« Avatar 2 » – une future oeuvre nécessaire

Copyright Twentieth Century Fox France

Lors de sa sortie en décembre 2009, Avatar de James Cameron a été au centre de toutes les attentions, à la fois pour la curiosité de ses défis techniques mais aussi pour ses entrées au box-office mondial. Une fois la vague passée,  un sentiment schizophrène de rejet du film a émergé, de la part des spectateurs et de la presse américaine. Pourtant, en ces temps de confinement et de morosité de la production d’Hollywood, les suites d’Avatar pourraient bien être notre Salut. 

Comme à chacun de ses nouveaux films, James Cameron se fait attendre. Lors de la sortie d’Avatar 2 en décembre 2021, il se sera écoulé douze ans depuis la précédente expédition sur Pandora. Durant tout ce temps, la production des blockbusters à Hollywood, et le monde dans son ensemble a eu le temps d’évoluer, en bien comme en mal. 

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I am the King of the Word

En 2009, sortait le premier film du Marvel Cinematic Universe, Iron Man. Une décennie plus tard, l’ensemble des grands studios ont développé, ou tout du moins essayé, et créé leurs propres univers étendus avec suites, spin off et reboot. Les productions de Marvel ou de DC Comics, mais également la déclinaison étouffante de Star Wars, qui a pu se faire en l’absence de toute autre production de science-fiction. Dorénavant, l’heure est à la domination des franchises, contrôlées intégralement par leurs studios, et dont la liberté créative n’est qu’un détail. 

De son côté, Avatar s’apprête également à devenir une franchise et à étendre son univers (un parc d’attraction a vu le jour à Disneyland). Mais à la différence des autres, les suites ont été à l’unique initiative de son créateur, James Cameron. Le cinéaste est connu pour contrôler l’entièreté de son projet, de la phase d’écriture à la promotion.  

Ainsi, a contrario des autres franchises, celle-ci sera l’œuvre de son réalisateur. Nul doute que les suites ne seront pas de simples variantes de l’opus original, mais viendront le compléter, le complexifier et l’étendre. On sait d’ores et déjà qu’Avatar 2 prendra place sous les océans de la planète Pandora, de quoi garantir le dépaysement du spectateur.

D’ailleurs, rappelons-nous qu’avec son Aliens, James Carmeron ne s’était pas contenté de réaliser une copie de l’Alien de Ridley Scott. Il avait transformé le film d’horreur intimiste de son prédécesseur en film de guerre. 

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Le retour de la salle de cinéma 

L’année 2009 a été l’année pendant laquelle la 3D nouvelle génération s’est démocratisée auprès du public, et Avatar l’a définitivement imposée. En plus de cette technologie, le film a grandement participé à la popularisation des salles Imax, qui permettent une projection de l’image plus grande et de qualité supérieure. 

Une dizaine d’années plus tard, les spectateurs se sont majoritairement détournés de la 3D et les films tournés qui en bénéficient se sont raréfiés. En cause notamment, la conversion en relief des films faits en un minimum de temps et de budget. Lorsque James Cameron ressort en salle le version 3D de Titanic, il y a passe soixante semaines et pour un budget de 18 millions de dollars.

Les salles de cinéma ont également contribué à la perte de popularité du relief, en projetant les films dans de mauvaises conditions, notamment sur des écrans inadaptés et sous-éclairés.

En parallèle, la programmation des films en Imax n’a jamais été aussi florissante et les types de projections se sont multipliés : Dolby Atmos, Dolby Cinema, Ice, 4DX, etc. 

Dans ce contexte, les suites d’Avatar auront pour objectif de réimposer la 3D et l’High Frame Rate, renommé récemment 3D+ lors de la sortie de Gemini Man de Ang Lee. Il s’agit d’une technique permettant de projeter un nombre d’image par seconde plus élevé que 24, traditionnellement. Ainsi le flou de mouvement disparaît, l’image en devient plus nette, plus réelle et la 3D plus naturelle.  

Les expérimentations de l’HFR par Peter Jackson avec la trilogie du Hobbit et par Ang Lee n’auront pas réussi à imposer cette nouvelle technique. Mais la force de frappe de James Cameron pourrait bien y parvenir, comme il l’avait fait en son temps avec la 3D (80 % des billets vendus l’ont été pour des projections en relief).

Notons par ailleurs que le cinéaste a depuis longtemps comme projet d’offrir une 3D sans lunettes aux spectateurs.   

Le but de James Cameron est, comme à son habitude, de redonner aux salles de cinéma toute leur puissance immersive. On se rappelle que lors de la sortie du premier, il avait incité les exploitants à diffuser le film dans les meilleures conditions possibles, notamment en augmentant la luminosité du projecteur. 

Dans le contexte actuel de débats passionnés autour du danger que représenteraient des plateformes comme Netflix, Disney + ou Amazone Prime, qui mieux que James Cameron pour redorer l’image de l’expérience de la salle. 

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En accord avec la société

A sa sortie, le premier Avatar était gentiment moqué pour sa dimension écologique. Des années, plus tard, l’écologie n’est plus que jamais présente dans les débats de sociétés, notamment à travers les partis écologistes et autres Marches pour le climat

En emmenant les spectateurs admirer la faune et la flore du fond des océans de Pandora, Avatar 2 pourrait bien résonner profondément avec les inquiétudes de son époque. Rappelons-nous que James Cameron n’a de cesse de véhiculer un éveil écologique, que ce soit avec ses films (Abyss en 1989) ou ses excursions sous-marines et ses prises de position publiques sur le sujet. 

La prise de conscience de l’impact de l’Homem sur l’environnement sera d’autant plus présente dans un monde post-Covid-19. Le contexte actuel et le confinement que nous connaissons a favorisé la défiance entre les individus. Lorsque cette situation aura cessé, il sera plus que nécessaire de tous se retrouver autour d’une expérience collective, comme le premier Avatar l’a été.

L’histoire du box-office mondial, avec les succès colossaux de Titanic et Avatar, n’a fait que démontrer que seul James Cameron pouvait raconter des récits universels qui transcendent les âges, les cultures, les sexes, et les conditions socio-économiques de chacun.   

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Tous nos espoirs sont donc entre les mains de James Cameron. Il est grand temps de nous remémorer ce qu’est un blockbuster non formaté et contrôlé par son studio. Tel un cheval de Troie dans son écurie Disney, Avatar 2 sous ses allures d’énième saga à gros budget, a toutes ses chances pour nous refaire croire à la possibilité d’un divertissement exigeant, ambitieux, novateur et galvanisant. Nous en avons plus que jamais besoin. 

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