Outbuster, la plateforme de l’Autre cinéma

© Outbuster – Miracle in cell n°7 / Hwan-kyung Lee

L’objectif d’Outbuster n’est pas de concurrencer les mastodontes de la vidéo à la demande. Bien au contraire, la plateforme se propose de faire découvrir à ses spectateurs une sélection de films représentant cet « Autre cinéma  », jusqu’ici inaccessible.

Outbuster, plateforme de vidéo à la demande est née de l’ambition d’Etienne Metras de faire découvrir à un public français un Autre cinéma. Par « Autre » il faut entendre un cinéma qui peut être hors norme, parfois nanardesque et fréquemment étranger. Le postulat de départ est simple, de très bons films sortent chaque année partout à travers le monde sans que le public français n’ait la chance de les voir en salle. Outbuster vise à remédier à ce problème et à faire découvrir aux cinéphiles quelques beaux films cachés derrière une distribution largement occidentale. À l’heure où Bong Joon-ho fait remarquer aux spectateurs américains « qu’une fois [qu’ils auront] surmonté la barrière des sous-titres, [ils s’ouvriront] à d’autres films étonnants », Outbuster apparaît comme une réponse possible à l’ethnocentrisme.

Prise en main et catalogue

La plateforme, non contente de proposer un riche catalogue allant du cinéma bis, au cinéma noir en passant par des drames indépendants, propose une grande diversité de films venus de pays dont nous ne sommes pas toujours familiers avec le cinéma. L’occasion de découvrir le regard porté par d’autres sur le septième art.

Le site, organisé de manière claire ne nécessite aucune explication, sa prise en main est rapide et assez intuitive. Le choix est laissé aux spectateurs de rechercher lui-même un film ou bien de se laisser guider par Outbuster grâce à des tags ou catégories qui vous éviteront des moments gênants (surtout si vous envisagiez de regarder un Loyd Kaufman en compagnie de votre grand-mère.) La fiche du film devrait, en ce sens vous aiguiller, proposant un résumé, quelques critiques ainsi qu’une catégorie «  Pourquoi  ? Pourquoi pas  ?  » vous donnant trois bonnes raisons de regarder, ou non, ce film. La plateforme fait la part belle aux spectateurs et il est possible de proposer un film pour ce catalogue Outbuster qui évolue de semaine en semaine. Sortez de vos tiroirs tous ces films qui auraient mérité une diffusion en salle et confiez-les aux mains de cette plateforme qui en fera bon usage  !

5 films à voir sur Outbuster

  • Miracle in cell n°7 – Lee Hwan-kyeong

À l’heure où Netflix propose à ses abonnés la version turque de Miracle in cell n°7, Outbuster fait le choix d’aller à la source en offrant à ses spectateurs ce joli film dramatique porté par un casting remarquablement convaincant. Basé sur un fait divers coréen, Mircale in cell n°7 nous raconte l’histoire de Yong Gu, un homme handicapé mental, et de sa petite fille, Ye-seung livrée à elle-même lorsque son père est accusé à tort du meurtre d’une fillette. Un film très touchant offrant un tableau peu reluisant de la justice et des prisons coréennes.

  • Matar a dios – Caye Casas
© Festival Films

Dans un tout autre registre, Matar a dios se présente comme une comédie espagnole des plus sympathique. Une famille reçoit la visite d’un sans abris le soir du nouvel an. Ce dernier va les mettre face à un dilemme qui remettra en cause leurs liens familiaux et leur vision du monde. Présenté au PIFFF 2017, Matar a Dios est une comédie pessimiste porté par un humour noir qui fait mouche.

  • Bekas – Karzan Kader
© Farbfilm

Dans un monde loin d’être tendre, Zana et Dana deux frères orphelins âgés respectivement de six et dix ans, décident de quitter l’Irak pour l’Amérique. Seuls – leurs parents étant morts dans un récent conflit armé – ils tentent de rejoindre leur eldorado à dos d’âne. Mais l’Amérique qu’ils pensent être une ville lumineuse au sein de laquelle vit Superman est bien loin d’eux. Un road-movie qui pose un regard tendre sur l’enfance et les liens fraternels.

  • Microhabitat – Go-Woon Jeon

Véritable hymne à la liberté, Microhabitat nous décrit le quotidien de Miso, jeune gouvernante qui renonce à son logement et aux convenances pour ne pas abandonner ce qui fait le sel de sa vie, ses petits bonheurs. D’ancien ami en ancien ami, elle divague dans une ville aux prix de moins en moins abordables. Go-Woon Jeon dresse un tableau saisissant d’une jeunesse coréenne pleine de désillusions dans ce film doux-amer baigné de nostalgie. Microhabitat se présente comme une critique sociale de l’insalubrité et des inégalités qui règnent dans la société coréenne.

  • Un été suédois – Fredrik Edfeldt
© ASC Distribution

Une petite fille, confiée à sa tante irresponsable par des parents partis pour une mission humanitaire, découvre la vie d’adulte précocement. Le film se déroule le temps d’un été et s’il est visuellement lumineux, il s’avère parfois sombre dans les thématiques qu’il aborde. Fredrik Edfeldt décrit un passage de l’enfance à l’adolescence difficile. La fillette est frappée de plein fouet par les vices d’un monde adulte qu’elle rejoindra, inévitablement. Porté par un premier rôle très convaincant, Un été suédois est un long-métrage contemplatif et plein de la langueur éphémère des vacances d’été.


La plateforme Outbuster propose en ce moment un essai gratuit d’un mois, puis 6€ par mois.

Pas encore de commentaires

Laissez un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée.