n’était au final pas la vie qu’ils voulaient mener. Abandonnant leur fils, preuve d’un passé qu’ils préfèrent oublier, ils commencent à vivre la vie dont ils croyaient rêver.

Comme c’était déjà le cas pour la première réalisation de Zvyagintsev (Le Retour, 2003), la tension qui parcourt l’ensemble du film nous laisse imaginer l’issue inévitable de cette histoire dès les premières minutes. Boris et Zhenya, irréconciliables, semblent incapables d’oublier leurs différends pour sauver un fils dont l’absence se fait remarquer dans la première partie du film, et bien plus encore dans la seconde.

Avec Faute d’amour, Andreï Zvyagintsev nous offre un drame poignant et une belle leçon de cinéma. Bien plus que de dire, le réalisateur nous montre. L’absence d’Aliocha plane au-dessus de ce long métrage, nous le rendant plus présent à chaque instant. Son absence devient présence. Celle d’un enfant que l’on oublie, hors de l’écran.

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