ART

Le street art à l’heure du confinement

Crédits : TVBOY, « Mobile World Virus », 2020, Barcelone

Ces deux derniers mois, ne pas être autorisé à sortir de chez soi a impacté beaucoup d’artistes et tout particulièrement ceux qui travaillent dans la rue : les street artistes. Plein d’imagination, ils ont redoublé d’effort pour réinventer leur art et continuer à poétiser la rue. 

S’exprimer en vidéo en projetant ses œuvres comme Normand Gaspard Lieb

Projeter ses œuvres sur le mur en face de son atelier, c’est le pari qu’a fait le street artiste Normand Gaspard Lieb. Muni d’un vidéoprojecteur il a fait vivre la façade de cette école primaire de Rouen deux à trois soirs par semaine. Les promeneurs nocturnes étaient étonnés par ces apparitions éphémères et les écoliers confinés étaient fiers de voir que bien que déserte, leur école vivait encore. Comme le dit l’artiste :

“Street art de confinement… On s’adapte ! ! ! Je peux atteindre des bâtiments sans sortir de chez moi ! ! ! Je devais coller ce dessin demain. Je le projette donc ce soir de la fenêtre de mon bureau sur l’école d’en face.”

Post Facebook du 25 mars 2020

Partager son art à défaut de pouvoir investir l’espace public comme Ami Imaginaire

Le parisien Ami Imaginaire a quant à lui fait appel à cinquante autres street artistes confinés pour partager leurs oeuvres en format noir et blanc. De cette manière, petits et grands ont pu les colorier selon leurs goûts. Deux cents graffs environ se sont réincarnés au format papier pour laisser à tous libre cours à leur imagination.

Certains ont bravé les interdictions, pour créer des oeuvres ancrées dans notre actualité…

En rendant hommage aux soignants comme Fake à Amsterdam

Dans les quartiers nord d’Amsterdam le street artiste allemand Fake a remercié à sa manière le personnel médical. Son oeuvre représente une infirmière en tenue classique de travail, à l’exception près de son masque qui arbore le logo de superman. Comme l’explique Fake dans sa légende instagram :

“Super infirmière (c’est le titre). J’ai peint cette “ode” aux professionnels de la santé autour du monde !”

En dénonçant la manière dont certains dirigeants gèrent la crise comme Airá Ocrespo au Brésil

D’autres artistes n’hésitent pas à afficher le mécontentement au vu de la mauvaise gestion de la crise sanitaire par le dirigeant. C’est ainsi que Airá Ocrespo représente le président brésilien Jair Bolsonaro comme un clown à la cravate colorée et au nez rouge. Au-dessus de cette satire on peut lire “Masque de Bolsonaro contre le coronavirus”, une manière de dire que si certains se protègent pour le bien de tous, d’autres n’en font qu’à leur tête pour le plus grand malheur du pays. 

En célébrant l’amour plus que toujours comme C215 à Paris

Christian Guémy plus connu sous son nom d’artiste C215 nous rappelle avec son art qu’en ces temps difficiles nos proches sont notre plus grand soutien. Ici, il nous livre une réelle ode à l’amour mais un amour version mai 2020 avec ce couple qui s’embrasse avec un masque de protection. Outre ce graff frappant, témoin de notre époque, C215 a réalisé une série de tirages de cette oeuvre dont le profit de la vente a été reversé à la Fondation Hôpitaux de France.

Retrouvez toutes les créations de ces street-artistes sur leurs comptes Instagram respectifs.

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