LES CLIPS DU MOIS – Mai #2

Pour cette deuxième sélection de clips du mois de mai, du luxe italien avec Jäde, une escapade en roller avec Bingo Club et des hymnes animés à la vie avec Catastrophe.

Gussstave – *MARMALADE par Leo Schrepel

Les couchers de soleil orangés des nuits d’été ne sont plus vraiment loins mais si votre patience a des limites, il vous reste toujours le dernier clip de Gussstave. L’artiste franco-britannique pour qui la pop lascive n’a plus de secret revient avec *MARMALADE extrait de son premier EP Bedroom Posters (*Spring) à paraître le 19 juin prochain chez Half Awake Records. Un titre classieux au charme ravageur qui succède à Flying Limousine paru plus tôt cette année. Pour accompagner son morceau il fait appel à Léo Schrepel – déjà présent à la réalisation sur ses deux derniers clips – qui signe une vidéo épurée où le chanteur chante et livre quelques pas de danse sur les toits de la capitale. Un ciel mauve et une atmosphère rose dont on se délecte avec gourmandise.

Pauline Pitrou

Catastrophe – Encore / Solastalgie par David Sztanke

Il y a mille façons de concevoir la fin du monde, avoir peur et tout faire pour ne pas y penser ou métamorphoser l’angoisse en poésie lumineuse pour célébrer la vie. Le groupe Catastrophe, lui, opte pour la seconde et dévoile un double single merveilleux : Encore et Solastalgie. Deux titres aux ambiances différentes mais complémentaires extraits de leur deuxième album GONG ! à paraître à la rentrée chez Tricatel. Encore ou l’éternel retour se dessine dans une ambiance musicale rythmée et entêtante, un hymne à la pluralité des vies qui s’offrent à nous, comme si la vraie fin n’existait pas. Solastalgie sorti le lendemain se penche lui sur un phénomène peu connu, la solastalgie qui représente une certaine mélancolie liée aux changements climatiques que va subir le monde, un titre solennel et aérien où le groupe imagine l’après sous le prisme de l’écologie et de la nature. Deux manières d’appréhender la fin superbement animées par la caméra de David Sztanke, qui dessine aux morceaux des couleurs vives et heureuses, des images comme des poèmes nous invitant à la contemplation et à l’émerveillement.

Pauline Pitrou

Terrenoire – Ça va aller par Terrenoire

Après le sulfureux Baise-Moi, les deux frères stéphanois frisés et impudiques reviennent avec un titre intime et puissant Ça va aller, deuxième single de leur premier disque Les Forces Contraires à paraître à la fin de l’été. Un clip qui pourrait résumer à lui seule leur histoire d’amour avec la vie, leur lien fragile avec la mort. Des souvenirs de famille sur pellicules, des rires d’enfants, des danses d’adolescents, puis des souvenirs d’escapades et de scènes proches d’aujourd’hui. Une vidéo auto-réalisée où s’entremêlent, passé et présent, ombres et lumières, le tout bercé par le même mantra scandé à pleine gorge, à plein coeur “Ça va aller, ça va aller, la vie” pour se dire que tout ira bien, tout ira mieux, tout s’illuminera, tout s’illumine déjà. Ça va mieux.

Pauline Pitrou

Jäde – Milano par Rise / Daxx

Le charme à l’italienne. Pour la sortie de son premier EP Première Fois, la chanteuse Jäde s’envole direction l’Italie en quête de luxe et de billets avec Milano. Arpentant les rues et couloirs d’hôtels de la capitale de la mode avec une amie, elle fait fi du monde autour et s’approprie la ville avec élégance et insolence. Réalisée par Rise et Daxx, le clip frénétique alterne entre vidéos amateurs au teint vintage et plans psychédéliques aux couleurs vives qui tremblent au gré des beat trap de la musique. Un clip exaltant qui sied à ravir avec le morceau le plus egotrip de l’EP.

Pauline Pitrou

Fils Cara – Derniers dans le monde par Felower

Comme un air de fin du monde dans la boîte à musique de Fils Cara. Le petit dernier du label Microqlima ne s’arrête plus et dévoile Dernier Dans le Monde, un nouveau titre lunaire à l’odeur de soufre. Celui qui nous a habitué à des pépites visuelles pour tout ses titres continue son chemin et nous offre un clip en 3D apocalyptique signé Felower. Recréant à l’ordinateur les avatars du chanteur et de son frère au piano, le jeune réalisateur (qui est aussi musicien) nous emporte dans un désert poétique quelque part entre ciel et mer, étoiles filantes et aurores boréales. Une plume surréaliste et une chanson à mi-chemin entre rap mélancolique et pop galactique qui succèdent à la très belle live-session de Hurricane. Deux titres qui annoncent la couleur sombre et introspective du futur album.

