« Le Service des Manuscrits » d’Antoine Laurain : comédie policière au cœur de l’édition

Crédits : Pascal Ito – Flammarion

Après son succès en 2013 avec Le chapeau de Mitterrand, Antoine Laurain a sorti, cette année, son dernier roman intitulé, Le service des manuscrits aux éditions Flammarion.

Le service des manuscrits  : entre polar et comédie

Il s’agit d’un roman mêlant différents genres littéraires tels que la comédie et le roman policier. Ces différents styles permettant de rendre hommage à la littérature française. L’intrigue nous plonge dans la vie de Violaine Lepage, directrice du service des manuscrits au sein d’une fameuse maison d’édition parisienne. Au début de l’histoire, l’héroïne se retrouve victime d’un accident d’avion. A la sortie de son coma, un roman particulièrement intrigant se retrouve sur son bureau : Les fleurs de sucre de Camille Desencrès.

Il est publié et connaît rapidement un succès inattendu puisqu’il se retrouve dans la dernière sélection du prix Goncourt. Mais un problème de taille se présente, l’auteur du manuscrit refuse de dévoiler son identité. Nous ne savons pas s’il s’agit d’un homme ou d’une femme. Il n’est pas venu signer son contrat et n’a jamais rencontré notre héroïne avant la publication de son œuvre. Après de brefs échanges de courriels, l’auteur mystérieux ne donne qu’une seule indication  :

«  Ce livre vivra sa vie en dehors de moi. Et ceux qui doivent mourir vont mourir  ».

Le Service des Manuscrits, Antoine Laurain.

La police s’intéresse de plus en plus à l’auteur de ce roman puisque les meurtres qu’il décrit se déroulent au fur et à mesure que l’on tourne les pages.

L’éloge de la littérature française

Tout au long de l’ouvrage, l’auteur montre tout son attrait et son admiration pour la littérature française. Marcel Proust apparaît dès les premiers instants et à de nombreuses reprises dans l’intrigue : « Marcel Proust ouvrit ses lourdes paupières pour révéler un regard bienveillant teinté d’une pointe d’ironie » est la première phrase du roman.

Cet éloge de la littérature française est également transmis par de nombreux épisodes comiques se déroulant au fil des chapitres. En effet, Violaine et l’un de ses collègues vont jusqu’à téléphoner à Guy de Maupassant. Ce roman est aussi intéressant par les anecdotes que l’auteur nous donne en partant de l’écriture d’un ouvrage jusqu’à sa consécration, un prix littéraire. Mais aussi, il nous dévoile l’envers du décor pour le prix Goncourt qui est la récompense ultime en littérature. On y retrouve, par exemple, Bernard Pivot, ancien président de l’Académie, inquiet de ne pas avoir rencontré ce mystérieux finaliste.

La facilité qu’a l’auteur à mélanger les styles d’écritures rend l’histoire dynamique et très rythmée. De plus, la présence de nombreux dialogues permet de créer une réelle fluidité tout au long de l’histoire. Ce roman mélange différents genres et l’intrigue que l’auteur installe au fil des pages est intéressante. Pour les passionnés de l’industrie du livre, il permet également d’en apprendre davantage sur la publication d’un ouvrage en partant de sa source : le service des manuscrits. L’histoire est aussi drôle que passionnante et permet à celui qui s’y plonge de couper les ponts avec la réalité.

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