Pauline Pitrou

Crystal Murray – Easy Like Before par Kisol

Et si on dansait dans les fleurs ? Peu de temps après la sortie de son premier EP I Was Wrong, la jeune prodige de la soul Crystal Murray nous invite à sauter dans le vide dans le clip de Easy Like Before. Un plongeon animé dans un univers à l’inspiration très 90’s réalisé par le motion designer KISOL (Flavien Berger, Oklou) où le double virtuel très réaliste de la chanteuse se baigne tantôt dans l’espace, tantôt dans les fleurs des champs. Un clip psychédélique et lumineux qui invite à la danse et à l’onirisme 2.0.

Pauline Pitrou

Oscar Anton et Clémentine – Nuits d’été

En cette fin mai, l’été approche et les nuits d’été aussi. C’est ainsi que s’appelle le nouveau morceau d’Oscar Anton et de sa sœur Clémentine. Un joli titre sorti du pack du mois d’avril du chanteur. Ce morceau est accompagné d’un clip qui permet de se remémorer nos veillées sur la plage, nos soirées entre amis. Un clip made in confinement qui respire la joie, la bonne humeur et qui donne envie de se plonger dans l’écran pour aller rejoindre ce fabuleux duo. Filmé « à l’iPhone durant notre heure de sortie autorisée » par leur maman, comme l’indiquent Oscar et Clémentine, cette simplicité fait du bien. Le format 4/3 donne un coté vintage, nous rappellent esthétiquement les clips de Clairo et musicalement le coté pop française de l’Impératrice. Une vidéo et qui mérite d’être vue et une musique d’être entendue durant tout notre été. Cela ne va d’ailleurs pas s’arrêter puisque le nouvel EP du chanteur May Pack est sorti le 29 mai dernier, pour régaler de nouveau nos oreilles et nos yeux.


Apolline Froger

Khruangbin – So We Won’t Forget par Scott Dungate

Khruangbin ou Cryingbin, on ne sait pas trop. So We Won’t Forget, qui à première vue semble détenir tous les codes du titre feel good, n’en est en fait pas un, ou pas complètement. Emmené à travers la caméra de Scott Dungate, le titre trace l’histoire d’un père qui peine à faire le deuil de sa petite fille récemment décédée. Démuni de repères, le père trace la route à vélo encombré d’un lapin géant pour l’y déposer ainsi que les cendres de sa fille au bord d’une route sur une espèce d’autel où regorge nombre de peluches. Repéré par un policier en patrouille, qui venait lui interdire de répandre les cendres, les deux personnages en viennent finalement aux mains jusqu’à ce que sang et cendres soient versés. Attristé, c’est le policier qui finit par comprendre toute la détresse du père, le prenant finalement dans ses bras, l’escortant après lui et son vélo. Le chagrin avait disparu, c’était son tour. Un clip joyeusement dépressif qui nous fait porter un peu plus le groupe dans nos coeurs. L’impatience pour le nouvel album Mordechai, qui sortira le 26 Juin prochain, est immense.

Guillaume Lacoste

Emel Mathlouthi – Holm (A Dream) par Emel Mathlouthi

Les cheveux au vent, sur un toit surplombant la ville, la tunisienne Emel Mathlouti chante Holm, « Un rêve » en français. Inspirée par une chanson iranienne issue d’un film des années 60, très populaire chez les Perses, la jeune voix de la musique arabe reprend un hymne à la paix, qui apaise nos cœurs en ces temps troubles. Un plan fixe, une image en noir et blanc, l’artiste porte à elle seule son interprétation, filmée au téléphone, bien loin des artifices de certains clips. On redécouvre Emel après qu’elle a touché le monde avec sa performance à la cérémonie de remise du prix Nobel de la paix en 2015 ou avec sa reprise du chant révolutionnaire L’Estaca durant le Printemps arabe en 2011. Un bijou poétique à écouter sans modération, qui a déjà touché des centaines de milliers de personnes à travers le monde.

Sania Mahyou

Bingo Club – Dance Me par Bingo Club

Dance me dance me I’m roaming freely I’m out the cage and you’re around me (Fais moi danser, fais moi danser, je vagabonde librement. Je suis hors de la cage et tu m’entoures)”. Des paroles qu’on interprèterait presque comme un clin d’oeil, à l’aube d’un retour mondial au train-train quotidien. Dance Me nous raconte l’histoire d’un danseur malade, en quête d’un amour guérisseur véritable, à travers d’hypnotiques danses de patineurs synchronisés sur le front de mer à Los Angeles, sur fond de soft rock 70’s, bordée par la voix suave de Martin. Une voix qui n’est pas sans rappeler celle du leader de Timber Timbre et qui nous transporte avec douceur dans cette balade à roulettes lunatique. Une légèreté qui s’invite également sur l’EP Separated, à paraitre à la rentrée chez Fuzo Music. Bingo !

Guillaume Lacoste

Pauline Pitrou

Lyon / Paris

Fervente prêtresse de la pop française et de tout ce qui s'écoute avec le coeur.

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